de prendre place dans le parterre à côté des autres jacinthes. Elle se plaît dans tous les terrains frais; sa floraison est très prolongée; elle n'exige aucun soin particulier de culture.
\S \mathrm{V.} - \text {Tigridia.}
Cette plante, l'une des plus bizarrés pour la forme et des plus riches de couleur de toutes celles qui peuvent orner en été nos parterres, a été apportée, en 1796, du Mexique, son pays natal; elle a contre elle un grand défaut : ses fleurs, réellement admirables, ne durent que quelques heures. En Belgique, où les tigridias sont fort estimées, on les plante en massifs, en plaçant les ognons en quinconce, à 0m ,05 les uns des autres; comme les fleurs sont fort larges par rapport au volume total de la plante, ces massifs, pendant cinq à six semaines que dure la floraison des tigridias, ont tous les jours un assez grand nombre de fleurs ouvertés. La tigridia présente un phénomène particulier dans son mode de végétation : ses fleurs s'ouvrent successivement, et la tige qui les porte continue à croître et à produire de nouveaux boutons, longtemps après que les fleurs épanouies les premières se sont flétries; c'est ce qui explique la longue durée de sa floraison.
Les bulbes de tigridia sont très sensibles au froid ; il ne faut pas les confier à la terre avant le milieu de mai sous le climat de Paris. Une bonne terre ordinaire de jardin leur suffit; ils craignent le fumier récent. Si l'on veut les cultiver dans un sol maigre, ce sol ne doit recevoir pour engrais que du terréau très consommé.
Les tigridias ont une pente naturelle à dévier de leur type primitif; les caïeux reproduisent bien l'espèce, mais la graine donné des sous-variétés quelquefois très éloignées de la plante qui les a fournies. C'est ainsi qu'à Lille M. de Rouvroy, a obtenu des tigridias dont la fleur, d'ailleurs semblable à la tigridia commune, avait douze divisions au lieu de six. On connaît deux espèces distinctes de tigridia qui se croisent entre elles très aisément, ainsi que les hybrides provenant de ces croisements. Il en résulte un nombre indéterminé de sous-variétés, dont quelques-unes surpassent en mérite la tigridia pavonia que représente la fig. 475, en pèce à fleur jaune (tigridia conchiflora) qui sert de base à tous ces croisements.
Fig. 475.
dépit du peu de valeur réelle de la seconde es-
Quoique la tigridia conchiflora ait été considérée comme une espèce par les botanistes, elle semble n'être en effet qu'une variété et même une variété peu persistante. Un habile horticulteur, M. Jacques, qui sème beaucoup de tigridias, a obtenu des graines de la tigridia conchiflora, en 1842, des tigridias pavonias et d'autres sous-variétés hybrides, dont une admirable qu'il a nommée speciosa. Ces succès doivent encourager les amateurs à chercher par les semis des sous-variétés nouvelles. La graine se sème en terre légère aussitôt qu'elle est mûre; les semis réclament les mêmes soins qu'on donne aux semis de tulipes et de jacinthes de collection; le jeune plant doit être préservé avec soin des atteintes des premiers froids auxquels il est très sensible.
§ VI. — Campanule pyramidale.
L'espèce commune de campanule pyramidale peut, lorsqu'elle est bien cultivée, atteindre la hauteur de plus de 2 mètres, et se couvrir du haut en bas d'une multitude innombrable de clochettes d'un bleu légèrement violacé qui produisent le plus brillant effet dans le parterre, depuis le commencement de juillet jusqu'à la fin de septembre. Cette campanule est vivace, mais il lui arrive souvent de se ramifier, de pousser une énorme touffe de feuilles, et de ne porter qu'un tres petit nombre de fleurs quand on la cultive en pleine terre dans un sol trop gras et trop humide. Il est plus facile de donner à cette plante la terre légère qui lui convient et de lui ménager les arrosements, lorsqu'on la cultive dans des pots qu'on enterre dans la plate-bande du parterre au moment de la floraison. La fig. 476 représente le
sommet d'une tige de pyramidale. Cette campanule se prête facilement aux formes capricieuses que quelques jardiniers aiment à lui faire prendre en assujettissant ses tiges florales à des baguettes arquées de diverses manières;