alterne; ils reposent sur un support très saillant, surtout ceux qui appartiennent à la pousse terminale, comme on le voit sur la branche A (fig. 259). Les yeux sur les bourgeons d'abri-

Fig. 259.

cotier sont toujours très rapprochés ; ils le sont surtout sur les petites lambourdes, productions fruitières représentées en B , même figure. On voit dans l'une et l'autre de ces deux branches que les yeux à fruits sont tantôt simples, tantôt doubles ou multiples ; les boutons de fleurs s'y forment intérieurement pendant le cours de la végétation annuelle pour s'ouvrir au printemps suivant.

L'abondance excessive de la gomme dans l'abricotier le range dans la classe des arbres, qui, comme disent les jardiniers, n'aiment pas le fer, et veulent être taillés le moins possible ; à l'exception des branches qui meurent par accident ou maladie, il ne faut retrancher aucune grosse branche à l'abricotier ; le pincement et l'ébourgeonnement doivent suffire pour diriger la végétation de l'abricotier de manière à ce qu'il ne soit jamais nécessaire de lui supprimer de grosses branches bien portantes; les branches malades se retranchent le plus loin possible au-dessous de la partie endommagée; la plaie doit être immédiatement couverte d'onguent de Saint-Fiacre ou de cire à greffer; moins elle prend l'air, moins l'épanchement de la gomme est à craindre, et mieux on obtient la cicatrisation. Ces suppressions ne doivent jamais se faire hors le temps du repos de la sève, l'abricotier veut être taillé de très bonne heure. Les branches à fruit de l'abricotier se taillent sur un de leurs yeux à bois inférieurs, qui devient leur bourgeon de remplacement; il faut donner beaucoup d'attention à maintenir par la taille le plus parfait équilibre de végétation entre toutes les parties de l'abricotier. Lorsqu'au bout d'un certain nombre d'années les branches-mères d'un abricotier sont dégarnies et épuisées, bien qu'elles n'offrent aucun signe de mort prochaine, l'arbre doit être recepé; il offre sur le pêcher cet avantage que tandis que le pêcher une fois épuisé n'est plus bon qu'à être remplacé, l'abricotier recépé donne toujours du jeune bois, quel que soit son âge. On peut voir l'un des exemples les plus remarquables de ce rajeunissement perpétuel de, l'abricotier le long du mur en terrasse qui soutient la chaussée de Paris à Vincennes. Cette chaussée a été construite il y a plus d'un siècle; les abricotiers dont elle est garnie au sud-ouest ont été plantés à la même époque; partout où les jardins n'ont pas été remplacés par des constructions, ils subsistent encore; tous ont été rajeunis bien des fois; il en est qui couvrent plus de 60 mètres carrés de surface et qui, en raison de l'exposition et de l'excellente qualité du sol, se chargent de fruits presque tous les ans.

§ III. — Abricotier en espalier.

Les auteurs les plus accrédités qui ont écrit sur la taille des arbres fruitiers sont unanimes pour rejeter l'abricotier parmi les arbres de plein-vent, et pour blâmer sa culture en espalier; nous ne saurions être de leur avis. Il est bien vrai, comme le dit avec raison M. Le-lieur, que l'abricot mûrit rarement bien en espalier, et que même quand il y mûrit le mieux, son fruit n'acquiert jamais le degré de saveur qu'il doit au contact de l'air dans toutes les directions sur les arbres en plein-vent; ainsi l'amateur de fruits se contentera de quelques abricotiers en espalier, pris parmi les espèces les plus précoces. Mais le jardinier de profession regardera toujours la culture de l'abricotier en espalier comme l'une des plus productives qui puisse utiliser ses murs à bonne exposition. L'abricot manque autour de Paris d'une manière absolue; on en fait venir à grands frais du Bourbonnais et de l'Auvergne; il n'est donc pas vrai, comme le dit le Bon Jardinier, que l'abricot ne mérite pas l'honneur de l'espalier. Sous le rapport du bénéfice, nous dirons, nous, que pas un arbre fruitier, sans en excepter le pêcher, ne le mérite mieux que lui, puisque pas un n'est plus productif. Nous avons dû appeler sur ces considérations l'attention des jardiniers, et justifier d'avance les détails dans lesquels nous croyons utile d'entrer relativement à la taille et à la conduite de l'abricotier en espalier.

L'abricotier se plante ordinairement tout greffé, un an après avoir reçu la greffe. Les sujets francs de pied lors qu'on les obtient de semis aussi bons et aussi productifs que les arbres greffés ou non dont ils proviennent, sont préférables aux sujets greffés. L'arbre, planté de bonne heure à l'arrière-saison, se taille de très bonne heure au printemps; l'époque ne peut être précisée; elle dépend entièrement de l'état de la végétation qui tient à l'état de la température; on se règle sur ce principe que l'abricotier doit être taille avant la reprise de la végétation, dont il faut épier les premiers symptômes pour les devancer. La première taille consiste à rabattre la tige à 0m ,25 du sol. On surveille les bourgeons qui naissent et qui croissent en très peu de temps. Lorsqu'ils ont atteint une longueur de quelques centimètres, ce qui a lieu d'ordinaire en avril sous le climat de Paris, on arrête le choix des bourgeons à conserver pour établir la charpente de l'arbre; on les prend autant que possible vis-à-vis l'un de l'autre; le reste des bourgeons est supprimé. Dès que l'un des deux paraît plus ou moins fort que l'autre, il faut se hâter de recourir au pincement ou au palissage pour conserver entre eux la plus parfaite égalité; il n'y a pas d'inconvénient, tant qu'ils se comportent