pandue de toutes, la fritillaire de Perse et la
fritillaire de méléagre ou damier.
La fritillaire couronne impériale (fig. 472)
est une très belle plante, précieuse dans le parterre en raison de la précocité de sa floraison. On en possède une douzaine de variétés, toutes de pleine terre, à fleur orangée, jaune et diver-sement panachées. Une bonne terre ordinaire de jardin leur suffit; elles peuvent se passer d'abri pendant l'hiver sous le climat de Paris.
La fritillaire de méléagre (fig. 473), ou fri-
Fig. 473.
tillaire damier, doit son nom à la bigarrure de sa corolle offrant des rapports avec les cases d'un damier et le plumage de la pintade (meleagris). Les caïeux qui servent ordinairement à la multiplier ne doivent être relevés que tous les trois ans. Cette fritillaire offre un grand nombre de variétés qui toutes se ressemblent par la forme et par la disposition des couleurs; elles diffèrent seulement par les nuances. Elles ont assez de persistance pour se reproduire constamment de graine aussi bien que par leurs caïeux, qui fleurissent deux ou trois ans après leur séparation de la plante-mère.
La fritillaire de Perse ne présente avec les deux autres espèces du même genre que des rapports éloignés; sa fleur est d'un bleu violace d'une nuance très délicate. Elle craint le froid un peu plus que les deux autres, quoi-qu'elle supporte bien les hivers ordinaires sous le climat de Paris. On a soin, par ce motif, de la cultiver dans des pots qu'on rentre dans l'orangerie ou la serre froide à l'entrée de l'hiver, et qu'on enterre dans la plate-bande au retour du printemps. Le croisement artificiel de la fri- tillaire de Perse (fig. 474) avec les deux autres
espèces de fritillaires donne naissance à des sous-variétés hybrides dont on peut toujours espérer d'accroître le nombre, ce qui rend la culture de ce genre très digne d'intérêt.
\S \text {IV.} - \text {Jacinthes.}
Si nous nous conformions à la nomenclature adoptée par les botanistes, nous n'aurions qu'une seule jacinthe, la jacinthe étalée, jolie fleur odorante d'un bleu clair, à mentionner après la jacinthe orientale ou de collection, dont nous avons décrit la culture en détail. Nous préférons suivre l'usage des jardiniers qui continuent à désigner sous le nom de jacinthes les espèces que les botanistes ont détachées de ce genre pour en former le genre muscaré.
La jacinthe musquée est une petite fleur insignifiante, de couleur indécise, entre jaune et violet obscur; elle n'est précieuse que par son odeur qui tient du muse et de la vanille. Les ognons de cette jacinthe sont très petits et tout-à-fait rustiques. Une bordure de jacinthe musquée répand dans le parterre une odeur très suave pendant près d'un mois que dure sa floraison. Cette plante est peu difficile sur le choix du terrain. On traite les ognons comme ceux de la jacinthe orientale; ils se replantent à la même époque, mais sans exiger les mêmes soins de culture.
La jacinthe monstrueuse, aussi nommée jacinthe de Sienne ou lilas de terre, n'a de remarquable que la bizarrerie de ses fleurs formées de lanières longues et étroites, entortillées les unes dans les autres et présentant l'aspect d'une sorte de plumet ébouriffé. Les touffes de cette plante font un bel effet dans le parterre; elle est aussi rustique que la précédente.
La jacinthe à toupet, ou vaciet, est une plante sauvage indigène dans toutes les contrées tempérées de l'Europe. Sa singularité et la nuance admirable des fleurs bleues qui forment le sommet de son épi la rendent très digne