Il est certain que tous les colorants énumérés ci-dessus sont inoffensifs à petite dose ; mais n'est-il pas à craindre que, lorsque ces doses se répètent à de courts intervalles, elles ne puissent nuire. Sous la sauvegarde des règlements, nous pouvons absorber, en moins d'une journée, avec la cochenille d'un sirop ou d'une confiture, le jaune naphtol et le rouge ponceau d'une pâte alimentaire, le bleu de cobalt ou le violet de Paris d'un décor de pâtisserie, l'érythrosine d'une dragée, le sulfate de cuivre d'une conserve de haricots.
Taches de matières colorantes. — V. TACHE.
COULIS (cuisine). — Sauce obtenue par cuisson lente d'un aliment, passé ensuite au tamis ou à travers un linge : par exemple un coulis d'écrevisses, de tomales, etc. V. ces mots.
COULISSE (vêtement). — Cordon plat, en coton généralement, posé dans le repli d'une étoffe et se tirant à volonté.
COULISSER (couture). — Faire rapidement, et sans tirer l'aiguille, une grande quantité de points devant. On travaille de la même façon en lingerie, pour obtenir des rangs de fronces.
— (vêtement). — V. GARNITURE.
COULOIR (habitat.). — Passage intérieur d'une habitation, facilitant la circulation, et servant de dégagement pour les pièces auxquelles il donne accès.
Le couloir est de faible largeur : dans un appartement, il a rarement plus de 1 m. 10, plus fréquemment 0 m. 90 à 1 mètre ; mais on devra lui donner 0 m. 80, au minimum, pour qu'il soit praticable.
Dans les appartements modernes, l'antichambre donne habituellement accès à deux couloirs allant l'un vers le service, l'autre vers les pièces non affectées à la réception. Le couloir de service donne accès à la lingerie, à l'office, à la cuisine, et à l'escalier de service ; le deuxième couloir donne accès à toutes les chambres à coucher (parfois directement aux cabinets de toilette), aux salles de bain et au water-closet des maîtres.
On devra éviter de placer dans les couloirs étroits (ayant moins de 1 mètre de largeur) des meubles en saillie, tels que : coffres, armoires, portemanteaux, etc., qui généraient la circulation.
Par raison de propreté et d'hygiène, les parois des murs des couloirs seront peintes à l'huile (trois couches), ou enduites d'une peinture vernissée, ce qui permettra des lavages à l'eau savonneuse de temps en temps. Mais on devra exclure toute tenture et papier peint, comme antihygiéniques.
COUPE (vêtement). — Action ou manière de tailler une étoffe pour en faire un vêtement. La coupe est l'essentiel du costume et en fait toute l'élégance. Pour avoir une bonne coupe, il ne faut pas entreprendre, au début, un travail difficile : un costume tailleur par exemple. Commencer par un modèle simple, une blouse, sans garniture qui la surcharge, mais d'une ligne bien proportionnée, donnant au buste toute son élégance. La robe droite, si pratique, se prête parfaitement à ce genre d'étude. Cette robe, taillée comme une chemise, prend un aspect tout différent suivant la coupe donnée.
Pour faciliter le travail de la coupe, il faut suivre exactement les différentes phases qu'elle comprend, et se reporter aux articles suivants : MESURES, PATRONS, rectification des patrons.
La coupe d'un vêtement comprend différentes phases très importantes, qui s'enchainent les unes aux autres, et qu'on peut classer ainsi : 1° La prise des mesures de la personne à habiller ; 2° L'exécution du patron, d'après un modèle choisi et par un procédé courant ; 3° La rectification du patron pour la coupe du tissu ; 4° La coupe du tissu.
MATÉRIEL DE COUPE. — Un mannequin (V. ce mot); une grande table, ou une planche posée sur deux tréteaux; de bons ciseaux-de coupe; une règle graduée; une équerre graduée; un double décimètre (pour les tracés linéaires); un ruban métrique; une gomme-crayon; de la craie tailleur; une roulette à patron. On emploie, pour le dessin d'un tracé linéaire du patron, le papier phormium, et, pour le moulage, le papier de soie et la mousseline à patron. Pour faciliter l'essayage des jaquettes, prendre la cretonne ou la toile à patron.
