faut tout au plus deux ans, quand le plant ne
semble pas très vigoureux.
Le hêtre, le chêne et le châtaignier, si leur plant a été repiqué à un an dans un sol riche et profond, et qu'ils aient ensuite passé deux ans en pépinière, sont bons à être mis en place. Les principales espèces d'arbres à feuilles caduques sont dans le même cas.
Plus le sol est riche, plus il donne de chances de succès aux plantations d'arbres cultivés en pépinière assez longtemps pour y devenir grands et forts.
B. — Epoque des plantations.
Les arbres d'ornement se plantent comme les arbres fruitiers, soit au printemps, soit en automne. Les plantations de printemps réussissent bien quand le sol est bon, et que les sujets sont vigoureux; les plantations d'automne ont plus de chances de succès quand la terre est médiocre ou décidément mauvaise, et que les sujets n'ont pas une très grande vigueur. Mais la nécessité d'obéir aux circonstances, décide bien plus souvent qu'une volonté raisonnée, du moment où s'exécute une plantation; elle peut être faite entre la fin d'octobre et le commencement d'avril, en choisissant un temps couvert, mais doux et sans pluie. Quand les plantations couvrent une grande étendue de terrain, elles ne doivent pas être faites toutes à la fois sur les parties du terrain de nature diverse; on plante en décembre ou janvier dans les terrains les plus légers et les plus secs; on ne plante qu'en février ou mars dans les terres les plus fortes, sujettes à retenir l'eau; nous devons dire cependant que les praticiens les plus expérimentés préparent leur terrain en décembre, et plantent les arbres d'ornement au printemps; nous sommes entièrement de leur avis; une plantation d'automne peut réussir sans doute, et c'est ce qui a lieu quelquefois; une plantation de printemps réussit toujours. Les conifères se plantent avec avantage quand le printemps est déjà assez avancé, du 15 au 30 avril; il ne faut les laisser hors de terre que le temps indispensable à l'opération; on risque de perdre tout le plant qui n'est pas mis en place dans la journée où il a été arraché. Quand le sol est très sec et sablon-neux, le plant conserve très peu de terre à ses racines; dans tous les cas, il faut éviter soigneusement d'en détacher la terre qui peut y adhérer; plus les conifères emportent avec elles de leur terre natale attachée à leurs racines, plus la plantation a de chances de succès.
C. — Diverses manières de planter.
Deux personnes sont ordinairement employées à planter; l'une maintient l'arbre dans la position qu'il doit avoir, pendant que l'autre comble le trou, et comprime la terre avec le pied, autour du collet des racines. L'emploi de deux ouvriers est indispensable quand on plante des sujets ayant hors de terre un mètre ou au-delà ; pour les arbres plus petits, un seul ouvrier peut faire toute l'opération. Pour les arbres délicats qui exigent des soins particuliers on prend quelques précautions qui ne doivent jamais être négligées; telle est surtout celle de remuer à la bêche la terre déposée sur le bord des trous, et de la retourner comme du mortier, avant d'en remplir les trous. Telle est encore la coutume de plonger les racines des arbres dans une bouillie liquide formée de bonne terre mêlée de bouse de vache délayée dans l'eau.
Nous rappelons ici la recommandation que nous avons cru devoir faire, contrairement à la coutume généralement pratiquée de ne pas remuer le sous-sol lorsqu'il est de nature à retenir l'eau, et de ne défoncer qu'à une profondeur bornée à l'épaisseur de la couche à la fois pénétrable et saine; par le même motif, les Anglais sont unanimes pour blâmer les trous auxquels on donne trop de profondeur, pour la plantation des arbres d'ornement comme pour celle des arbres fruitiers.
Nous devons faire connaître la méthode expéditive suivie en Écosse pour les grandes plantations; partout où le sol est de bonne nature, reposant sur un sous-sol qu'il vaut mieux ne pas entamer, on peut trouver beaucoup d'avantages à se servir de la méthode écossaise pour planter rapidement de grandes surfaces dans les jardins paysagers d'une grande étendue. On donne d'abord à l'ensemble du terrain un défoncement général à 0m , 40 ou 0m , 50 de profondeur; on laisse le sol se rasseoir pendant quelque temps, puis on marque la place des arbres à planter. Alors un ouvrier armé d'une bèche flamande à lame très large et bien tranchante, donne à la place destinée à chaque arbre trois coups bien perpendiculaires, qui se croisent comme le représentent les lignes de la fig. 520, de manière à figurer une étoile, et
Fig. 520.
qui pénètrent dans le sol de toute la longueur du fer de bêche. Cela fait, l'ouvrier donne un quatrième coup qui coupe à angle droit l'une des fentes précédentes, précisément au point où l'arbre doit être planté, en A, fig. 520. Avant de retirer la bêche de terre, il attire le manche vers lui, ce qui produit un écartement suffisant pour y introduire les racines du jeune arbre; mais en même temps que la terre s'écarte au point A, les autres fentes produites par les coups de bêche croisés s'entr'ouvrent également; on y introduit les racines du jeune arbre; puis on retire la bêche, et les fentes se referment d'elles-mêmes. On recouvre ensuite le