FIG. 257. — Coiffe des dentellières du Velay.
bois sculpté ou gravé (fig. 256); son caractère primitif se révèle non seulement dans la technique, mais encore dans les motifs du décor. Ce dernier est généralement géométrique; on y trouve, comme en Bretagne, le cercle, avec ou sans rayons. Les objets où s'exerçait le plus souvent le talent naïf du sculpteur sur bois, en Auvergne, sont les suspensions de lampes, les moules pour orner le beurre, et les berceaux (fig. 255). Il est à noter que les mêmes motifs simples se retrouvent dans la dentelle (dentelle du Puy par exemple, où les étoiles alternent avec les soleils aux rayons en tourbillons).
LE COSTUME. — Le costume auvergnat persiste lors des fêtes locales (fig. 258) et aux jours de mariage, pour les femmes, qui portent la robe moderne, mais avec la coiffe (fig. 257).
Le paysan actuel s'habille de grosse bure. Il porte la blouse, mais au début du xixe siècle on rencontrait encore la veste courte en « roge », drap grossier du pays, recouverte de la « biaude », blouse de bure grise, sur le gilet à deux rangs de boutons et à manches. La braye, d'origine gauloise, se portait courte, avec des guêtres jusqu'aux genoux.
On trouve encore plusieurs sortes de manteaux traditionnels, la couberte en étoffe rayée, la saile, pèlerine connue ailleurs sous le nom de limousine, en grosse laine ou en poil de chèvre, et le chapeau rond en feutre dur, à larges bords.
Le costume des femmes présentait autrefois une grande diversité. La coiffe, composée d'un bonnet de toile à longs pans garni de dentelle, était commune avec des variantes. La caractéristique de cette coiffe était le serre-malice, espèce d'arc en fil de laiton qui retenait la coiffe par-dessus le bonnet. Dans les environs de Thiers, pour se préserver du soleil la femme s'accrochait au chignon un immense chapeau de paille grossière, très plat, appelé armille. La coiffe est caractéristique encore à Aurillac, où elle est longue, en dentelle; dans les environs de Mauriac, Murat, Saint-Flour, les paysannes de la Planège portent une coiffe de toile blanche serrée par un ruban de couleur ne laissant voir qu'une étroite bande de cheveux. Le corsage, généralement à manches finissant au milieu des avant-bras, était largement échancré pour laisser voir une chemise rousse. Le costume se complétait d'un fichu et parfois de bouts de manches richement brodés. Le bijou caractéristique de l'Auvergne est le Saint-Esprit. Il représente une colombe stylisée en croix. Dans un corps principal émaillé sont serties des pierres d'Auvergne. Ce bijou, qui se porte en pendantif, est très en faveur dans tout le peuple. Avec les mêmes pierres d'Auvergne on fait d'autres bijoux, notamment des boucles d'oreilles, des bracelets, des colliers, manches de parapluies, etc.
L'ALIMENTATION.— Le sol fertile de l'Auvergne fournit d'excellents légumes; les pâturages de montagnes nourrissent des bovins et surtout des moutons à la chair exquise; les moutons de Vassivières et ceux de Chaudesaigues sont appréciés des gourmets. Les carpes, les perches et les anguilles de ses nombreux lacs, les truites d'Aurillac, Marcenat, Massiac, Murols, les saumons de Brioude, sont succulents. Les vergers de la Limagne produisent des pommes de table; ils sont remplis d'abricotiers, de pêchers, de cerisiers, de poiriers, de noyers, qui alimentent l'importante industrie
FIG. 258. — Costumes auvergnats : deux couples de danseurs dansent la bourrée au son de la vielle.