grands sont plus nuisibles qu'utiles aux camé-las comme à toute autre espèce de plantes de serre; quand la motte de terre est trop volumineuse, il est difficile d'éviter de donner aux racines un excès d'humidité qui n'est jamais à craindre dans des pots plus petits.

C. — Serre aux camélias.

Les serres à un seul versant ne conviennent point aux camélias; quelque soin qu'on prenne de les retourner fréquemment, l'inégale répartition de la lumière les fait toujours pousser plus d'un côté que de l'autre; pour peu qu'on néglige de les déplacer, ils deviennent semblables à ces bouquets placés sur les autels, qui, devant être vus seulement par-devant, sont totalement dégarnis par-derrière. C'est ce qui n'arrive jamais dans une serre à deux versants; la lumière plus également distribuée permet au camélia d'y prendre naturellement la formed d'un arbuste gracieux où les branches, le feuillage et les fleurs sont répartis avec la plus élégante symétrie.

D — Rempotage.

On peut rempoter en toute saison lorsqu'il s'agit seulement de donner un pot plus grand à un camélia qui se trouve à l'étroit; ce besoin de l'arbuste est indiqué par plusieurs symptômes évidents; les pousses nouvelles jaunissent, les boutons à fleurs se dessèchent et tombent, les racines sortent par le trou inférieur du pot; alors, en quelque saison de l'année que ce soit, il faut rempoter en évitant d'offenser les racines et en laissant à cet effet la motte aussi entière que possible. Hors ce cas exceptionnel, deux époques sont particulièrement convenables pour rempoter les camélias. La première commence aussitôt que la floraison est terminée, pour durer jusque vers la fin de mai; la seconde commence quand la sève devient stationnaire; elle se prolonge jusque vers le 15 octobre; on ne peut les déterminer ni l'une ni l'autre avec plus de précision; elles varient selon la température, d'une année à l'autre. Les camélias peuvent rester trois ans dans les mêmes pots; ceux qu'on leur donne au bout de ce temps doivent avoir en diamètre et en profondeur, quelques centimètres de plus que les précédents. Mais, en suivant constamment cette progression pendant toute l'existence des arbustes qui peuvent vivre fort longtemps, on arriverait à des dimensions colossales; heureusement cela n'est pas nécessaire; après 3 ou 4 rempotages dans des pots toujours plus grands, on peut revenir à d'autres de moindres dimensions sans nuire sensiblement aux camélias. On détache alors entièrement la terre adhérente aux racines pour les mettre tout-à-fait à nu; on en retranche une bonne partie, puis on leur rend aussitôt, le plus rapidement possible, une terre plus substantielle que celle qu'on vient de leur retirer; il ne faut pas oublier de réduire les branches dans la même proportion. Par ce moyen, l'arbuste, sans cesser de se bien porter et de fleurir abondamment, se maintient dans les proportions qu'il ne doit pas dépasser, sous peine de laisser envahir la serre par un petit nombre de très grands camélias. A chaque nouveau rempotage on garnit le fond des pots de gros gravier ou, ce qui est préférable, de fragments de poterie; la motte, soit qu'on rafraîchisse les racines, soit qu'on s'abstienne d'y toucher, est toujours entourée de quelques centimètres de terre nouvelle.

E. — Arrosages.

Le camélia doué d'un feuillage abondant et persistant, perd beaucoup par la transpiration; la terre qui le nourrit doit donc être tenue constamment humide par des arrosages bien ménagés, car s'ils étaient trop abondants, les racines, ne pouvant absorber à mesure la quantité d'eau avec laquelle elles se trouveraient en contact, ne tarderaient pas à pourrir. Il importe beaucoup de ne point laisser passer plusieurs jours de suite sans arroser les camélias; faute de cette précaution, il arrive assez souvent qu'un camélia meurt de sécheresse, bien qu'on lui donne de l'eau tous les jours; c'est qu'il avait été précédemment pris par la sécheresse. La terre de bruyère en se desséchant devient une véritable pierre où les racines du camélia sont comme incrustées; en cet état, elle devient imperméable à l'eau; arrosez la tant que vous voudrez, l'eau filtrera le long des parois du pot et s'égouttera par le trou inférieur, sans que les racines s'en ressentent. Dès qu'on soupçonne un tel accident, il faut dépoter sans retard, enlever soigneusement toute la terre des séchée, rafraîchir les racines, et leur donner la meilleure terre nouvelle dont on dispose. L'arbuste doit alors être rabattu très court et placé sur une bonne couche tiède sous châssis, où il ne tarde pas à se refaire, car il est naturellement très robuste et capable de supporter beaucoup d'accidents sans périr.

Un excès d'humidité endommage les camélias tout autant qu'une sécheresse trop prolongée ; le premier effet d'un arrosement mal ménagé c'est la chute des boutons, accident irréparable qui détruit pour une année tout entière les espérances de l'horticulteur. Les boutons du camélia adhèrent très peu à leur pédoncule; il suffit, pour les faire tomber, que l'atmosphère de la serre soit un peu trop chargée de vapeurs humides, quand même la terre des pots n'aurait pas reçu plus d'eau qu'il ne lui en revient. La couleur des écailles du calice peut faire présager cet accident; lorsqu'elles restent verdâtres, on peut juger que la floraison se fera régulièrement; si elles jaunissent, le bouton, ayant d'ailleurs les apparences de la santé, on peut craindre qu'il ne tombe avant de fleurir; si elles sont noirâtres, il est à peu près certain que le bouton ne fleurira pas. Ces indications peuvent servir de règle aux acheteurs inexpérimentés et leur éviter de grands désappointements. On a proposé, comme un moyen