grand nombre autour de la racine à demi dévorée; lorsqu'ensuite le moment est venu de mettre les dahlias en place, on peut conserver de distance en distance quelques rangs de fraisiers et repiquer autour de chaque dahlia quelques pieds de laitue; tant qu'elles trouveront à ronger les racines de l'une ou de l'autre de ces deux plantes, les larves de hanneton n'attaqueront pas les tubercules des dahlias.
La courtilière ou taupe-grillon, heureusement moins commune, mais plus destructive encore que la larve de hanneton, est beaucoup plus difficile à détruire. En effet, lorsqu'on doit planter une collection seulement de 600 dahlias espacés à un mètre en tout sens et que le terrain qu'on leur destine est infesté de courtilières, ce n'est pas une petite besogne que d'essayer de l'en débarrasser. M. Pirolle indique un procédé sûr, qui consiste à enterrer des pots exactement bouchés par le fond sur le parcours des galeries souterraines que les courtilières se creusent à fleur de terre. Pour que ces insectes tombent dans ce genre de piège, il faut que le pot soit enterré de façon à ce que son orifice supérieur soit à quelques centimètres plus bas que le niveau du sol. Dans ce but, après avoir enfoncé le pot dans la terre, à la profondeur convenable, on le recouvre d'un pot de même grandeur, en sens inverse; le sol convenablement humecté pour lui donner une consistance suffisante, ne s'éboule pas dans le premier pot lorsqu'on retire le second. Quand la courtilière, suivant la galerie, arrive au piège, elle ne rencontre pas l'orifice du pot, qui la ferait reculer; elle y tombe nécessairement et elle y tombe rarement seule, parce que, dans sa détresse, elle appelle ses camarades à son secours, de sorte qu'on en trouve d'ordinaire plusieurs dans le même pot. La peine qu'exige ce procédé ne doit point empêcher d'y avoir recours quand on est malheureusement forcé de se délivrer des courtilières; nous ne pouvons, à ce sujet, que reproduire les sages paroles de M. Pirolle: « Celui-là n'est pas cultivateur, pour lequel toute peine n'est pas légère, pourvu qu'elle réussisse. »
Les perce-oreilles qui mangent les boutons et les fleurs des dahlias, se détruisent au moyen des sabots de veau et de mouton, comme nous l'avons déjà indiqué (voir OEillets). Nous ajou-terons que, lorsqu'on a la précaution d'employer ce moyen dès le commencement de la saison, en attachant les ergots ou sabots aux tuteurs des dahlias, la destruction des perce-oreilles est complète longtemps avant l'époque de la floraison des dahlias.
L'amateur jaloux de la conservation de ses fleurs doit aussi donner activement la chasse aux limacons qui s'en prennent, comme les perce-oreilles, aux boutons du dahlia. Il y a quelques années, M. Pirolle avait reçu d'Angleterre un dahlia nouveau dont il attendait la floraison avec impatience: la plante ne portait que trois boutons. Pendant deux nuits consécutives, M. Pirolle vit disparaître deux de ces boutons, dévorés par un limaçon que les recherches les plus minutieuses né purent lui faire découvrir; la troisième nuit, il veilla avec de la lumière et prit le coupable en flagrant délit ; ce fut ainsi qu'il sauva le dernier bouton qui allait subir le sort des deux autres. Nous rapportons ce fait, parce que les limaçons ne laissent pas toujours après eux ces traces luisantes qui indiquent leur passage et qu'on impute ainsi très souvent à d'autres causes des ravages occasionnés par les seuls limaçons, contre lesquels on ne saurait déployer trop de vigilance. Une polgnée de son, ou mieux un peu de colle de pâte, sous de grands pots entrebâillés, sont un puissant moyen d'attirer les limaçons et par conséquent de les détruire.
§ VII. — Chrysanthème
Cette belle plante fut apportée de la Chine en Europe vers 1700. Le jardinage européen n'en posséda longtemps qu'une seule espèce, sans variétés; la fleur primitive, origine de toutes les autres, est encore actuellement comprise parmi les plus estimées; elle est d'un brun pourpre très foncé. Les collections actuelles contiennent des centaines de variétés qui, bien que très persistantes, ne sont cependant pas distinguées par des caractères botaniques qui puissent les faire admettre comme variétés réelles, scientifiquement parlant; elles n'existent que dans le langage de l'horticulture Ces variétés, dont la fig. 463 indique
le port et la forme, sont classées d'après leur plus ou moins d'analogie avec trois autres fleurs; la renoncule, la reine-marguerite et le souci, ce qui donne trois séries dans lesquelles se rangent toutes les chrysanthèmes connues, et toutes celles qui peuvent être chaque année conquises par la culture. Les chrysanthèmes offrent toutes les nuances de jaune, de fauve, de rose, de rouge et de pourpre; les tons bleus purs manquent seuls, jusqu'à présent; mais on a le blanc le plus pur, et le brun-