I. PRISE DES MESURES. — Les mesures doivent être prisesavec précision. Pour assurer leur exactitude, entourez la base du cou et la taille du sujet de deux rubans de fil, qui serviront de points de repère fixes. Placez une épingle sur le ruban d'encolure, à droite de la nuque et à une distance calculée de 1/7 d'encolure, sans dépasser 6 centimètres. Cette épingle servira de point de départ pour les mesures prises verticalement sur le sujet ou le mannequin et pour la couture d'épaule; ce sera sur le point N de certains dessins de patrons. V. le mot CONFECTION, tableau des mesures.
Vêtements de femme. — Corsage. — Les mesures à prendre sont les suivantes : longueur du dos, du point de repère épinglé (épaule) au milieu du dos à la taille; largeur du dos, d'une entournure à l'autre; longueur du devant, du point de repère épinglé (épaule) au milieu du devant à la taille; hauteur des pinces, du point de repère jusqu'au bombé de la poitrine, lorsqu'il s'agit d'un vêtement à pince remontante. Lorsqu'on doit établir des pinces ordinaires, il faut descendre plus bas, le sujet habillé ne devant pas voir le sommet des pinces de son corsage ; largeur de plastron, d'une entournure à l'autre au devant ; hauteur de dessous de bras : placez une règle sous le bras du sujet à l'aisselle, comptez la hauteur de la ligne de taille, bord inférieur du ruban, jusqu'au niveau de la règle;
Tour de poitrine, se prend sans serrer; tour de taille, en maintenant un peu; tour de hanches, 15 centimètres au-dessous de la taille; encolure, à la base du ruban d'encolure, sans serrer; hauteur de basque, environ 10 à 15 centimètres; longueur de manches : 1° de l'épaule, au point de l'articulation, jusqu'au coude ; 2° du même point de l'épaule jusqu'au poignet, en passant par le coude (plié).
Jupes. — Les mesures nécessaires pour la confection des jupes sont les suivantes : tour de ceinture ; tour de hanches. Le tour de hanches sera pris deux fois : 1° à 10 centimètres du tour de taille ; 2° à 25 centimètres du tour de taille (pour les jaquettes et jupes plissées) ; longueur du devant ; longueur du côté ; longueur du dos.
Manteaux. — Les mesures nécessaires seront les mêmes que celles des corsages, pour les manteaux ou vêtements ajustés, avec cette différence que les mesures seront amplifiées, étant prises sur le sujet ou le mannequin habillé.
Mesures supplémentaires. — Cés mesures servent à contrôler l'exactitude des patrons avant l'essayage. Ce sont : le contour d'emmanchure, la mesure d'entournure. Cette dernière se prend, en partant de la taille sous le bras, puis en passant sur l'épaule que l'on contourne en suivant le contour d'emmanchure, et en redescendant au point de départ. Cette mesure permet de contrôler si la couture d'épaule est en rapport avec la conformation du sujet (épaules plus ou moins tombantes), et de rectifier sur le dessin lui-même, en déplaçant la couture d'épaule du dos (tracé linéaire des patrons).
Vêtements d'enfant. — Le point de départ des mesures se compte à 4 centimètres à droite de la nuque, sur le ruban d'encolure, point N des patrons (tracé linéaire).
Ces mesures sont : la longueur du dos ; la longueur du devant, qui sera prise, du point de repère N jusqu'au milieu du devant, plus bas de 3 à 5 centimètres que le tour de taille circonférenciel ; la hauteur de pinces, s'il y a lieu ; la hauteur de dessous de bras. Cette mesure s'obtient en fixant d'abord une règle sous le bras de l'enfant, puis en mesurant la distance existant entre le point de repère N d'encolure et le niveau inférieur de la règle. La mesure ainsi obtenue est plus exacte qu'en la prenant à partir du tour de taille, très imprécis chez l'enfant. Les autres mesures sont le tour de poitrine, le tour de taille, le tour de hanches, que l'on amplifie toujours de 4 à 8 centimètres, selon l'âge, les costumes d'enfant ne devant pas être ajustés. Les longueurs totales du dos et du devant peuvent être prises de l'épaule, près de l'encolure, jusqu'au bas.
Les mesures de manches seront prises comme il est dit précédemment.
La mesure d'encolure sera prise sans serrer.
Tableaux des mesures. — Il est utile de conserver les mesures une fois prises : cela évite une perte-de temps à chaque confection nouvelle. De même il sera bon de conserver les mesures des enfants, quoiqu'elles varient, parce que cette variation suit en général une progression régulière avec l'âge, et on peut en tenir compte si l'enfant est absent au moment de l'essayage.