tile; les sujets faibles, au lieu de s'enraciner, pourrissent et meurent; il vaut donc mieux s'en tenir à l'incision horizontale.
Le plus grand nombre des marcottes ne se fait point dans la terre du pot, mais dans des pots à part, exclusivement adaptés à cet usage (fig. 450). Les plantes d'œillets de collection, seu-
lement âgées de deux ou trois ans, ne poussent que rarement et faiblement du pied ; les pousses à marcotter sont situées à différentes hauteurs sur la tige; il faut les marcotter sans les dé-ranger. On emploie communément un pot de très petites dimensions, muni d'une fente laté-rale; la marcotte s'y insère, dégarnie de feuilles, comme le montrela figure 450; on le remplit ensuite de terre à œillets, on recouvre de mousse sa surface et on l'arrosè fréquemment, mais très peu à la fois.
Les vrais amateurs ne sauraient employer rien de plus convenable pour cet usage que le cornet double en zinc ou en plomb laminé, s'ouvrant à charnière (fig. 451). La seconde cavité
se tient constamment remplie d'eau; une meche de coton, en vertù de la capillarité, porte à volonté une humidité suffisante sur la terre de la marcotte.
Quel que soit le mode de marcottage employé, il est bon de séparer les marcottes de la plante-mère aussitôt qu'elles sont enracinées, ce qui a lieu d'ordinaire au bout de 30 à 40 jours ; on s'en aperçoit à l'allongement des feuilles centrales, qui ne recommencent point à pousser avant la formation des nouvelles racines. Cependant beaucoup de praticiens ne sèvrent les marcottes qu'à la fin de l'automne, ce qui doit fatiguer beaucoup les plantes-mères.
L'époque la meilleure pour le marcottage est celle de la pleine floraison des œillets. Beaucoup d'amateurs, pour ne pas nuire au coup d'œil de leurs collections, attendent que les œillets à marcoiter aient passé fleur; mais alors, leur végétation n'étant plus assez active, le succès de l'opération devient très incertain. Les marcottes enracinées, mises dans des pots de dimensions convenables, suivent le traitement ultérieur des plantes parfaites; elles fleurissent au printemps suivant, un peu avant les vieilles plantes; les boutures se font à la même époque et dans la même terre que les marcottes. Ce moyen de multiplication est préférable à tout autre pour les variétés plus sujettes que les autres à dégénérer; elles doivent être mises en terre dans une situation courbée, de manière à ce que la partie qui doit s'enraciner se trouve placée horizontalement.
B. — Préparation du sol.
En Belgique, la terre pour les œillets est formée d'un tiers de terre franche normale et de deux tiers de terreau bien consommé; on prépare le mélange bien incorporé plusieurs mois avant de s'en servir. En Angleterre, on compose la terre à œillets de 3 parties de fumier de cheval très consommé, deux parties de terre franche et une partie de sable fin. Comme on la prépare un an d'avance, le fumier qu'on prend ordinairement dans les couches épuisées après avoir produit des concombres ou des melons, se convertit en terreau, de sorte que les deux recettes reviennent à peu près au même. Quant au sable, nous croyons que dans toute terre tant soit peu compacte et argileuse, sa présence dans la proportion d'un sixième ne peut qu'être utile aux œillets. Il est à remarquer que, quand les couleurs d'un œillet se brouillent et s'altèrent, on le rétablit quelquefois en le plantant en pleine terre, en terre franche sans fumier; mais il ne pourrait continuer à y végéter longtemps sans s'altérer de nouveau. M. Ragonnot-Godefroi, habile horticulteur qui s'est occupé spécialement de la culture des œillets, considère une bonne terre à blé ordinaire, argilo-siliceuse, facile à diviser, comme très convenable à la végétation des œillets.
C. — Détails de culture.
Les œillets semés en terrines ou dans des pots sont souvent repiqués pendant la bonne saison en pleine terre avant leur première floraison ; on ne met alors en pots que les plantes qui ont donné des fleurs dignes de figurer dans la collection; les autres servent à orner les plates-bandes du parterre. Les marcottes et les boutures enracinées, ainsi que les bonnes plantes de semis, se cultivent dans des pots à la condition d'un rempotage annuel. Beaucoup d'a-