VI. Des côtes.
Les côtes, situées en arrière de l'épaule, ont pour base en extérieur les os de ce nom que cette région ne recouvre pas.
Les considérations que nous venons d'émettre à l'article du poitrail trouvent ici leur application; car la saillie des côtes peut être aussi considérée comme l'expression du développement de la cavité thoracique. Il nous suffira donc d'ajouter que la disposition la plus favorable de cette région, dans un cheval de selle, est une légère rondeur. Lorsque la côte est plate, comme dans le cheval anglais, la selle y doit être moins facilement adaptable.
VII. Des flancs.
Les flancs, situés entre les côtes et les hanches et au-dessous des reins, qui donnent la mesure de leur longueur, ont été considérés avec raison comme le miroir de la poitrine. Ils sont, en effet, continuellement agités de mouvements qui correspondent à l'inspiration et à l'expiration; lorsque la poitrine est dilatée par l'entrée de l'air, le flanc éprouve un mouvement d'élévation plus ou moins apparent, suivant que l'inspiration a été douce, ou grande, ou forcée; lorsque l'air est expiré, le flanc élevé s'abaisse et s'affaisse.
C'est dans la régularité de ces mouvements que consiste la principale beauté des flancs. Dans l'état parfait de santé, après cinq ou six respirations douces et à peu près égales, l'animal fait une inspiration plus forte, plus élevée, et surtout plus prolongée, qui se marque aux flancs par une élévation plus grande. C'est cette succession de mouvements égaux des flancs, interrompus de temps à autre par un mouvement plus prononcé, qui constitue leur régularité.
Mais ces mouvements peuvent subir, sous l'influence des affections variées de la poitrine, différentes modifications qu'il est important de connaître. Ainsi, dans certaines maladies, les mouvements d'inspiration sont plus profonds et plus prolongés que dans l'état de santé; puis, au moment de l'expiration, le flanc ne s'abaisse pas d'une seule fois : son affaissement s'exécute en deux temps, entre lesquels il y a un moment d'arrêt. C'est ce moment d'arrêt que l'on appelle soubresaut, coup de fouet, contre-temps de la pousse, nom général sous lequel sont désignées plusieurs maladies de poitrine,
Quant à la configuration extérieure de cette région, si nous en cherchons le modèle dans les animaux bien conformés, nous voyons qu'elle est ordinairement assez pleine, que la corde en est peu prononcée, qu'elle est courte comme les reins. Dans les animaux qu'ont épuisés de longues maladies, l'âge ou les fatigues excessives, le flanc est cordé, comme on a coutume de l'exprimer; c'est-à-dire qu'il présente une cavité profonde en avant de l'angle de la hanche, et que sa corde, ou cette saillie longitudinale qui s'étend depuis cet angle jusqu'à la dernière côte, est très-prononcée.
Lorsqu'un cheval vient de suffire à de longues et pénibles courses, on dit qu'il est efflanqué, qu'il a le flanc retrousse, pour exprimer cette espèce de rétraction que les flancs ont éprouvée vers les parois supérieures de l'abdomen. La première de ces défectuosités est excessivement grave, parce qu'elle est ordinairement le symptôme de maladies redoutables dont l'animal est ou a été affecté; la seconde disparaît ordinairement avec l'épuisement qui l'a produite, lorsque le cheval n'est pas à jamais ruiné.
VIII. Du ventre.
Le ventre, situé à la partie inférieure du corps, a pour base les muscles qui forment les parois inférieures de l'abdomen. Dans les chevaux bien conformés, il n'en dépasse pas le cercle cartilagineux. Lorsqu'il est trop volumineux, on a coutume de dire qu'il est avalé, ou qu'il est semblable à un ventre de vache. Cette conformation est évidemment défectueuse dans les chevaux destinés aux allures rapides, car le poids des viscères abdominaux, dont le volume du ventre est l'expression, doit mettre obstacle à la célérité de la progression. Certains chevaux rapides à la course, tels que les chevaux anglais, semblables en cela aux animaux que la nature a doués d'une très grande vitesse, ont quelquefois le ventre-rétracté vers les parois supérieures de l'abdomen; ce que l'on exprime en disant qu'ils ont le ventre retroussé, ou encore levretté, c'est-à-dire analogue à celui du chien levrier. Lorsque les fonctions nutritives s'exécutent avec régularité, cette conformation, toute disgracieuse qu'elle paraisse, doit cependant être considérée comme une condition de plus favorable à la rapidité de la course. Elle peut devenir cependant une défectuosité réelle lorsqu'elle est poussée à l'excès, et que les chevaux sont, comme on le dit vulgairement, étroits de boyaux. Dans ce cas, en effet, les fonctions digestives s'exécutent mal; les alimens ne font pas un assez long séjour dans le canal alimentaire pour y subir l'élaboration qui doit les transformer en sucs nutritifs, et il en résulte bientôt un état de faiblesse qui rend la ruine des chevaux d'autant plus inévitable, qu'en général ceux qui sont ainsi conformés ont beaucoup d'ardeur et d'énergie, et font conséquemment des pertes qu'une mauvaise nutrition ne répare qu'incomplètement.
§ IV. — De l'extrémité postérieure du corps.
I. De la croupe.
La croupe, située entre les reins et la queue, au-dessus des hanches et des fesses, a pour base l'épine sus-sacrée, les angles internes de l'ilium et les muscles qui se groupent autour de ces os.
Les premières et les plus importantes conditions de la beauté de cette région sont sa longueur et sa parfaite horizontalité. Observez, en effet, tous les chevaux de race distinguée, et vous remarquerez en eux cette belle conformation, dont on peut indiquer la raison, d'après M.RiGOT, par une démonstration toute géométrique. Soit, en effet, le coxal A (fig. 89), dans une croupe longue et horizontale, et le