racines très délicates des pêchers et abricotiers en espaliers; dans ce cas, l'arbre périt quelquefois en peu de jours, avec tout son fruit prêt à être cueilli. Il ne faut donc pas attendre que les feuilles commencent à se faner pour donner de l'eau au pied de ces arbres durant les sécheresses trop prolongées; un peu trop d'eau ne pouvant leur être fort nuisible, on déchaussera légèrement le bas du tronc, et l'on mouillera largement un peu après le soleil couché, tandis qu'avec un arrosoir à boule percée de trous très fins, on humectera le feuillage et les fruits qui ne pourront qu'y gagner.
Il est bon de ne pas trop se hâter d'enlever les feuilles qui couvrent les pêches, principalement celles des espèces tardives. Il est temps de les exposer au soleil quand elles approchent de leur maturité; si le feuillage leur ôte un peu de couleur, il peut en récompense les préserver des atteintes de la grêle lorsqu'elle n'est pas trop violente. L'on a souvent à regretter après un orage d'avoir dégarni trop tôt les pêches tardives.
Les limaçons et les perce-oreilles sont les plus dangereux ennemis des abricots et des pêches, même avant leur parfaite maturité. La chasse aux limaçons se fait le matin, avant que le soleil n'ait dissipé la rosée, et à toute heure du jour après une pluie abondante ou modérée. Nous rappelons, pour la destruction des perce-oreilles, l'emploi des sabots de veau et de mouton, que nous avons déjà conseillé en traitant de la culture des œillets de collection; nous ne connaissons pas de procédé d'un succès plus certain; on trouve le matin les sabots remplis de ces insectes nuisibles.
Quelques praticiens greffent en écusson à œil dormant, dès la fin de juillet, les arbres à fruits en pépinières. Ces greffes réussissent rarement; il faut pour y avoir recours qu'on en ait un très grand nombre à faire à la fois et qu'on soit pressé par le temps : dans tous les autres cas, il est préférable de les différer jusqu'après la sève du mois d'août; le succès en est alors assuré.
Les premières poires mûres, à la fin de juillet, sont un produit important pour le jardinier-marchand et une grande jouissance pour le jardinier-amateur. La meilleure des poires précoces, trop peu multipliées dans nos jardins, est la poire d'épargne ou de cueillette, qu'on peut avec des soins obtenir parfaitement mûre à la fin de juillet, non-seulement en espalier, mais même en quenouille. Les boutons à fruit de cette précieuse variété sont assez allongés et peu adhérents; on doit donc avoir soin de ne pas les endommager en cueillant les fruits. Les alternatives de bonnes et de mauvaises récoltes n'ont souvent pas d'autre cause que la destruction d'une partie des boutons fertiles dans les années d'abondance.
\S \text {IV.} - \text {Orangerie et serre.}
L'orangerie est à peu près vide; on arrose modérément les boutures de cactus et autres plantes grasses faites le mois précédent; on préserve des insectes les plantes en pots et caisses placés en plein air, et on les arrose selon le besoin. La serre chaude-humide qui contient les épidendrées reste seule garnie, et très souvent la chaleur extérieure, même en juillet, est insuffisante; un peu de chaleur artificielle est indispensable de temps en temps. Malgré les dépenses énormes qu'entraîne ce genre de serres, le moment approche peut-être où elles deviendront un objet de produit. Les essais tentés pour la culture de la vanille, essais couronnés d'un plein succès, pourront, sinon donner de grands bénéfices, du moins couvrir les frais, et permettre à un plus grand nombre d'amateurs les jouissances de la culture dispendieuse des plantes intertropicales. La vanille paraît n'exiger que de l'humidité et une chaleur constante ; il faut soutenir ses tiges grimpantes, mais sans leur faire éprouver aucune torsion.
AOUT.
\S^ {\text {Ier.}} - \text {Jardin potager}.
Cornichons. — Les cornichons, dont la récolte a commencé dès le mois précédent, sont encore en pleine récolte dans le mois d'août. Nous ne parlons, bien entendu, que des cornichons venus en pleine terre, d'après les procédés que nous avons indiqués. Quant à ceux qui ont été forcés sur couche sous châssis, et repiqués au commencement de la belle saison pour être vendus comme primeurs, il y a longtemps qu'ils sont épuisés.
Les cornichons peuvent être cultivés avec grand avantage dans le voisinage de toutes les villes importantes. Le concombre, dont la culture est la même, n'est cultivé très en grand que près des grandes villes du midi de la France ; ailleurs, et spécialement à Paris, sa consommation n'est pas fort étendue.
Peu de plantes sont aussi productives, et si l'on ne tenait pas à la qualité du fruit, ses produits pourraient être encore plus abondants. L'usage ordinaire est de pincer les branches principales au sixième œil, pour provoquer le développement des branches latérales, qu'on arrête de la même manière, en supprimant même tout-à-fait celles qui s'emportent. Cette taille n'a rien de difficile, la plante n'est point délicate. Nous avons vu des jardiniers, pour ne pas prendre la peine de se baisser, raccourcir les jets, à peu près à la longueur voulue, à l'aide d'une bêche bien tranchante; leur récolte n'en paraissait pas sensiblement diminuée. L'essentiel, c'est que les cornichons et concombres aient reçu au moment de leur mise en place une quantité suffisante de bon fumier, et qu'ensuite l'eau ne leur ait pas manqué selon le besoin.
Pendant le mois d'août il faut arroser largement, sans compter sur les pluies d'orage ordinairement fréquentes dans cette saison. L'eau très chargée d'électricité nuit plus qu'elle ne