aptères; une planche engluée, promenée à deux, en frôlant les plantes, capture nombre d'insectes, etc. La ceinture-piège, que l'on fixe, à l'automne, autour du tronc des arbres fruitiers, est aussi très efficace. C'est une bande de papier goudronné de 0 m. 20 de hauteur, que l'on replie en deux parties d'inégale largeur, pour en recouvrir une bande de carton ondulé,

que l'on colle sur le pli intérieur du papier. On fixe cet ensemble avec deux ficelles à 0 m. 50 au-dessus du sol. Les insectes viennent s'y abriter ou s'y transformer en chrysalide. On brûle ces bandes en janvier avec leur contenu (fig. 1234, A).

Précautions diverses. — Alterner les cultures, ce qui tue les insectes ne vivant que sur une seule plante; labourer profondément, en fin de saison, pour amener au jour des larves à détruire; ne semer que des graines saines, de race résistante, et à la bonne époque; intercaler, entre les plantes principales, des cultures de plantes-pièges (laitues, etc.); détruire le plus tôt possible tous les débris traînant sur le sol; employer de préférence les engrais insecticides (V. ENGRAIS); ensacher les fruits de bonne heure ; écorcer et lessiver en hiver branches et tronc. V. MOUSSE.

Insecticides. — Un bon insecticide doit tuer rapidement tous les insectes, sans nuire à la plante ni à l'opérateur : il doit être à bas prix et d'un emploi facile.

Principaux insecticides. — Ce sont certains composés minéraux, puis le crésyl, le goudron, les huiles lourdes de houille, l'huile, le lysol, le pétrole, le phénol, le pyrèthre, la saponite, le tabac, sans parler des nombreuses mixtures commerciales. Plusieurs de ces produits (soufre, composés du cuivre) sont aussi employés pour combattre les maladies cryptogamiques.

Formules d'insecticides. — Le pouvoir insecticide des divers agents est indiqué approximativement par le tableau suivant dû à Truffaut :

DOSE EFFICACE DES DIVERS INSECTICIDES

SOLUTION...Cyanure de potassium..0 gr. 4 par litre d'eau.
Acéto-arsénite de cuivre.0 gr. 7
Nicotine.1 gr.
Savon noir.6 gr.
Quassia amara en co-peaux.7 gr.
Pétrole.10 gr.
Poudre de pyréthre.15 gr.
FUMIGATION.Acidecyanhydrique.0 gr. 01 par 100 litres d'air.
Nicotine.0 gr. 02
Hydrogène sulfuré.1 gr.
Sulfure de carbone.1 gr. 5

Cependant, malgré les indications contenues dans le tableau, la dose et la concentration à employer dépendent de l'insecte à combattre, de la délicatesse des parties de plantes à traiter, de la température : plus il fait chaud et sec, plus l'action de l'insecticide est énergique. A l'agent principal viennents'ajouter des dissolvants (eau, alcool à brûler, benzine, etc.), des émulsionnants (savon, saponine), des substances retardant la dessiccation (glycérine). Malgré l'excellence des formules, un essai préalable doit toujours être fait par temps sec ; deux traitements, à 8 jours d'intervalle, sont ordinairement nécessaires.

Mode d'emploi. — Répandre les insecticides solides en poudre fine, soit à la main (chaux, cendre, plâtre phéniqué, sciure de boisimprégnée d'huile lourde, etc.), soit à l'aide de soufflets spéciaux (soufre, pyréthre). Opérer le matin, par la rosée, en marchant à reculons, et contre le vent. Les insecticides liquides, sous forme de solutions, bouillies, émulsions, sont les plus employés. Ils servent pour le lessivage d'hiver des troncs d'arbres décortiqués (V. MOUSSE), pour le badi-geonnage des tiges et branches à l'aide de brosses, pinceaux ou éponges. Sur les organes verts, les répandre à l'arrosoir, à la seringue, ou au pulvérisateur (V. ce mot); dans le sol, en y perçant des trous (V. DÉSINFECTION DU SOL). Les insecticides gazeux sont produits surtout par combustion (soufre tabac, pyréthre); ce sont parfois des corps gazeux à la température ordinaire (gaz carbonique), ou des vapeurs de liquides très volatils (formol, sulfure de carbone). Ils s'emploi dans les serres, dans les appartements, dans le sol. Les plantes de plein air, qu'on veut traiter par ces agents, doivent être entourées d'une tente imperméable.

Les fumigateurs sont des réchauds pour brûler ou vaporiser les insecticides ; certains sont à soufflet. Le commerce livre surtout des produits fumigènes pour serres et châssis, soit sous forme liquide, en cylindres pourvus d'une mèche, soit sous la forme, plus répandue, de pâtes combustibles en cônes, obus, etc. (fig.1234, E, F) qu'il suffit d'enflammer avec une allumette, et dont il existe plusieurs séries de grosseurs correspondant chacune à la désinfection d'un certain cube d'air.

INSOLATION (médecine us.). — Action d'un soleil ardent ou d'une chaleur très grande sur l'organisme. Il ne faut pas confondre le coup de soleil avec le coup de chaleur ou insolation.

Coup de soleil. — Altération superficielle de la peau sous l'action des rayons solaires, avec rougeur, sensation de cuisson, soulèvement et chute de l'épiderme. On s'en préserve par le port de voiles, couvrenuque, etc. On le soigne à l'aide de compresses imbibées d'eau bouillie contenant en dissolution 50 centigrammes de salicylate de soude pour 100 grammes d'eau ; on applique de la poudre d'amidon, d'oxyde de zinc ou de talc.

Coup de chaleur ou insolation. — La chaleur peut agir sur le cou et la tête seulement, ou bien sur tout le corps ; car le coup de chaleur peut se produire à l'ombre dans un endroit très fortement chauffé. La température du corps s'élève, le malade tombe, et la mort peut survenir.

On s'en préserve par l'entraînement à la fatigue et à la chaleur, par le port de vêtements légers, non serrés, par l'ingestion fréquente de petites quantités d'une boisson aqueuse fraîche. On traite le coup de chaleur par le repos à l'ombre et par des affusions d'eau froide sur le visage, les vêtements du malade étant desserrés. De plus, on pratique au besoin la respiration artificielle, accompagnée de tractions rythmées de la langue. V. ASPHYXIE.

INSOMNIE (médecine us.). — Privation du sommeil, qui peut être accidentelle et momentanée, à la suite d'une excitation cérébrale très vive (joie, peine, etc.), ou, au contraire, habituelle et due à l'abus des travaux intellectuels, des excitants (café, alcool, etc.), au surmenage, à la neurasthénie, ou à une infection (grippe, etc.).

Le traitement de l'insomnie est subordonné à la cause. Ce n'est qu'au cas où les mesures d'hygiène ne réussissent pas, qu'on doit avoir recours aux narcotiques, sur l'indication du médecin.