séries de plantes de pleine terre, propres à la
decoration du parterre, afin d'indiquer les soins
particuliers à donner à plusieurs d'entre elles,
et la meilleure manière de tirer parti de leur
effet ornamental; nous commençons par les
plantes bulbeuses.
\mathrm{A.-Lis.}
Les lis, au nombre de plus de 20, supportant parfaitement la pleine terre sous le climat de Paris, joignent presque tous au mérite d'une floraison riche et prolongée celui d'une odeur suave; une bonne terre de jardin leur suffit; si elle est trop compacte, et sujette à retenir l'eau, il faut l'amender avec un peu de sable ou de terre de bruyère avant d'y planter les ognons de lis, qu'un excès d'humidité fait très facilement pourrir. Les espèces les plus recommandables sont:
Lis à fleurs blanches.
Lis
à longues fleurs, surnommé trompette du jugement.
du Japon (fig. 469), d'un blanc pur en dedans, légèrement pourpre en dehors.
eximium, à floraison tardive.
magnifique, fond blanc, lavé de rose.
blanc commun.
Lis à fleurs jaunes orangées et rouges.
Lis
'orangé d'Autriche.
nain, de couleur safranée, flagellé de rouge.
turban, ou de pompone, à pétales roulées en dehors.
des Pyrénées, plus jaune que le précédent.
du Canada.
superbe, le plus beau du genre (fig. 470).
du Kamtschatka, presque égal au précédent.
tigré de la Chine, fleur rouge-orangée, piquetée de noir.
martagon commun, à fleurs roulées en dehors.
prolifère, ou lis jaune commun des Alpes.
de Pensylvanie ou de Philadelphie.
Fig. 469,
Tous ces lis se multiplient par la séparation de leurs caïeux. Le lis prolifère, et quelques autres, se multiplient en outre par les bulbilles qui naissent dans les aisselles des feuilles le long de la tige. Ces bulbilles se détachent d'eux-mêmes, et prennent racine dans le sol. On peut, avec des soins convenables, les faire fleurir en deux ou trois ans; ils reproduisent toujours identiquement la plante qui les a portés.
Quelques lis étrangers, particulièrement le lis superbe et le lis de Pensylvanie, ne prospèrent que dans la terre de bruyère pure. Le lis du Kamtschatka, malgré le climat presque polaire de son pays natal, gèle quelquefois sous le climat de Paris, ce qui ne doit point étonner ceux qui savent qu'au Kamtschatka, l'hiver une fois passé, l'été commence aussitôt, presque sans transition, tandis que pour l'Europe tempérée, l'hiver n'est jamais fini; les froids tardifs surprennent les plantes en pleine végétation, et suffisent pour détruire même celles des climats les plus septentrionaux.
\mathrm{B.} - \text {Tulipes}.
En dehors des collections, plusieurs tulipes d'un mérite réel, indigènes du midi de l'Europe, doivent prendre place dans le parterre. Qui ne connaît la jolie petite tulipe naine duc de Thol, rouge vif bordée de jaune clair, qui fleurit une des premières à l'air libre, et donne sous châssis ses fleurs si parfumées, au milieu de l'hiver? Les autres tulipes de pleine terre sont :
Tulipe
sauvage, à fleur jaune; elle double facilement.
gallique, plus petite, verte en dehors, tachée de rouge.
de Cels, jaune, rouge en dehors.
de l'Echuse (fig. 471), rose bordée de bleu; très petite.
œil du soleil, rouge-jaune et pourpre; couleurs très vives.
turque (trois variétés de diverses couleurs).
bossuelle, jaune ou blanche, rayée de rouge.
Fig. 471.
Toutes ces plantes sont très rustiques et faciles à cultiver; une bonne terre ordinaire de jardin leur suffit. On peut laisser les ognons en terre toute l'année, mais il vaut mieux, après la floraison, traiter les ognons comme nous l'avons indiqué pour ceux des tulipes de collection, et les replanter avant l'hiver (voir Plantes de collection).
\mathrm{C. - Fritillaires}.
Trois espèces de fritillaires sont admises dans nos jardins : la couronne impériale, la plus ré-