che à fruit. Cette suppression des yeux à peine ouverts se nomme aveuglement. La fig. 227 montre l'état de la branche après la taille et la suppression des yeux éborgnés. Par ce moyen, cette branche, en dépit d'une taille longue, laisse encore à l'œil du talon assez de sève pour qu'il devienne une bonne branche de remplacement.

Nous ne pouvons trop le répéter, si l'on veut avoir un espalier garni de pêchers bien portants, durables et productifs, il ne faut jamais tailler les branches à fruit trop longues, ni les branches à bois trop courtes, mais diriger toute son attention vers le remplacement régulier des branches à fruit et la croissance régulière des branches à bois. Faire naître et grandir les bourgeons à la base des branches à fruit pour pouvoir, sans dégarnir l'arbre, tailler ces branches sur ce bourgeon, c'est là le principe essentiel de la taille des branches fruitières du pêcher en espalier. Ajoutons qu'une avidité mal entendue ruine les arbres, par une taille trop longue des branches à fruit, et que moins on laisse subsister de boutons à fleur sur une branche, plus on donne de force à l'œil duquel doit sortir le bourgeon destiné à la remplacer.

La branché à fruit se taille toujours sur un œil à bois, souvent accompagné d'un bouton à fruit, en sorte que la fleur se trouve précédée d'un bourgeon qui s'allonge en avant du fruit; cet œil fait pour le fruit le même effet que produit sur la greffe l'œil réservé sur le sujet ; c'est un véritable œil d'appel , qui attire la sève vers le fruit; faute de cet œil , la branche fruitière taillée sur un œil à fruit , sans œil à bois, se dessèche et meurt jusqu'au premier œil à bois, au-dessous de la taille , parce que cet œil attire à lui la sève et la retient à son profit.

\- § III. — Branches du pêcher en espalier : nomenclature.

Avant de passer outre aux détails de la taille du pêcher, il est nécessaire de classer ses branches selon le vocabulaire en usage parmi les jardiniers.

\mathrm{A.} - \text {Tronc.}

A moins que le pêcher en espalier ne soit condut sur une seule tige droite, montant jusqu'au haut du mur, il n'a de tronc, proprement dit, que 0m ,30 à 0m ,40, à partir du sol, jusqu'à la première bifurcation de ses branches principales; le tronc (fig. 228) est souvent même beaucoup plus court.

B. — Branches-mères.

Les méthodes les plus usitées pour conduire le pêcher en espalier n'admettent que deux branches-mères; elles servent de base à toute la charpente et donnent naissance à ses membres (fig. 229).

\mathrm{C.} - \text {Membres.}

Ces branches (A A A A, fig. 230), presque égales en grosseur aux branches-mères qui les portent, complètent la charpente du pêcher.

\mathrm{D.} - \text {Branches à bois.}

Leur principal emploi consiste à prolonger les diverses parties de la charpente, sans concourir pour leur propre compte à la fructification du pêcher; les extrémités des branchesmères et celles de chacun des membres sont des branches à bois, sur lesquelles il ne se rencontre pas de boutons à fleur, comme le montre la fig. 231.

Fig. 231.

E. — Bourgeons.

On désigne sous ce nom tous les scions d'un pêcher, nés d'un œil à bois, entre le printemps et l'automne; tous les bourgeons de l'année seront des branches à fruit l'année suivante (fig. 232).

F. — Bourgeons anticipés.

Ces bourgeons, que les jardiniers de Mon-treuil nomment redrugeons, naissent sur d'autres bourgeons; ils n'auraient dû se développer qu'au printemps de l'année suivante; mais, par un excès de vigueur du bourgeon sur lequel ils se sont développés, ils n'ont pas pu dormir jusque-là et se sont ouverts avant le temps, ce qui justifie le nom qu'on leur a donné (A, fig. 233).

G. — Gourmands, ou branches gourmandes.

Les gourmands, ou branches gourmandes, sont des branches à bois qui, en attirant à elles