exige, comme la greffe anglaise, que le diamètre du sujet et celui de la greffe soient égaux, ce qui restreint ses applications.
\mathrm{C.} - \text {Greffe Lee,}
Quelques arbres et arbustes délicats ne peuvent, sans périr, supporter la fente dans le sens du canal médullaire qui occupe le centre de leurs tiges. On les greffe en fente sans endommager leur centre, au moyen d'une entaille triangulaire (fig. 197) destinée à recevoir la
Fig. 203, 202, 201, 200, 199, 198, B 197.
greffe taillée en coin triangulaire B. Les deux pièces ne s'ajustent bien que lorsqu'elles ont été façonnées toutes les deux au moyen d'un greffoir fait exprès (voir Instruments de jardinage, fig. 80). Ce procédé admet des greffes d'un diamètre beaucoup plus petit que celui du sujet.
Cette greffe, pratiquée sur de jeunes orangers ou citronniers, exactement de la même manière, mais en employant pour greffe un rameau qui conserve sa tête, est connue des jardiniers sous le nom de greffe à la Pontoise.
D. — Greffe La Quintinie.
Cette greffe (fig. 198) admet quatre rameaux qui peuvent être tous quatre de variétés différentes, aux quatre extrémités de deux fentes qui se croisent en passant par le centre du sujet coupé horizontalement. Elle n'est praticable que sur les sujets d'une grande vigueur dont on veut changer ou varier l'espèce; les sujets délicats ne pourraient la supporter : la même greffe, avec deux rameaux seulement aux deux bouts d'une seule fente, se nomme greffe Palladius (fig. 199). Pour ces deux greffes, le rameau se taille et s'insère dans le sujet comme pour la greffe Atticus (fig. 192).
E.— Greffe Pline.
Ce procédé a traversé les siècles sans altération; il se pratique encore aujourd'hui dans nos vergers de Normandie et de Bretagne exactement comme du temps de Pline, qui n'en était pas l'inventeur; il en parle comme d'une opération usitée de temps immémorial. La greffe Pline (fig. 200) s'applique aux mêmes sujets que la greffe La Quintinie, avec cette différence qu'au lieu de fendre le bois du sujet, on insère seulement la greffe (fig. 201) entre son aubier et son écorce soulevec. Pour peu que l'écorce manque de souplesse, elle se fend sans qu'il en résulte aucun mal ; on enduit les greffes avec l'onguent de Saint-Fiacre, et on les maintient au moyen d'une ligature.
F. — Greffe Théophraste.
La greffe Théophraste est la même que la greffe Pline ; la seule différence, qui n'en est réellement pas une, consiste à fendre l'écorce pour placer les greffes, effet qui se produit pres que toujours de lui-même dans le procédé de la greffe Pline. Le cran ou rebord laissé à la greff (fig. 201) est indispensable pour lui donner sur le sujet un point d'appui sans lequel elle manquerait de solidité.
G. — Greffe Liebault.
La greffe Pline, pratiquée au collet de la racine d'un arbre récepé au niveau du sol, fournit un grand nombre de sujets propres à être marcottés, et qui n'ont plus besoin d'être greffés de nouveau; on désigne, sous le nom de greffe Liébault, cette manière de greffer très en usage au seizième siècle, maintenant peu pratiquée; on en peut obtenir de très bons résultats pour la multiplication des bonnes espèces, mais il ne faut greffer ainsi que des arbres très vigoureux, croissant dans un sol très fertile, sans quoi l'on n'en obtiendrait que des sujets languissants et de peu de durée.
Les greffes Pline, Théophraste et Liébault sont les plus utiles d'entre les greffes dites en têtes ou en couronne. Toutes ces greffes exigent la suppression de la tête du sujet ; les greffes dites de côté conservent au contraire le sujet te! qu'il est, sans aucun retranchement; elles servent surtout à remplacer une branche nécess saire sur un arbre déjà vieux, dont la disposition ne se prête pas au remplacement par la greffe Forsyth en approche (fig. 190), et dont l'écorce raboteuse rend impraticables les différentes greffes en écusson.
H. — Greffe Richard.
C'est un rameau taillé en biseau très prolongé, inséré dans une fente pratiquée en biais-dans le tronc d'un arbre (fig. 202) dégarni d'uncôté. Plus la greffe (fig. 203) est coupée mince, moins elle nécessite d'écartement entre les deux bords de la fente, plus elle offre de chances de succès. Cette greffe, pratiquée sur des sauvageons vigoureux, mais jeunes, au moyen de branches à fruit, chargées de boutons tout formés, hâte la fructification des sujets, mais elle ne réussit pas toujours; on la nomme, dans ce cas, greffe girardin; elle ne diffère de la greffe Richard que parce que celle-ci emploie des rameaux dans le but de réparer un arbre dégarni, et que la greffe Girardin emploie des branches à fruit, dans le but d'accélérer l'époque de production chez le sujet.
Les différents genres de greffe en fente peuvent s'appliquer sur les racines des végétaux aussi bien que sur la tige et les branches; on peut aussi, dans certains cas, se servir pour greffer d'un bout de racine au lieu d'un rameau; mais comme ces circonstances ne chan-