pourrait être employée pour teindre la tige et l'empeigne. La peau chaude et humide du pied peut absorber l'aniline et il en résulte un grave empoisonnement.

Suppression des aspérités. — Frottez souvent avec du savon l'intérieur des chaussures. Pour écraser la pointe d'un clou malencontreux qui dépasse, ou supprimer une aspérité quelconque, un pied de fer peut être utile; mais un trépied de cordonnier (fig. 660) est plus commode, car il convient pour toutes les chaussures : une de ses formes sert pour les talons,

une autre pour les semelles d'homme, la troisième pour les semelles de chaussures de dame.

Collage d'une pièce.

— V. CUIR.

Intérieur de chaussures colorant les bas.

— Frottez les parties qui déteignent avec un chiffon enduit d'alcool ou de benzine, jusqu'à disparition complète de la matière colorante.

Suppression du cra-

quement. — Le bruit que

produisentcertaineschaus-

sures pendant la marche provient du frottement des cuirs juxtaposés : il ne se produit parfois que par temps sec. On peut recommander l'une des méthodes suivantes : 1° tremper la semelle pendant 24 heures dans l'huile de lin; 2° fixer les semelles interne et externe à l'aide de deux ou trois petits clous rivés des deux côtés; 3° essayer d'introduire de la craie en poudre entre les semelles.

Consolidation des nœuds de lacets. — Pour empêcher les lacets de se dénouer à chaque instant, employez un serre-nœud, ou encore, avant de tirer les deux boucles pour serrer le nœud, passez l'une d'elles, celle du dessus ou de droite ordinairement, une seconde fois dans la traverse du milieu. Tirer alors les deux boucles en serrant. Pour dénouer, opérez comme à l'ordinaire.

CHAUX (économ. domestique). — Corps solide blanc, de densité 3,3, obtenu en chauffant dans des fours spéciaux du calcaire ou pierre à chaux. La chaux vive, sortant du four, est de l'oxyde de calcium ; elle se vend en morceaux (chaux en pierre), ou broyée et réduite en poudre ; elle est très avide d'eau. Arrosée avec de l'eau par petites quantités à la fois, elle fuse, s'échauffe fortement, se fendille, augmente de volume, puis tombe en poussière en devenant la chaux hydratée ou chaux éteinte, qu'on peut tamiser finement. En dé- layant la chaux éteinte dans de l'eau, on obtient un lait de chaux ou blanc de chaux, très caustique, qui, filtré, fournit l'eau de chaux, liquide incolore et alcalin contenant 1 gr. 3 de chaux dissoute par litre.

La pureté de la chaux vive obtenue dépend de celle du calcaire employé. La chaux de Vienne, utilisée pour le polissage, provient de la calcination de calcaires très purs. On peut l'obtenir en petite quantité, en cuisant pendant une heure du marbre blanc dans un poêle fortement chauffé. La chaux grasse, blanche et donnant une pâte liante avec l'eau, provient de calcaires presque purs; la chaux maigre, grise et à pâte plus courte, provient de calcaires un peu argileux; la chaux hydraulique, de calcaires à 10 p. 100 d'argile; les ciments (V. ce mot), de calcaires contenant 30 à 60 p. 100 d'argile.

Conservez la chaux vive dans des vases bien bouchés, car elle absorbe à la fois l'eau et le gaz carbonique de l'atmosphère en devenant du carbonate de chaux sans valeur. Quant à la chaux éteinte, tenez-la en sacs dans un local sec, et n'en faites pas une trop grande provision.

Emplois. — La chaux sert à préparer des mortiers (V. ce mot). Avec son aide, on peut exécuter soi-même les réparations peu importantes, confectionner des badigeons (V. ce mot), des pâtes à polir les métaux.

Pour blanchir l'ivoire, plongez l'objet pendant 24 heures dans un lait de chaux tiède. La chaux sert encore à désodoriser les récipients ayant contenu du pétrole (V. BOUTEILLE), à dessécher l'air dans un fruitier; on conserve des œufs dans un lait de chaux (V. ŒUF). La causticité de la chaux la fait employer dans les pâtes épilatoires, dans les préparations horticoles insecticides : bouillies cuprique, sulfo-calcique pour le chaulage des écorces, mixtures ou chaux en poudre pour écarter les limaces des jeunes plants, pour détruire les herbes dans les allées. V. ALLÉE.

— (médecine us.). — Préparation de l'eau de chaux médicinale. — Sur 10 grammes de chaux éteinte, versez un demi-litre d'eau ordinaire, que vous jetez après une demi-heure de contact. Versez alors sur la chaux un litre d'eau bouillie; agitez, filtrez, conservez en flacon bien bouché. Cette eau s'emploie : 1º contre la diarrhée : buvez 100 grammes du liquide; 2º comme contrepoison du phénol : eau de chaux sucrée; 3º contre les brûlures : appliquez un linge imprégné du mélange suivant bien battu : huile, 50 grammes ; eau de chaux, 50 grammes.

Carbonate de chaux. — V. CALCAIRE.

Chlorure de chaux. — V. CHLORE.

Sulfate de chaux. — V. PLATRE.

CHEMINÉE (architect., économ. domestique). — Appareil servant au chauffage des habitations. On y fait du feu à foyer ouvert, ou bien elle sert simplement à évacuer les produits de combustion des poèles. Elle ne joue même parfois aucun rôle dans le chauffage, mais contribue à la ventilation et à l'ornementation de l'appartement.

CONSTRUCTION. DIFFÉRENTES PARTIES.

— La cheminée forme saillie sur le mur; elle est disposée pour qu'il y soit fait du feu, dont les gaz et la fumée s'échappent directement par un conduit partant du dessus.

Elle se compose (fig. 661) : 1º d'un chambranle apparent en marbre, en pierre ou en bois, avec tablette au-dessus; 2º d'un intérieur comprenant l'âtre, partie sur laquelle on fait le feu; les contre-cœurs, partie verticale autour de l'âtre, et le rétrécissement en faïence, où ébrasement; 3º d'un foyer, en avant du chambranle.

Pour établir une cheminée, les maçons ménagent dans le mur une niche rectangulaire d'environ 0 m. 95 de hauteur sur 0 m. 70 de largeur, plus ou moins pro-

fonde suivant l'epais-

seur du mur, et ayant

comme fond une cloi-

son en briques de

11 centimètres; le fu-

miste monte ensuite

les jambages inté-

rieurs, en briques de

0 m. 11, sur lesquels

il place deux fers

carrés supportant

une forme en plâtras

et plâtre nommée

manteau; devant

cette forme et devant

les jambages en bri-

ques, on assujettit le

chambranle, formé

lui-même de deux

jambages, d'un lin-

FIG. 661.—Différentes parties d'une cheminée.

teau et d'une tablette posée sur le manteau. A l'intérieur, le fumiste monte les jambages de rétrécissement, puis les ébrasements, sur lesquels seront scellés des panneaux de faïence. A une certaine distance du fond est placée une plaque de contre-cœur; dans l'espace vide entre le mur et cette plaque, on coule du plâtre.

L'âtre doit être de préférence pavé de carreaux réfractaires.

Dans les grandes cheminées de campagne, l'âtre est formé par une dalle en pierre dure, de même que le foyer, les jambages et même le manteau formant tablette; souvent aussi ce dernier est en bois.

Lorsque le plancher de la pièce où l'on construit une cheminée est formé de solives en bois, celles-ci ne pou-