nons ci-dessous les recettes les meilleures et les plus usitées.

Lessive de blanchisseuse (ou eau simple).4 litres.
Savon noir (savon de potasse)......500 gr.
Chaux vive......1 kil.

La quantité de chaux peut varier selon sa qualité; toutes les espèces de chaux ne se dé-litent pas avec la même consistance ; il faut que le liquide ait la consistance du lait de chaux des badigeonneurs.

COMPOSITION DE M. TATIN.

Savon de potasse. 1k500
Champignons écrasés.1
Eau.50 litres.

On met ces ingrédients mêlés dans un tonneau ; l'on prend d'autre part :

Fleur de soufre1 K 500
Eau30 litres.

On fait bouillir dans l'eau la fleur de soufre enfermée dans un nouet maintenu par un poids au fond de la chaudière. Après vingt minutes d'ébullition, on mêle ce liquide au premier. Il s'y établit bientôt une fermentation putride qui se manifeste par une odeur infecte ; plus cette odeur est forte, plus la composition est efficace pour la destruction des insectes ; on doit la préparer longtemps d'avance pour qu'elle acquière en vieillissant plus de fétidité. On peut l'employer au pinceau sur les arbres dépouillés de feuilles; on peut aussi la répandre sur les feuilles des arbres, au moyen d'une pompe à gerbe d'arrosoir percée de trous très fins. On borne le plus souvent l'usage de ce liquide au nettoyage des plantes précieuses dans la serre et l'orangerie; son prix de revient n'est pas tellement élevé, que le jardinier jaloux de conserver ses arbres ne puisse y recourir pour les délivrer des attaques du tigre. Quand le tigre est assez multiplié pour occasionner la grise, les pertes causées par ses ravages sont hors de toute proportion avec la dépense que nécessite l'emploi du liquide de M. Tatin. On peut substituer dans cette recette les champignons sauvages aux champignons cultivés ; les plus vénéneux sont aussi bons que ceux des espèces mangeables.

L'huile de lin et l'essence de térébenthine étendues au pinceau sont des remèdes fort efficaces, mais fort chers, applicables seulement aux jardins de peu d'étendue où l'on n'a qu'un petit nombre d'arbres à préserver.

M. Lelieur assure qu'il s'est bien trouvé d'un mélange d'eau et d'acide sulfurique employé en lotion pour la destruction du tigre; il ne précise pas la dose d'acide; nous pensons qu'on ne peut, sans danger pour les bourgeons, dépasser la proportion de 1/300 soit un litre d'acide sulfurique pour 300 hectolitres d'eau; il nous semble douteux qu'ainsi délayé l'acide sulfurique puisse opérer la destruction complète du tigre sur l'ecorce des arbres. Ajoutons que, d'après notre propre expérience à l'exception du liquide de M. Tatin qu'on peut employer plusieurs fois de suite sans altérer le feuillage des arbres, tout liquide acide ou alcalin, assez énergique pour agir sur le corps du tigre, opère bien plus sûrement encore la destruction du feuillage, et fait aux arbres un tort bien plus grave que celui que les tigres auraient pu faire.

Les personnes placées à portée d'une usine de gaz pour l'éclairage peuvent se procurer à très bas prix de l'eau saturée de gaz hydrogène; cette eau, employée pure pour laver les branches des arbres pendant le repos de la végétation, ou leur feuillage pendant l'été, est excellente pour la destruction du tigre; elle entre aussi dans la composition suivante qui s'applique au pinceau.

Eau hydrogénée. 18 lit.

Fleur de soufre. 500 gr

Savon de potasse. .... 3 kil.

On mêle ces substances à froid, et on les fait fondre sur un feu doux; le liquide s'emploie refroidi.

Tant de recettes, dit M. Loudon, ont été proposées par divers auteurs pour la destruction des insectes nuisibles aux arbres à fruit, qu'on a lieu de s'étonner que leurs races subsistent encore. C'est que pas une de ces recettes n'est applicable assez en grand pour opérer une destruction complète de l'ennemi contre lequel on les emploie, et que cet ennemi se reproduit avec une prodigieuse rapidité.

2. Kermés.

Cet insecte, plus connu des jardiniers sous le nom de punaise, appartient au genre coccus. De même que le tigre, il passe une partie de son existence dans un état d'immobilité, collé sur l'écorce de l'arbre qu'il suce et détruit en y occasionnant des plaies fort préjudiciables à sa santé. On détruit difficilement le kermès en frottant les branches avec une brosse; cet insecte adhère avec tant de force qu'il faut, pour le détacher, frotter de manière à endommager l'écorce au détriment de l'arbre. L'emploi des liquides dont nous avons donné la recette, surtout celui de l'eau hydrogénée, est le seul moyen qu'on puisse mettre en usage avec quelque espoir de succès pour la destruction dukermès. La petite fourmi, qu'on a d'ailleurs des raisons pour détruire à cause des ravages qu'elle exerce dans les jardins, est l'ennemi le plus redoutable du kermès. Lorsque cet insecte suce les jeunes branches du pêcher en pleine végétation, il leur fait exsuder un suc brun, sucré, semblable à du caramel, dont les four-mis sont fort avides; attirées par ce régal, elles enlèvent en même temps les œufs des kermès qui, par une loi singulière de l'organisation de cet animal, ne sont jamais pondus; les petits n'éclosent qu'après la mort de leur mère, dans son corps desséché qui leur sert de de meure, jusqu'à ce qu'ils soient assez développés pour en sortir. Les œufs de kermès sont d'une