une maison de confiance ; si l'achat en vaut la peine, exigez du vendeur un certificat indiquant la pureté et la faculté germinative des graines fournies; en cas de contestation, adressez un échantillon à la station d'essais de semences du ministère de l'Agriculture, à Paris, dont le bulletin de contrôle fera foi.
Semis. — Action de placer les graines dans un sol réunissant les conditions voulues pour qu'elles puissent y germer et s'y développer. Les graines doivent posséder leur pouvoir germinatif; la chaleur du sol doit être suffisante. Les semis de
pleine terre ou à l'air libre se font soit à l'automne, pour les plantes résistant aux froids de l'hiver, soit au printemps et en été. Semez sur couches et sous verre, en hiver ou au printemps, les plantes délicates ou de primeur. L'humidité du sol doit être constante pendant la germination ; l'exces d'humidité fait pourrir les graines et les jeunes plants. L'aération est indispensable ; enterrez peu les graines : 2 à
3 millimètres pour les plus fines (carotte), 1 centimètre pour les petites (radis), 3 centimètres pour les pois, 4 centimètres pour les haricots et fèves. Les semis sous verre doivent être aérés à partir du 5e jour : peu d'abord (une heure par jour si le temps le permet), puis de plus en plus.
Un semis est fait en place lorsque les plantes achèvent leur développement à l'endroit même du semis; il est en pépinière lorsque les plantes, semées très serré sur une surface restreinte, doivent être ensuite repiquées sur un emplacement beaucoup plus vaste (la plupart des plantes à fleurs, tomates, etc.).
D'après la façon de répartir les graines, on distingue 3 sortes de semis :
1° A la volée : Les graines sont lancées aussi régulièrement que possible sur toute la surface à ensemencer; si elles sont très fines, mélangez-les de 5 à 10 fois leur volume de sable fin. Opérez par temps calme, sur sol un peu humide; enfouissez les graines par un coup de râteau, ou plombez, c'est-à-dire tassez le sol avec une planche, une batte, ou encore terreautez, c'est-à-dire répandez sur le semis une mince couche de terreau (2 à 3 millimètres):
2° En rayons: Tracez au cordeau de petits sillons de 2 à 3 centimètres de profondeur; semez; faites retomber sur les graines une partie de la terre du sillon, ou terreautez;
3° En poquets: Semez dans de petits trous en lignes 4 à 6 grosses graines (haricots, potiron, etc.) et recouvrez de terre.
Éclaircissage. — En semant, on répand toujours trop de graines; les jeunes plants, trop serrés, s'étio-lent et se nuisent; l'éclaircissage supprime les plantes en excès dans les semis faits en place et ne conserve que les plus forts.
Bouturage. — Procédé de multiplication des plantes à l'aide de boutures, c'est-à-dire de fragments de tiges ligneuses ou herbacées. de racines, ou même de feuilles (bégonia) et de fruits (cactus); des racines naissent sur la partie enterrée et le fragment de plante devient une plante entière. Le bouturage est un procédé rapide de multiplication, très employé dans la culture ornementale (fig. 1455).
FIG. 1455. — Boutures.
1. Simple par rameau; 2. Écorcée; 3. A talon; 4. A crossette; 5. Par plançon; 6. Semée; 7. Par ramée; 8. Par racines.
En culture fruitière, on bouture le cognassier, le figuier, les groseilliers, les pommiers paradis et doucin, le prunier mirobolan, et la vigne. Les boutures sont des rameaux ligneux d'un an, bien aoûtés, détachés du pied-mère lors de la taille d'hiver; on leur donne une longueur, variable avec l'écartement de leurs bourgeons.
La bouture simple ou ordinaire est faite, par section nette, immédiatement au-dessous d'un œil, et comprend 3 ou 4 yeux ou plus. Dans certains cas (cognassiers) les boutures s'enracinent mieux quand elles portent un peu de vieux bois (bouture à talon). On plante tout de suite en place (cassis), ou en jauge, c'est-à-dire dans une tranchée oblique, les boutures couchées côte à côte, la moitié ou le tiers seulement de leur longueur hors du sol.
En culture potagère, la multiplication par caïeux ou bulbes (oignon, ail), tubercules (pomme de terre), ou rhizomes (crosne) est une variété de bouturage très employée. On bouture le thym et le cresson de fontaine par rameaux.
En culture- ornementale, on emploie les boutures ligneuses ou herbacées de rameaux. Ne pas prendre comme boutures les rameaux portant des boutons à fleurs ; ou, si l'on ne peut faire autrement, supprimer ces derniers.
1° Boutures ligneuses. — Ce que nous avons dit des boutures en culture fruitière s'applique, en général, aux boutures d'arbustes d'ornement. On opère en mars ou en août-septembre, en plein air pour les espèces rustiques ;
2° Boutures herbacées. — Ce sont celles qu'on a le plus souvent occasion de pratiquer dans les petits jardins; elles s'enra-
cinent très vite. En plein air, le meilleur moment est le début de l'été; on bouture aussi de juillet en septembre, en choisissant de jeunes pousses tendres.
Pour bouturer, coupez net l'extrémité d'une jeune tige sur 5 à 10 centimètres de longueur, immédiatement au-dessous de la naissance d'une feuille. Diminuez l'évaporation en enlevant les feuilles de la base; piquez la boute dans un petit pot rempli de terre légère, et arrosez. Recouvrez d'une cloche ou d'un verre les boutures d'œillets, fuchsia, héliotropes, etc.: vous empêchez ainsi l'entrée de l'air. Arrosez souvent;
FIG. 1456. — Bouture herbacée (géranium).
préservez du soleil; enlevez les feuilles qui pourrissent; aérez de temps à autre dès la reprise, qui exige d'un mois à six semaines. Beaucoup de plantes, comme les pélargoniums et géraniums, se bouturent à l'air libre. Evitez la sécheresse et la trop grande humidité (fig. 1456).
Marcottage. — Procédé analogue au bouturage; mais par lequel on fait former les racines avant de séparer le rameau de la plante-mère :les tiges rampantes ou filets du fraisier, de la pervenche, etc., se marcottent d'elles-mêmes au contact du sol humide. Pour marcotter une plante, on recourbe un de ses rameaux, qu'on enterre en son milieu; on arrose; au bout de plusieurs semaines, il se forme des racines sur la portion de la tige enterrée. Quand elles sont assez fortes pour nourrir la branche, on détache progressivement (sevrage) de la branche-mère. Si la branche est trop haute ou trop rigide, on marcotte en l'air, dans un pot fendu sur le côté (fig. 1457).
Éclatage. — Division des touffes au pied. On détache de la souche, au printemps, des parties (éclats) munies de racines, et on les replante. S'emploie en culture fruitière (framboisier), potagère (ciboulette), ornementale (iris, pivoine). L'œilletonnage est un cas particulier: on détache et on plante les œilletons, ou bourgeons nés au collet de la racine (artichaut, yucca).
Greffage. — Ce procédé consiste à implanter sur un végétal, nommé sujet ou porte-greffe, un fragment vivant ou greffon d'un autre végétal de même espèce ou d'espèce voisine, de manière à en provoquer la soudure; le travail terminé est une greffe. La parenté botanique n'est pas toujours une condition de succès; une affinité spéciale est nécessaire; ainsi on ne greffe pas le poirier sur le pommier, mais bien sur cognassier ou sur aubépine. On greffe sur franc ou sur égrain quand le sujet est un jeune arbre obtenu