rendent, d'autres enfin, qui sont franchement nuisibles dans les jardins ou dans les champs.

Oiseaux utiles. — Il est interdit de les tuer, à toute époque de l'année (loi du 30 juin 1903), même en temps de chasse et avec un permis, de les capturer à l'aide de pièges, de détruire ou de transporter leurs œufs, leurs couvées, de les vendre ou de les acheter, et de les tenir en captivité. La liste comprend environ 70 espèces, dont voici les principales :

Rapaces nocturnes : Chevèches et chevéchettes, chouettes, hulottes, ou chats-huants, effraie commune, hibou brachyote, moyen duc, petit duc. Grimpeurs : Pics (toutes espèces). Passereaux : Huppe vulgaire, grimpereaux, tichodromes et sittelles, martinets, engoulevents, rossignols, gorges-bleues, rouges-queues, rouges-gorges, traquets accenteurs, fauvettes, pouillots, roitelets et troglodytes, mésanges, gobe-mouches, hirondelles, lavandières et bergeronnettes, pipits, becs croisés, venturons et serins, chardonnerets et tarins, étourneaux et martins, rollier ordinaire, guépiers. Échassiers : Cigognes blanche et noire.

Oiseaux nuisibles. — Peuvent être détruits en tout temps et par tous moyens.

Ce sont les rapaces diurnes (milan, faucon, épervier, etc.), et le grand duc, qui détruisent les petits oiseaux ; le groupe des passereaux, comprenant la pie et le geai, qui sont de véritables oiseaux de proie, et le corbeau, qui, il est vrai, détruit des vers blancs et nombre d'insectes nuisibles, mais qui mange les semences, détruit les couvées et le jeune gibier.

Oiseaux mixtes ou indifférents. — Ces oiseaux ne peuvent être tués que pendant les périodes de chasse autorisée.

La plupart sont des oiseaux-gibier (V. ce mot). Les moineaux détruisent nombre de hannetons et de chenilles, mais ils dévorent les cerises, les petits pois, les raisins, les semences des porte-graines. Le bouvreuil, le merle, la grive, le loriot, etc., commettent aussi quelques dégâts ; le pigeon ramier est exclusivement granivore; la plupart des palmipèdes et certains échassiers (héron), dépeuplent les rivières.

Protection donnée aux oiseaux. — Dans un petit jardin, et autour d'une habitation que vous voulez égayer par les allées et venues des oiseaux, suspendez ou fixez des abris garnis de graines, de pain et d'eau (fig. 1502); disposez des nids artificiels : boîtes à richer taillées dans du bois en grume et fixées sur un tronc d'arbre (fig. 1504), pots à moineaux (fig. 1503)

attachés en dehors des fenêtres ; on transforme facilement pour ce dernier usage un pot à fleurs ordinaire. On protège les arbres contre les chats, les rats, etc., qui les abiment, et dont ils chassent les oiseaux, en entourant le tronc de tiges de fer recourbées et pointues, ou de ronces artificielles enroulées en spires serrées (sur une hauteur d'environ un mètre), ou encore d'une feuille de tôle de 30 centimètres de hauteur, fixée par un clou, etc.

FIG. 1503. — Pots à moineaux.

Éloignement.— On peut se défendre contre les attaques des oiseaux sans les détruire.

1º Epouvantails. Les épouvantails fixes, formés d'un mannequin revêtu de haillons et d'apparence vaguement humaine, n'ont qu'une action très éphémère. Pour protéger des semis, un cerisier, une treille garnis de fruits, une planche de petits pois mûrs, etc., on vend des leurres en zinc découpé, à forme d'épervier ou de chat ; mais rien ne vaut l'épouvantail suivant.

