xxii

DISCOURS

Medecins capables de le servir utilement des fecours que les Plantes leur fournifient fi abondamment.

Pour y parvenir je me fuis particulièrement attaché à remedier aux inconveniens dans lequels font tombez les anciens Botaniftes, & après eux la plû-part de leurs Commentateurs, qui s'étendent fouvent fur les proprietez d'une plante à laquelle ils attribuent de grandes & rares qualitez, fans marquer précifément la partie de cette plante qu'il faut employer, & négligent la dofe & la maniere dont on s'en doit fervir; ce qui me paroît cependant d'une conféquence infinie, une même plante ayant fouvent différentes vertus dans les différentes parties, & la dofe d'un remede contribuant beaucoup à fon action.

J'ai tâché d'éviter auffi l'erreur de

ceux qui outrent avec une complaifance

excellive, les avantages d'une plante

dont il font une panacée, & un remede

univerfel. Ne contribuera-je pas autant

à l'utilité publique en marquant, les mau-

vaifes qualitez des Plantes, qu'en éta-

lant pompeufement leurs vertus ? Et ne

ferai-je pas auffi-bien d'examiner scrupu-

leufement les circonstances & les cas par-

ticuliers où leur ufage peut être nuisible,

comme de faire connoître dans quelles