très nombreuses ; dans ce cas, il est nécessaire que la planche soit accessible des deux côtés. Ces deux modes de plantation réclament chacun une manière différente de disposer les plantes.

Pour les plantations sur cinq rangs, on donne au bord de la planche le plus éloigné de l'allée, 8 à 10 centimètres d'élévation de plus qu'au bord antérieur, ce qui donne à la planche, du côté du spectateur, une légère inclinaison très favorable à l'effet des tulipes qui se trouvent en amphithéâtre au moment de la floraison; l'on a soin en outre de réserver les fleurs les plus élevées pour les derniers rangs et de planter les plus petites en première ligne.

Pour les plantations sur sept rangs, on donne à la surface de la planche une forme bombée, en réservant pour le rang du milieu les fleurs les plus hautes. L'on ne peut alors en bien voir que la moitié à la fois; mais, en tournant autour de la planche, on voit à plus petite distance le rang le plus élevé dont l'observateur, dans la plantation sur cinq rangs, est à 1m ,25, tandis qu'il n'en est qu'à 0m ,70 dans la plantation sur sept rangs. Toutefois le premier de ces deux arrangements est toujours celui qui donne à la floraison le plus riche coup d'œil. Un amateur anglais a inventé pour la plantation des tulipes sur sept rangs un instrument en bois qu'il nomme strike (fig. 444),

Fig. 445.

qu'on pourrait appliquer, en lui donnant une forme aplatie, à la plantation sur cinq rangs (fig. 445). La longueur de l'instrument, moins les deux poignées, est de 1m ,60 dans le premier cas, et de 1m .25 dans le second; les rainures marquent d'un seul coup la place des rangées de bulbes, et rendent la courbe ou le plan incliné d'une régularité parfaite.

On doit autant que possible choisir un temps couvert, mais sec, pour planter les ognons de tulipes. Les places étant marquées, on y pose chaque ognon en appuyant légèrement, car il importe que les racines, en sortant du bourre-let qui entoure le plateau, ne rencontrent pas une terre trop foulée. On verse ensuite sur chaque ognon une ou deux poignées de terre sablonneuse sèche, de manière à ce qu'il se trouve totalement caché dans une petite butte de forme conique; cette précaution est très nécessaire pour la conservation des bulbes qu'elle preserve de beaucoup de maladies. On achève ensuite de charger la planche en y répandant de la terre sans déranger les ognons, de manière à ce que les plus gros en aient 0m ,10 et les plus petits au moins 0m ,08 au-dessus de leur partie supérieure. La plantation terminée, on peut passer le strike sur la planche, du côté dépourvu de crans, afin de régulariser sa surface. Si la planche est bombée, le milieu ne doit pas avoir au-delà de 0m ,16 au-dessus des bords; si elle est inclinée, le bord antérieur doit être de 0m ,10 plus bas que le bord opposé.

F. — Détails de culture.

Les tulipes ne souffrent sensiblement que pendant les hivers pluvieux, lorsqu'on n'a pas soin de les préserver d'un excès d'humidité qu'elles redoutent par-dessus tout; il ne faut les couvrir que durant les très grands froids, soit avec de la litière bien sèche, soit avec de vieux paillassons; à cet effet on garnit la planche avec des branchages pour que la couverture ne touche pas immédiatement à la terre. Cette couverture, on ne peut trop le répéter, nuit aux tulipes dès qu'elle ne leur est plus nécessaire, et si l'on n'avait pas soin de l'ôter et de la remettre selon le besoin, il vaudrait mieux ne pas couvrir les tulipes du tout ; l'impression d'un froid modéré est plus utile que nuisible aux ognons de tulipe pendant l'hiver.

A la fin de fevrier toutes les tulipes montrent plus ou moins leur première feuille. La pâleur de leur verdure et la maigreur de leur végétation indiquent dès lors suffisamment celles qui ont souffert de l'hiver et qui sont atteintes de pourriture. Il faut tout aussitôt les enlever à l'aide du transplantoir (voir Instruments de jardinage, fig. 130), supprimer avec une lame bien tranchante la partie endommagée de l'ognon, et laisser la plaie se cicatriser à l'air libre. Cette opération ne peut se faire que par une journée très sèche, durant ce que l'on nomme généralement le hâle de mars. Des accidents semblables ont toujours lieu chaque hiver même dans les collections les mieux soignées; pour éviter les vides qui pourraient en résulter dans la planche au moment de la floraison, on plante toujours à part une réserve proportionnée au nombre total des bulbes; l'usage bien dirigé du transplantoir permet de remplacer les plantes malades par d'autres bien portantes et de tenir constamment la planche au complet. Dès que les plaies des ognons malades sont cicatrisées, on replante ces ognons dans la réserve à la place de ceux qui sont venus les remplacer dans la planche de tulipes. Si par l'effet du hâle de mars la terre se recouvre d'une croûte dure, un léger binage à 0m ,05 ou 0m ,06 de profondeur, donné avec précaution, favorise la végétation des tulipes et contribue à assurer la beauté de leur floraison. Il ne faut laisser recevoir aux tulipes qu'une ou deux ondées de printemps; elles n'ont du restepas besoin d'arrosages artificiels. Il est donc utile de placer de bonne heure sur la planche le châssis destiné à recevoir une tente pendant la floraison. On peut ainsi leur ménager selon