FIG. 433. — Chapeau bressan.
Cl. de la coll. Perrin de Puycousin.
FIG. 434.— Chapeaux du Mâconnais.
d'un cône se terminanten pointe, également en dentelles noires, tandis que dans le chapeau mâconnais la surface horizontale non seulement est beaucoup moins large, mais encore surmontée d'un cône, qui là est renversé et se termine par un évasement de dentelles. Enfin, alors que sous le chapeau mâconnais le visage est entièrement libre, il est, dans le chapeau bressan, complètement encadré par des dentelles plissées qui retombent sur les épaules. Ces chapeaux fort curieux portaient jadis le nom de brelaux.
La n'était pas la seule particularité de ces pays de la Bourgogne du sud. Le costume se nes, maison de laboureurs et maison de vignerons, choisies parmi les nombreux types traditionnels de cette province.
LE MOBILIER. — Le meuble bourgeois et rustique de la Bourgogne se divise lui aussi en deux grandes zones, sans compter les grandes diversités locales, que nous devons négliger ici. Au nord de Tournus, dans la partie septentrionale de la province, règne incontesté le meuble dit à pointes de diamant ou bourguignon, d'inspiration Henri IV ou Louis XIII, mais qu'on a continué à fabriquer jusqu'à la Révolution ; au sud de Tournus, c'est-à-dire en Mâconnais et en Bresse, le meuble à deux bois, dit bressan (fig. 435), caractérisé par ses panneaux clairs en loupe de frêne ou d'orme et ses encadrements de bois foncé, particulièrement de merisier. D'inspiration Louis XV, ce style bressan s'est perpétué presque jusqu'à nous et n'a disparu que vers 1870. Assez rustique en Bresse, il fut plus raffiné en Mâconnais. Armoire ou cabinet, vaisselier, crédence, de type bourguignon ou bressan, sont actuellement très recherchés et sont enlevés à prix d'or, pour Paris et pour l'Amérique.
Un courant d'opinion essaie de rénover l'art du meuble à deux bois en Mâconnais, où les ateliers de menuiserie fine, nombreux à Mâcon, tentent de le fabriquer à nouveau, mais dans une note très moderne.
LE COSTUME. — Nous trouverions autant de diversités dans le costume que dans l'habitation : nous voulons parler ici des costumes d'autrefois, que l'on ne voit plus que dans les garde-robes des grand'mères ou dans certaines fêtes.
Fertiault, le célèbre folkloriste bourguignon, mort il y a quelques années plus que centenaire, disait déjà, il y a cinquante ans : « Les mœurs, le langage, le costume changent d'un pays à l'autre ... ; ainsi parcourez chacun des anciens comtés de cette province (la Bourgogne), traversez le Chalonnais, l'Autunois, le Mâconnais, le Charollais, le Dijonnais, l'Auxerrois, etc., à tous vous trouverez un aspect différent, une teinte, une couleur d'une opposition frappante et tout à fait tranchée. » Ce que l'on peut dire, c'est que les costumes de la zone bourguignonne septentrionale étaient moins originaux que ceux de la zone méridionale. C'est du reste un peu une règle générale : plus on descend vers la France du midi, plus les mœurs et les coutumes ont de saveur locale. Alors que la Bourgogne du nord n'avait que bonnets et chaperons, la Bourgogne du midi possédait ces fameux chapeaux bressans et mâconnais, qui exercent toujours la curiosité du public dans les fêtes des provinces de France, et qui sont au moins aussi typiques que le nœud célèbre des Alsaciennes.
Le chapeau bressan (fig. 433) se distingue très nettement du chapeau mâconnais (fig. 434), bien qu'ayant avec lui un air de parenté. Alors que le premier se termine par une pointe, le second est couronné par un évasement appelé cocardiau. Il est difficile de les décrire en quelques lignes ; disons seulement que le chapeau bressan présente une surface horizontale circulaire en dentelles noires et tuyautées, surmontée composait d'un corsage de velours ajusté à la taille et garni de dentelle formant corselet, rehausse de paillettes d'or ou d'argent; les manches s'arrêtaient au coude et se terminaient par un revers également de dentelle. Les avant-bras étaient recouverts par des mitaines de fil laissant les doigts libres. Une collerette de dentelle dégageant le cou était fixée sur le devant par une broche ancienne. Un tablier à bavette en soie et à fleurs, une jupe de soie pour les riches, de drap orné de bandes horizontales pour les pauvres, complétaient ce costume, qui, dit Fertiault, « était particulièrement seyant et particulièrement original ».
L'ALIMENTATION.—La Bourgogne est un centre renommé d'alimentation et de gastronomie. Si le vin y éclipse tous les autres produits alimentaires, il n'en supprime pas l'importance, qui est grande.
Le bœuf charollais est le plus estimé des bœufs de boucherie. Les volailles de la Bresse et les chapons de Miroir sont universellement renommés. Le gibier de plume ou de poil abonde encore dans le Morvan et
Cl. du Mobilier rustique.
FIG. 435. — Grand buffet de style bressan caractérisé par ses panneaux clairs en loupe de frêne et ses encadrements en bois foncé.