vers un beau ciel bleu est d'un effet ravissant. « Parmi ces jeux d'une fantaisie étrange, s'élève la lanterne d'un escalier sans pareil en France, qu'on aperçoit des hauteurs de Blois. Dans cet escalier compliqué, plusieurs personnes peuvent monter et descendre en même temps sans se voir. Son couronnement est formé de quatre ordres. Le premier est un élégant portique circulaire décoré de colonnes et pilastres corinthiens; à travers les cintres très élevés de ses arcades on voit fuir la spirale de l'escalier. Les archivoltes sont surmontées d'une corniche, d'un entablement et d'une balustrade. Au second étage, la tourelle de l'escalier, percée de fenêtres carrées, s'élance hardiment, soutenue par des arcs-boutants en forme de demi-arcades, et que raccordent à l'étage supérieur de fortes consoles retournées. Le demi-cintre des arcs-boutants est couronné d'un entablement et d'une corniche. Le pilier carré corinthien qui le flanque à l'extérieur s'élève au-dessus et en retraite des colonnes du premier étage; et sa naissance est marquée par une statue. Il se termine par un ornement aigu, pinacle ou clocheton. Les arcs-boutants et les consoles portent enfin deux lanternes complètement à jour, superposées, flanquées de statues assises ou debout, terminées par une fleur de lis qui a été épargnée par la Révolution. » (André Lefèvre.)

L'édification de ces somptueux palais entraîna à sa suite une longue filiation qui fit surgir du sol une quantité innombrable de merveilles : tels que les châteaux de Fontainebleau, de Nantouillet (Seine-et-Marne), de Chantilly (Oise), d'Écouen, de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise). Le château d'Anet (Eure-et-Loir) qui eut pour hôte Diane de Poitiers et dont il ne reste plus, de ce « bijou architectural » dû au talent de Philibert Delorme, de Jean Goujon, de Germain Pilon et de Jean Cousin, que quelques débris. Les châteaux de Beauregard (Loir-et-Cher), d'Azai-le-Rideau (Indre-et-Loire), du Rocher (Mayenne), de Villegongis, de Valençay (Indre), etc., sont également d'une beauté achevée.

Le Louvre subit aussi des transformations dans le goût le plus pur de la Renaissance : Vers 1540 François Ier chargea l'éminent architecte Pierre Lescot de le reconstruire. Celui-ci fit preuve d'un rare talent si l'on en juge par la belle façade du pavillon de l'horloge.

« C'est surtout dans la composition et les proportions de l'attique, dit André Lefèvre, que Pierre Lescot s'est montré artiste consommé; il était impossible de mieux couronner son édifice, et de même qu'une