A l'aide d'une ficelle, suspendez aux branches d'un arbre ou à de longues gaules plantées obliquement, des oiseaux de proie artificiels : une grosse pomme de terre forme le corps; 3 plumes de poule ou de din-don piquées de chaque côté forment les ailes étalées; 3 plus petites, la queue; d'autres très petites recouvrent la tête; un tuyau de plume figure le bec; un chiffon rouge, enroulant le tubercule, lui donne un aspect plus effrayant encore.

Les effaroucheurs sont des miroirs doubles, de formes diverses, suspendus à des piquets ou aux branches des arbres ; ils jettent, sous l'action du vent, des rayons étincelants, qui éloignent les oiseaux. Des couvercles de boîtes métalliques hors d'usage, suspendus par paires, de manière à frapper les uns contre les autres, sont aussi très efficaces; leur bruit peut cependant gêner la nuit, si l'habitation est toute proche. Protégez les raisins des treilles par des fragments de laine rouge qui flottent au vent, par un vieux filet de pêche hors d'usage tendu au sommet. Protégez les semis de gazon et autres par un entrelacement de ficelles fixées à des piquets bas.

2º Abris : Protégez les cerisiers et groseillers garnis de fruits par des toiles claires (V. ABRI); les raisins par des sacs. V. SACS A FRUITS.

OISEAUX DE BASSE-COUR. — V. BASSE-COUR, AVICULTURE, POULE, OIE, etc.

OISEAUX DE VOLIÈRE. — Élever dans une élégante volière quelques oiseaux qui égaient la maison par leur chant, par la vivacité de leurs mouvements, la beauté de leur plumage, est une agréable distraction. Il existe un choix considérable d'oiseaux d'agrément, portant sur nos espèces indigènes et surtout sur un grand nombre d'espèces exotiques qui, souvent inférieures aux nôtres par la voix, l'emportent par l'éclat de leur livrée. V. pl. OISEAUX DE VOLIÈRE.

A part quelques colombins, gallinacés et grimpeurs, les oiseaux de volière sont des passereaux de petite taille.

Ce sont surtout les mâles qui ont l'apanage de la beauté du plumage et du charme de la voix; les femelles sont beaucoup plus ternes et silencieuses. Même chez la plupart des mâles, l'éclat de certaines plumes et la vivacité de leur coloris ne constituent qu'une parure nuptiale temporaire qui disparaît avec l'époque des amours.

Nous allons parler des principaux oiseaux d'ornement, de la nourriture qui leur convient, de leurs qualités et de leurs défauts, des maladies auxquelles ils sont sujets.

Pour les détails relatifs à l'aménagement général et à l'hygiène des petits pensionnaires ailés, et pour l'extension plus ou moins grande que l'on peut donner à leur installation selon la place dont on dispose, V. VOLIÈRE.

Oiseaux indigènes.— Les fringillidés.— Ce groupe comprend des oiseaux chanteurs de petite taille, à corps ramassé, tête épaisse, bec fort et conique, cou court.

Ils se nourrissent de graines et de fruits, auxquels ils joignent quelques insectes ; la femelle couve seule, tandis que les deux sexes nourrissent les petits.

Le pinson (fringilla cœlebs) supporte bien la captivité; son chant est plein de fraîcheur; cet oiseau se reproduit en cage; on lui reproche d'être un peu taquin avec ses compagnons. On le nourrit de graines : millet, alpiste, verdure, avec, de temps à autre, des vers de farine, des œufs de fourmis et des asticots.

Le chardonneret (f. cardualis) est un joli oiseau à bec

FIG. 1504. — Nichoir vertical.

A. Bien placé ; B. Trop incliné.

plus long que celui du pinson et entouré d'un cercle noir, puis d'un autre cercle plus large, rouge cramoisi; le dos et les ailes sont bruns et noirs, avec des taches blanches ; les rémiges présentent en leur milieu des bandes d'un jaune d'or. La femelle a la même livrée, mais affaiblie : l'épaule n'est jamais noire comme chez le mâle, mais brune. Le chardonneret s'apprivoise