donne plus de facilité pour sortir et rentrer les calcéolaires et les faire concourir en été à l'ornement du jardin. Le plant repiqué veut être entretenu par des bassinages modérés ; il craint autant l'excès de l'humidité que la sécheresse. Durant l'hiver, les jeunes calcéolaires veulent, comme les pélargoniums, le plus de lumière possible dans la serre, et une température qui ne dépasse pas 10 degrés et ne descende pas plus bas que 4 ou 5 au-dessous de 0. Les calcéolaires anciennes qu'on multiplie de boute reprennent très facilement, pourvu qu'on prévienne leur desséchement en empêchant la transpiration, jusqu'à ce qu'elles se soient formé de jeunes racines : c'est ce qu'on nomme boutures à l'étoulfee. On place sous une cloche plusieurs boutures faites en terre de bruyère dans de très petits pots; les bords de cette cloche doivent entrer en terre de quelques millimètres tout autour, afin d'empêcher l'introduction de l'air; la couche est en outre recouverte de son châssis vitré. Quand les boutures montrent quelques feuilles nouvelles, indice certain de leur reprise, on ôte d'abord les cloches en tenant le châssis fermé; puis on soulève par degrés les panneaux pour habituer les jeunes plantes à l'air; on les traite ensuite comme le plant obtenu de semis. Les espèces de calcéolaires à tiges ligneuses et sous-ligneuses, sont celles qui reprennent le plus facilement de boutures; l'époque la plus convenable pour commencer à les bouturer est la fin d'octobre; les plantes convenablement soignées passent très bien l'hiver; elles fleurissent au printemps suivant.
B. — Détails de culture.
Les calcéolaires croissent naturellement au Chili et au Pérou, dans des vallons humides, au pied des montagnes; l'humidité et la chaleur sont donc les deux bases indispensables de leur végétation; les espèces sous - ligneuses et ligneuses veulent un sol riche, tel qu'un mélange de bon terreau et de terre de bruyère; ces calcéolaires déploient tout le luxe de leur végétation dans la plate-bande où l'on peut les laisser tout l'été; leurs fleurs s'y succèdent sans interruption jusqu'en automne; on les rentre à la même époque que les pélargoniums. Le rempotage est pour les calcéolaires une opération délicate dont elles ont toujours beaucoup à souffrir à cause de l'excessive délicatesse de leurs racines; il faut donc ne les changer de pots qu'en cas de nécessité, et les déranger le moins possible, c'est-à-dire laisser leur motte entière en la plaçant dans un pot plus grand, et l'entourer de terre nouvelle.
Aucune plante n'est plus sujette que les calcéolaires aux attaques des pucerons; dès qu'on remarque sur une seule plante une feuille roulée sur elle-même, on doit sans tarder donner une abondante fumigation de tabac, renouveeetant que les pucerons n'ont pas complètement disparu, car ces insectes détroisent en très peu de temps les calcéolaires sur lesquelles on leur permet de multiplier en liberté.
Les calcéolaires n'ont une valeur élevée que lorsque des variétés nouvelles sont offertes aux amateurs riches, pressés de les ajouter à leur collection; en Angleterre, à l'époque où parurent les premières calcéolaires hybrides, 1832, MM. Young (d'Edimbourg), les ont vendues jusqu'à 50 fr. la pièce (2 liv. sterl.); à Paris, au moment où nous écrivons (1843), une collection de 50 calcéolaires de bon choix, contenant beaucoup de nouveautés, vaut de 50 à 60 fr. Les nouveautés n'ont pas de valeur déterminée.
\S \text {III. - Verveines.}
Les verveines, indépendamment de leurs caractères botaniques, se partagent, sous le rapport de l'horticulture, en deux grandes classes, dont l'une comprend les verveines à tiges ligneuses qui sont de jolis sous-arbrisseaux de serre tempérée, et les verveines à tiges herbacées, qui constituent à proprement parler les verveines de collection. Les premières fleurissent en épi; leurs fleurs sont peu développées; elles ont une agréable odeur quelquefois répan-due dans toutes les parties de la plante, comme chez la verveine de Miquelon; les secondes fleurissent en corymbe ou en épi serré et touffu; leurs fleurs, plus grandes, sont presque toutes inodores, mais elles se succèdent avec profusion pendant tout l'été.
Les plus remarquables des verveines herbacées sont : 1° la verveine Mélindres, dont les graines ont été envoyées en 1826, de Buenos- Ayres, à M. Perry, horticulteur anglais qui le premier les a introduites en Angleterre, et a commencé à mettre les verveines en faveur; 2° les verveines à feuilles de chamoedrys, toutes plus ou moins odorantes; 3° la verveine élégante, inodore, recommandable par l'abondance de sa floraison; 4° la verveine gentille, (pulchella) (fig. 496), la plus répandue dans
Fig. 496.
les parterres où elle est aussi cultivée sous le nom de verveine de sabine.
A. — Multiplication.
Les verveines se multipliant exclusivement