destination. Les variétés anciennes se propagent principalement par la division des toutfes à l'arrière-saison; elles reprennent aussi très facilement de bouture.
Les cinéraires veulent peu d'eau à toutes les époques de leur existence; il ne leur en faut presque pas en hiver; elles vivent très bien dans des pots qu'on enterre dans les platesbandes du parterre où elles peuvent rester de la fin d'avril au 15 octobre; on les rentre ensuite dans l'orangerie. Il ne faut pas conserver au-delà de deux ou trois ans au plus les touffes des cinéraires, dont la fleur dégénère à mesure que les plantes vieillissent; on doit toujours être muni de jeune plant pour remplacer les plantes épaissies. La fig. 497 représente un cinéraire de collection.
§ V. — Mézembrianthèmes.
Le nom de cette plante est formé de deux mots grecs qui signifient fleur de midi, quoique beaucoup de mézembrianthèmes ne s'ouvrent que le soir, et que d'autres ne fleurissent que pendant la nuit. Les jardiniers les désignent plus généralement sous le nom de ficoïdes, nom tiré de la ressemblance du fruit de plusieurs espèces avec celui du figuier. Aux environs du cap de Bonne-Espérance, les Hottentots mangent le fruit du mezembrianthemum edule, fruit assez fade et peu agréable au goût, mais qui n'a rien de malfaisant. Quelques mezembrianthèmes sont annuelles et bisannuelles, les autres sont vivaces ; elles se distinguent par la succulence de toutes leurs parties et par leurs feuilles charnues, dont la substance offre beaucoup d'analogie avec celle des feuilles de plusieurs sedums. Ce sont en général des plantes peu délicates qui résistent bien à la sécheresse et à la chaleur; on les voit souvent fleurir sur des rochers entièrement dépourvus de terre végétale. Leurs fleurs sont inodores pour la plupart; elles ne sont cultivées que pour la vivacité de leurs couleurs rose, feu, jaune, et pourpré-clair. Quelques espèces indigènes en Égypte et en Italie, y croissent en grande abondance; on les brûle pour extraire de leurs cendres la potasse qu'elles contiennent en grande quantité.
A. — Multiplication.
La mozembrianthème glaciale et la tricolore, ou ficoïde annuelle, se multipliant de graines semées aussitôt après leur maturité, en bonne terre ordinaire de jardin, et repiquées fort jeunes dans des pots de grandeur convenable; il leur faut très peu d'eau à toutes les époques de leur existence. Les autres espèces, quoiqu'elles puissent également donner des graines fertiles, se multipliant de boutures qui reprennent très facilement. Il ne faut pas les mettre en terre aussitôt après qu'on les a détachées de la tige; on doit laisser la plaie se sécher, ou pour mieux dire, se ressuyer à l'air libre, sans quoi les boutures pourriraient et ne formeraient pas de racines. Les espèces de ce genre sont très nombreuses; on n'en compte pas moins de 248, admises par les botanistes, sans compter les variétés. Toutes les variétés de mézembrianthèmes donnent en abondance des graines fertiles; si l'on préfère les multiplier de bouture, c'est parce que, par ce dernier procédé, on obtient plus promptement des sujets vigoureux, d'une riche floraison.
Les croisements hybrides ont déjà donné de fort belles sous-variétés de mézembrianthèmes; plusieurs hybrides d'une beauté remarquable, ont été obtenues récemment au Jardin du Roi.
B. — Détails de culture.
La terre qui convient le mieux aux mézembrianthèmes est un sol léger et graveleux ; les espèces à tiges sous-ligneuses craignent plus que les autres un excès d'humidité ; il ne faut les arroser que pendant qu'elles sont en végétation ; il n'y a aucun danger à laisser la terre des pots se dessécher complètement pendant l'hiver. Plus le sol où végètent ces plantes est pauvre et aride, moins elles prennent de développement, mais aussi, plus leur floraison est abondante ; cultivées dans un sol riche, elles ne donnent presque que des tiges et des feuilles et ne fleurissent presque pas. Elles ont plus à souffrir de l'humidité que du froid, et quoiqu'elles ne puissent être considérées comme de pleine-terre, sous le climat de Paris, il en est beaucoup qui résisteraient, à l'air libre, à nos hivers ordinaires dans une situation abritée. Les mézembrianthèmes à tiges sous - ligneuses passent très bien la belle saison en pleine-terre; on les rentre en hiver dans l'orangerie ; toutes les autres, cultivées dans des pots, peuvent être sorties un peu plus tôt, et rentrées un peu plus tard que les pelargoniums et les calceolaires.
Les Anglais tirent un très grand parti des mézembrianthèmes pour décorer la plate-bande qui règne le long du mur antérieur des serres, à l'exposition du midi; ces plantes y sont cultivées en pleine-terre, les plus grandes le long du mur, et les plus petites sur le devant; on choisit pour cette destination les espèces qui contrastent le plus, par la couleur de leur fleur et la forme bizarre de leur feuillage, telles que les mézembrianthèmes, inclaudens, aurentium, deltoïdes, perfoliatum, barbatum, et quelques autres. Leur situation en avant de la serre permet de leur donner très aisément la protection