Mais cela tient en grande partie, comme l'explique cet auteur, à ce que le jardinier soigne toujours mieux l'espalier plus bas, par cela seul que toutes les parties de ses arbres sont mieux à sa portée, tandis qu'il perd souvent de vue des soins urgents à donner aux parties des arbres qui garnissent le haut d'un mur trop élevé; en principe, les murs trop bas n'ont donc réellement pas l'avantage que les Anglais leur attribuent.
B. — Choix des matériaux.
Le choix des matériaux pour la construction des murs est d'une grande importance ; les meilleurs murs sont ceux qui exigent le moins de réparation ; les maçons introduits dans le jardin fruitier pour réparer un mur dégradé sont essentiellement destructeurs. C'est pour cette raison qu'on doit préférer les briques, partout où il est possible de s'en procurer, aux pierres grossièrement taillées (moellons), généralement en usage autour de Paris. Il ne faut pas épargner la largeur et la profondeur aux fondations, surtout quand le sous-sol n'est pas des plus solides. Quelques arêtes en pierres de taille, de distance en distance, rendent les murs plus durables lorsqu'ils sont construits en briques. Ce genre de construction n'exige pas un enduit continu sur toute la surface du mur; il suffit de reprendre les joints avec de bon ciment pourboucher tous les interstices où les insectes pourraient se loger. Les murs en moellons ne peuvent se passer d'un enduit continu assez solide pour recevoir, sans se détacher ni se fendre, les crochets pour tenir le treillage ou les clous pour le palissage au mur. En Belgique on place d'avance, en construisant la muraille, soit des crochets, soit des os de pied de mouton cuits qui durent autant que le fer. On les dispose d'ordinaire de quatre en quatre rangs de briques; ils sont espacés entre eux dans les lignes de 0m ,50 à 0m ,60, comme le montre la fig. 292. Ces distances sont celles
Fig. 292.
qui se prêtent le mieux au mode de palissage usité en Belgique ; nous le décrirons en détail (voir Treillages).
C. — Chaperons.
Les murs destinés à recevoir des espaliers doivent être munis d'un chaperon à leur partie supérieure. Les Anglais rejettent l'emploi des chaperons permanents; ils les regardent comme nuisibles pendant l'été, et en effet, sous leur climat, les arbres en espaliers n'ont jamais, durant la belle saison, trop de chaleur ni de lumière; les auteurs anglais sont unanimes pour donner la préférence aux chaperons mobiles qu'on enlève aussitôt que les froids ne sont plus à craindre. En France, dans les départements au nord de Paris, l'usage anglais des chaperons temporaires offre des avantages réels sur celui des chaperons permanents; mais sous un ciel moins sombre, sous un climat moins humide, il est nécessaire, à notre avis, que le mur d'espalier ait un chaperon à demeure (fig. 293) formé de tuiles en recouvre-
Fig. 293.
ment maintenues par une faîtière; ce chaperon n'a pas besoin d'être saillant de plus de 0m ,25 à 0m ,30 en avant de la surface du mur dans les espaliers ordinaires. Si l'on doit y ajouter une couverture temporaire, on plante au-dessous du sommet du mur, dans la maçonnerie, des montants quelquefois en fer (fig. 294),
Fig. 294.
le plus souvent en bois (fig. 295), sur lesquels
Fig. 295.
on établit des paillassons, au moment où leur protection peut être utile (voir Jardins à la Montreuil). La principale utilité des chaperons permanents en tuiles consiste à éloigner les eaux pluviales du feuillage et du fruit en été, et de la souche de l'arbre en toute saison.
On avait imaginé, il y a quelques années, en Angleterre, de construire pour servir d'espalier des murs formés de montants en fonte de fer, établis sur des dés en pierre et croisés par de légères traverses de fer forgé; l'intervalle était rempli par des plaques de pierres plates ou d'ardoises; on avait même proposé de les former de carreaux de vitres comme des fenêtres; cette invention n'a pas eu de suite, bien que l'inventeur se fût muni d'un brevet.
D. — Treillages.
Les treillages les plus usités sont formés de montants croisés à angles droits, par des traverses horizontales, de manière à former des rectangles ou mailles, de 0m ,22 de large, sur 0m ,25 de hauteur; les brins de treillage ont 0m ,01 d'épaisseur et 0m ,027 de large; ils sont