PLANTES

pour appaifer les tranchées ; quelques-uns font avaller de grands verres d'eau tiede dans laquelle on a jetté une gouffe d'Ail hachée groffierement. Foreftus rapporte des observations qui prouvent que l'usage de l'Ail fait paffer les eaux des hydropiques. Lauremberg affûre que rien ne foulage plus les Scorbutiques que l'Ail, & il confirme ce que j'ai dit ci-dessus de fon utilité pour la gravelle, le lait où on l'a fait bouillir étant capable d'appaifer la douleur de la pierre. Quelques Auteurs le recommandent pour l'Aithme, & pour faciliter l'expectoration. On emploïe ordinairement l'Ail en substance à petite do-fe, en infusion dans le vin blanc, une gouffe dans un demi-feptier : lorsqu'on le fait bouillir dans le lait, on en met deux ou trois gouffes au plus dans une cho-pine.

Les racines d'Ail pilées dans un Mor-

tier, & réduites en onguent avec de

l'huile d'olive verfée peu-a-peu deflus,

font un puillant réfolutif pour les hu-

meurs froides, & pour faire tomber les

corps des pieds : la puanteur de cet on-

guent l'a fait nommer Moutarde du Dia-

ble. Quelques uns s'en fervent pour adou-

cir le cancer. Les Païfans de Provence

l'emploient pour faire mourir les vers;

ils en frottent le nombril des enfans. Le