la fig. 503 le plan d'une serre de ce genre qui
Fig. 503.
doit être vitrée de tous les côtés, et n'avoir de maconnerie qu'à hauteur d'appui. On voit dans la fig. 502 la disposition des conduits de chaleur; ces conduits ne doivent donner en hiver qu'une température habituelle de 5 à 6 degrés, température qui, dans aucun cas, nedoit dépasser 10 degrés. Une orangerie de cette espèce forme un charmant jardin d'hiver.
Les orangers nains, particulièrement les petits orangers de la Chine, dont la fleur est préférable à toute autre pour la préparation de l'eau de fleur d'oranger, se placent entre les grands orangers, près des jours; les orangers de grande taille, livrés à leur végétation naturelle, forment de gracieuses allées couvertes, garnies de fleurs presqu'en tout temps; on peut même y récolter quelques fruits mangeables.
La culture des citronniers, cédratiers, limettiers, et de toutes leurs variétés, se rapporte de point en point à celle de l'oranger; tous ces arbres exigent la même terre, la même température, la même taille, et les mêmes soins généraux de culture. Ils apportent une agréable variété dans les plantations d'orangers en pleine terre sous l'abri d'une orangerie vitrée, selon la méthode anglaise.
C. — Grenadiers.
Les deux variétés de cet arbre, l'une à fleur d'un rouge éclatant, l'autre d'un blanc jaunâtre, exigent les mêmes soins de culture que les orangers; ils veulent seulement être taillés un peu différemment, parce qu'il est dans leur nature de ne donner des fleurs que sur l'extrémité des pousses de l'année; le but de la taille est donc de provoquer sur toutes les parties du grenadier l'émission de jets annuels assez forts pour fleurir, et assez nombreux pour qu'au moment de la floraison, les fleurs soient également réparties sur toutes les branches de l'arbre. Dans ce but, on supprime annuellement un certain nombre de branches secondaires épuisées; elles sont remplacées par de jeunes pousses qui fleurissent abondamment; cette taille se donne en hiver, pendant le repos de la sève; l'époque la plus convenable est la fin de février. Dans les années chaudes et sèches, le grenadier à fleur simple donne des fruits à peu près mûrs sous le climat de Paris; il en donne de tout-à-fait mûrs et en grande quantité, lorsqu'on le cultive en espalier sur le mur du fond d'une serre à un seul versant, de même que l'oranger.
\S \text {II.} - \text {Ericas.}
Ce joli genre de plantes, que M. Poiteau a si bien caractérisé en disant que les éricas sont des arbres en miniature, est en effet composé de plantes à tiges ligneuses, même chez les plus petites espèces. Leur nom est dérivé d'un mot grec qui signifie fragile, parce qu'en effet, leurs tiges très peu succulentes, se cassent facilement.
Les éricas ont été longtemps fort négligées de l'horticulture qui ne s'attachait point à tirer parti de leur effet ornemental; jusqu'à la fin du siècle dernier, on n'en connaissait que trois ou quatre espèces de petite taille répandues dans toutes les contrées incultes de l'ouest et du nord de l'Europe, et une seule espèce de grande taille, la bruyère d'Espagne, qui s'élève à 2m ,50 sur les collines du département du Var. Mais depuis que le Cap de Bonne-Espérance est tombé entre les mains des Anglais, les collecteurs des grands établissements d'horticulture ont envoyé en Angleterre des graines des plus belles espèces indigènes dans cette partie de l'Afrique; dès lors, les éricas sont devenues des plantes de collection. Le goût de cette culture a été tout aussitôt importé en France; on voyait déjà à Paris en 1802 des collections de bruyères de plus de 200 espèces ou variétés.
Nous n'insisterons point sur les services que cette jolie plante rend à l'humanité dans les contrées steriles; nous nous bornerons à rappeler qu'elle forme à elle seule le coucher du montagnard écossais et la toiture de sa cabane; les abeilles récoltent dans ses fleurs un miel un peu brun, mais très abondant; les anciens Pictes d'Ecosse fabriquaient une sorte de bière avec les jeunes pousses de la bruyère de leur pays, usage encore pratiqué de nos jours dans les îles Westernes; enfin les grandes bruyères sont la base du chauffage dans la Basse-Provence; le biscuit pour la marine, à Toulon, n'est cuit qu'avec des fagots ou fascines, dont la grande bruyère d'Espagne forme la base, associée aux myrites et aux arbousiers; ces fascines sont liées ordinairément avec des branches flexibles de laurier rose.
Le nom de M. Francis Masson, horticulteur anglais, se rattaché à l'importation en Europe des premières bruyères d'Afrique, que cet explorateur zélé alla chercher lui-même aux environs du cap de Bonne-Espérance, vers le commencement du règne de Georges III. Beaucoup d'éricas sont de magnifiques arbustes d'une grande richesse de floraison, et d'un luxe étonnant de végétation, lorsqu'on les cultive en pleine terre dans le conservatoire (voir page 47); d'autres sont remarquables par leur petitesse et la délicatesse de leurs formes; toutes sont jolies, gracieuses ou bizarres; plusieurs ont une odeur agréable.
L'horticulture française est dépassée par les