cade dentaire. Dans le cheval on compte de 36 à 44 dents, que l'on distingue en 12 incisives, 4 angulaires ou crochets, et 24 molaires.
Des dents incisives. Ainsi nommées parce qu'elles sont destinées à inciser les aliments, ces dents ont été distinguées en dents caduques et dents de remplacement. Les premières font leur éruption quelque temps après la naissance, et, comme l'indique leur nom, doivent tomber à une certaine époque de la vie; elles sont encore appelées dents de lait, parce que l'animal les porte lorsqu'il tête encore sa mère. — Les dents de remplacement sont celles qui paraissent en arrière des caduques, et doivent prendre leur place.
Les dents incisives sont au nombre de six à chaque mâchoire; elles représentent dans leur ensemble un demi-cercle assez régulier dans les jeunes chevaux, mais qui se déforme avec l'âge.
Les deux antérieures, celles du milieu, portent le nom de pinces; celles qui les touchent de chaque côté sont les mitoyennes; enfin les deux dernières, celles qui terminent de chaque côté le demi-cercle incisif, se distinguent par la dénomination de coins.
Toute incisive de remplacement ou d'adulte, lorsqu'elle est sortie complètement, et qu'elle n'a pas éprouvé d'asure, en un mot, qu'elle est encore vierge, offre deux parties à signerer, une libre et l'autre enchâssée.
La partie libre, haute de six à huit lignes, représente un cône renversé, légèrement aplatid'avant en arrière, en sorte que dans le principe les incisives ne se touchent que par leur extrémité élargie. L'extrémité de la partie libre par laquelle les dents des deux mâchoires se mettent en contact et frottent les unes contre les autres, présente dans les dents vierges une cavité profonde (fig. 92), allongée
d'un côté à l'autre, qui ne tarde pas à se remplir d'une matière noirâtre, à laquelle les anciens vétérinaires donnaient le nom de germe de fève : cette cavité est circonscrite par deux bords tranchans, dont l'antérieur est plus sail laut que le postérieur. Cette extrémité libre prend le nom de table dentaire (voy. fig. 95), lorsque les deux bords se sont mis de niveau par l'usure, et que la cavité ne forme plus qu'une partie de la surface de frottement qui, à mesure que l'animal vieillit, se rétrécit, se rapproche du bord postérieur et finit par disparaitre entièrement.
Quant aux bords latéraux de cette partie libre, l'interne est arrondi et beaucoup plus épais que l'externe, généralement mince, même tranchant dans les coins : au moment de l'éruption, ces bords dentaires s'imbriquent, l'externe se prolonge sur l'interne.
Toute cette partie libre est enveloppée par l'émail, substance que sa grande densité met à même de supporter les efforts de la mastication; il revêt les deux faces de la partie libre, se replie dans l'intérieur de la dent et forme la cavité conique, dont l'orifice se remarque à l'extrémité libre de la dent vierge. Cette cavité, à laquelle on a donné le nom de cornet dentaire extérieur, est plus rapprochée de la face postérieure de la dent que de sa face antérieure, comme on peut l'observer en faisant sur une dent la coupe représentée à la fig. 93 (Coupe dans l'axe longitudinal de la dent.)
La partie enchâssée, ou la racine de la dent, varie de forme, de grandeur et de dimension suivant les différens degrés de l'age. Lorsque la dent vient de faire son éruption, elle est courte, ronde, creusée d'une cavité qui se prolonge jusque dans l'intérieur de la partie libre autour du cornet extérieur (fig. 93), et renferme la pulpe dentaire; avec l'age, cette cavité diminue et finit même par s'oblitérer entièrement. L'oblitération commence par le fond et continue du côté de la racine qui s'allonge, et prend toujours de l'accroissement. Les productions nouvelles, au lieu de conserver la forme arrondie de la racine, en affectent d'autres qu'il est important de connaître. Si on prend une dent incisive d'adulte, et si on fait dans la longueur plusieurs coupes transversales de deux lignes en deux lignes (fig. 94), on voit qu'aplaties d'avant en arrière vers la surface de frottement, elles deviennent successivement ovales, puis arrondies; vers la base de la racine elles sont triangulaires, enfin leur extrémité est aplatie d'un côté à l'autre. Admettons maintenant que la dent, au lieu d'être coupée ainsi transversalement, soit usée par le frottement, nous verrons de même successivement la table dentaire affecter ces différentes formes; ce point bien