que ; quelques-unes, telles que les ericas arborea, versicolor, vestita, et quelques autres, ont atteint la taille d'un arbre ordinaire. L'érica arborea est un arbre si robuste, que plusieurs de ses branches peuvent supporter le poids d'un homme; toutes les autres plantes végètent dans des proportions analogues.

“Toutes les plantes de cette serre, à l'exception de celles que nous avons dit être placées en pleine terre, sont dans des pots proportionnés à leur taille; chacune d'elles a reçu la terre qui lui est propre. On la renouvelle en général tous les ans ; ce travail est enlevé le plus rapidement possible au printemps ; tout le monde s'y met ; un ouvrier est spécialement chargé de casser des tessons de poterie et de les disposer au fond des pots ; quand l'égouttement de la terre est ainsi assuré, les racines n'ont rien à craindre d'un excès d'humidité ; cette partie de l'opération est traitée avec des soins tout spéciaux.

"Les sentiers de cette serre sont dallés en larges pierres plates. Les plates-bandes, au lieu de tannée, contiennent du sable fin ; les pots y sont plongés jusqu'au bord. Les grands végétaux ont leurs places réservées ; les autres sont disposés par rang de taille; les plantes très rares ou qui sont momentanément en pleine fleur ont une place à part, comme particulièrement dignes d'attention. Les feuillages larges et étroits sont artistement entremêlés ; les éricas, les géraniées et les aurantiacées sont groupés par genres ; les autres plantes sont disposées, non pas méthodiquement, mais dans le but de produire l'effet le plus agréable possible. On a soin de déplacer celles que les progrès de leur croissance ont rendues trop grandes pour la place qu'elles occupent. Un soin minutieux à tailler chaque plante au moment le plus opportun, entretient dans toutes les parties de la serre une floraison continuellement renouvelée.

"En été, il ne reste dans la serre que les plantes en pleine terre; la serre n'est pas pour cela dégarnie; on y place, comme dans une infirmerie, les plantes de serre chaude qui s'y refont promptement, en même temps qu'elles contribuent à l'orner."

§ XIII. — Serres chaudes

On distingue parmi ce genre de serres les serres chaudes-sèches et les serres chaudes-humides. Toute serre chaude a besoin d'une atmosphère plus ou moins humide, la chaleur sèche ne pouvant convenir qu'à un très petit nombre de plantes des contrées intertropicales; mais les plantes de serre chaude-humide exigent un excès d'humidité qui nuirait à la plupart des autres ; elles ont donc besoin d'un local séparé. Cest ce qui fait dire à M. Lindley, célèbre professeur anglais d'horticulture, que les plantes intertropicales, pour être convenablement traitées, demandent au moins quatre serres chaudes, dont chacune doit être appropriée à la nature de certaines tribus de végetaux exotiques.

M. Lindley aurait dû conseiller en même temps à tous les horticulteurs d'avoir 100,000 fr. de revenu. L'arrangement qu'il recommande est incontestablement le meilleur ; seulement il est impraticable , excepté dans les grands établissements publics , et chez les amateurs millionnaires dont on aurait peine à réunir une centaine en Europe , hors de la Grande-Bretagne. La dépense de deux serres chaudes, l'une sèche , l'autre humide, est déjà hors de la portée du plus grand nombre des amateurs ; elle fait néanmoins partie obligée de tout établissement d'horticulture de quelque importance , destiné au commerce des plantes exotiques.

A. — Serre chaude-sèche.

Construction. — La plupart des constructions indiquées pour les serres tempérées conviennent pour les serres chaudes; quand on veut se borner à la culture des plantes de petites dimensions, dont il existe une assez grande variété pour former des collections très dignes des soins de l'amateur, une bâche bien construite peut être suffisante; beaucoup de serres chaudes ne sont pas autre chose que des bâches (fig. 154 et 155).

Lorsque la serre chaude doit recevoir de très grands végétaux, des musas, des œleïs, de grandes cycadées, on peut adopter le modèle représenté fig. 168.

La serre chaude ne peut jamais être construite sur d'aussi grandes dimensions que la serre tempérée, à cause de la difficulté qu'on aurait à la chauffer instantanément selon le besoin. Sous le climat variable des contrées de l'Europe centrale, le thermomètre descend fréquemment en quelques heures d'un grand nombre de degrés; il faut aussitôt chauffer la serre sans perdre de temps; c'est l'affaire d'un moment lorsqu'elle est de grandeur moyenne; lorsqu'elle est trop grande, bien des plantes précieuses peuvent avoir reçu une atteinte mortelle avant que l'air se trouve suffisamment échauffé.