zophora tinctoria Adr. Juss. (Croton des teinturiers), dont on tire le tournesol, les Croton tricuspidatum et lanceolatum de Cavanilles donnent une couleur bleue; notre Mercurialis perennis L. contient en quantité notable de la matière colorante bleue; c'est avec l'Euphorbia helioscopia L., que l'on teint le papier en bleu de ciel. Dans les Térebinthacées le Rhus mollis Humb. et Bonpl., de l'Amérique du Sud; dans les Scrofulariées, le Melampyrum arvense L., dont les graines mêlées au blé donnent au pain une couleur bleuâtre: les tiges et les feuilles fournissent aussi cette couleur après avoir éprouvé une sorte de fermentation; il en est de même du M. sylvaticum; on a trouvé que les Rhinanthus donnent la couleur bleue aussi bien que les Melampyrum; l'Euphresia officinalis a beaucoup d'analogie avec eux. Il est enfin à remarquer que ce qui arrive après la mort chez quelques phanérogames, a lieu pendant la vie de certains Lichens et de quelques espèces de Boletus, qui, quand on les coupe, tournent au bleu; quelques-uns produisent la couleur de tournesol; mais la manière de l'obtenir est bien différente de celle que l'on emploie pour l'indigo et pour certaines espèces de croton. (DIERBACH.)
CHAPITRE VIII. — DES PLANTES UTILES DANS DIVERS ARTS.
SECTION Ire . — Plantes pour la tannerie.
Le tannin, ou principe astringent produit par certains végétaux, combiné à la peau des animaux, a seul la propriété d'en faire ce qu'on connaît sous le nom de cuir à soulier; l'écorce du Chêne est la substance de laquelle on l'extrait plus généralement en France et en Amérique; il en est traité ailleurs (Agric. forestière, T. IV, p. 113); mais il existe un grand nombre de végétaux indigènes ou exotiques, qui renferment des principes tannans; nous citerons d'abord toutes les parties du Chêne, l'écorce des Bouleaux, principalement employée en Russie; diverses parties du Marronnier d'Inde, du Saule, de l'Orme, le Redoul et autres Sumacs, dont nous parlerons tout-à-l'heure; l'Aurelle, les Rosiers de Provins et du Bengale, le Pin de barbarie, le Grenadier; puis plusieurs plantes vivaces, commes les Polygonées, les feuilles du Phytolacca, le grand Plantin, la fausse Gaude, etc. Pour s'assurer de la richesse d'un végétal en principes tannans, il suffit de le faire bouillir, haché menu dans de l'eau. et d'ajouter une solution aqueuse de vitriol vert ou de colle-forte; avec le vitriol la décoction noireit plus ou moins en raison du tannin qu'elle contient; avec la colle, la décoction se trouble et il se dépose au fond du vase un précipité blanchâtre, aussi plus ou moins considérable. M. Dubuc, de Rouen, a conclu de ces observations qu'on peut facilement, et sans de grands frais, extraire de ces végétaux les principes tannans qu'ils contiennent, et que cette extraction en grand du tannin devrait donner lieu en France à une nouvelle branche d'industrie que quelques études chimiques, telles que celles possédées par les pharmaciens, devront conduire promptement à d'heureux résultats.
Le Myrte commun est un des végétaux dont l'écorce, les feuilles, les fleurs et les fruits sont le plus astringens; il parait même qu'ils le sont encore plus que dans le chêne; aussi les emploie-t-on généralement au tannage des cuirs dans les pays méridionaux de l'Europe où ils croissent naturellement et presque sans culture.
Le Sumac des corroyeurs ou Redoul (Rhus de 8 à 10 pi. de haut, de la famille des Térébinthacées, est le végétal le plus cultivé dans le but d'extraire les principes tannifères qu'il renferme. Sa culture a été spécialement observée en Sicile, en Italie et en Espagne, et elle pourrait être tentée avec succès dans plusieurs parties de la France où elle n'est négligée que par suite de la difficulté de faire adopter par les agriculteurs de nouveaux genres de culture, lors même qu'ils pourraient leur offrir de grands avantages s'ils voulaient s'y livrer. — Ce sumac croit naturellement dans les climats chauds de l'Europe, et il peut aussi prospérer dans les régions où le froid a une certaine intensité durant l'hiver. Azucchini, directeur du Jardin expérimental de Florence, rapporte que sur la montagne où est située la ville de Giulano, il a vu plusieurs cultures de sumac; elles ne commençaient leur végétation qu'au mois de juin, attendu que le froid, qui est considérable sur cette montagne, puisque la neige y séjourne et que l'eau et la terre y gèlent, n'avait cessé que depuis peu de temps; les habitans lui certifièrent que le
coriaria, L.) Roux, Vinaigrier(fig.48), arbuste
Fig. 48.