fruit dans la pépinière, de marquer sur l'écorce le côté du nord, afin de les orienter en les plantant comme ils l'étaient sur leur sol natál. La plantation à la fin de novembre, sans dépasser le milieu de décembre, peut faire gagner une année sur la mise à fruit des arbres nains.
Quoique la plantation des autres arbres à fruits puisse être différée, nous pensons que, pour les poiriers et pommiers, spécialement quand ils doivent être taillés en quenouille ou pyramide, la dernière quinzaine de novembre et la première de décembre sont l'époque la plus favorable.
\S \text {III.} - \text {Parterre.}
On y vient encore, durant les derniers beaux jours connus dans toute la France sous le nom d'été de Saint-Martin, chercher les derniers asters, les chrysanthèmes alors en pleine fleur, les derniers brins de réséda, et quelques roses du Bengale.
Le jardinier, après avoir recépé les rosiers du Bengale et recouvert de feuilles les souches les plus délicates, dédoublet les pieds trop vigoureux de phlox, d'héliantes et d'autres plantes vivaces, arraché pour les rentrer dans l'orangerie les tubercules des dahlias, dit adieu pour longtemps au parterre qui n'a plus besoin de sa présence. Il n'y reviendra plus que de loin en loin pour tailler les rosiers greffés sur églantier, soigner ses violettes perpétuelles, et visiter quelques rares fleurs d'hiver en pleine terre, comme les perce-neige et les hellébores, jusqu'à ce que le printemps revienne, avec son cortège de fleurs, le rappeler à la partie la plus agréable de ses travaux.
Les planches de violettes plantées au mois d'août doivent être entourées d'un bourrelet de paille et recouvertes de paillassons pendant la nuit seulement ; des piquets, plantés de distance en distance dans la plate-bande, supportent ces paillassons et les empêchent de froisser les violettes.
\S \text {IV.} - \text {Orangerie et serre.}
L'hiver est la saison de l'année où l'orangerie et la serre exigent la présence la plus assidue du jardinier. Dans l'orangerie il aura bien rarement l'occasion d'allumer du feu en novembre; il n'aura même recours plus tard à la chaleur artificielle que pendant les froids les plus vifs. Pour décorer et parfumer en même temps l'orangerie, il y tiendra quelques rosiers de Bengale en caisse, des résédas et des héliotropes; mais ces derniers réussiront mieux dans la serre tempérée pour donner leurs fleurs en hiver. Les camélias dont on possède maintenant un si grand nombre de belles variétés, ont une orangerie à part chez les jardiniers marchands et chez les riches amateurs; la précaution d'humecter souvent leur beau feuillage contribue beaucoup à les entretenir dans un état de vigoureuse végétation pendant l'hiver.
Dans la serre tempérée et la serre chaude, le mois de novembre verra commencer la floraison d'hiver. Tout le monde ne peut pas avoir une serre, ni même une orangerie, mais bien des gens peuvent se permettre une jardinière, joli meuble en bois vernis par-dessus son écorce, avec un vase en zinc destiné à recevoir des fleurs vivantes pour la décoration des appartements. Chaque année la mode des jardinières fait des progrès à Paris; beaucoup de jardiniers trouvent du bénéfice à forcer dans la serre tempérée des bulbes de jacinthes, de tulipes et d'amaryllis, pour entre- tenir les jardinières garnies de fleurs pendant toute la mauvaise saison.
Parmi les personnes opulentes, l'usage s'est établi à Paris de ne plus donner un bal, une soirée, une réunion, en hiver, sans une profusion de fleurs rares, soit cueillies, soit vivantes; il faut des caisses d'arbustes sur l'escalier et dans le vestibule; il faut des bouquets éclatants et parfumés pour masquer l'odeur des mets sur la table du festin; toutes les dames joignent un bouquet à l'inévitable éventail.
C'est pour les jardiniers-fleuristes l'occasion d'un bénéfice qu'ils ne doivent pas négliger ; mais la réalisation d'un gain passager ne doit pas les porter à risquer de déplacer par un temps trop rigoureux des arbustes délicats, objets de soins et d'avances depuis nombre d'années; le prix élevé des fleurs cueillies ne doit pas leur faire mutiler des plantes qui ont ensuite bien de la peine à se refaire après une coupe inconsidérée de leurs rameaux chargés de fleurs.
Quant au jardinier amateur, nous n'avons pas besoin de lui adresser une telle recommandation; il n'est jamais trop porté à dégarnir son orangerie ou sa serre pour offrir des bouquets qui seront flétris au bout d'une heure.
En Belgique, le salon, situé au rez-de-chaussée, est souvent de plain-pied avec l'orangerie ; les jours de réunion, on place dans l'orangerie un tapis et des siéges ; les dames viennent s'y délasser, au milieu des fleurs, des fatigues du bal. On a soin de n'y laisser que les plantes assez robustes pour ne pas trop souffrir de la chaleur et du mauvais air produits par les lumières et une nombreuse assemblée. C'est un moyen simple et naturel pour les amateurs de se faire honneur de leurs plus belles plantes aux yeux de leurs amis.
DÉCEMBRE.
\S \text {I} ^ {\mathrm{cr}}. - \text {Jardin potager}.
Choux. — Le chou, dont plusieurs espèces n'ont acquis toutes leurs qualités qu'après avoir ressenti les effets d'une gelée modérée, ne craint que la neige, surtout lorsqu'après avoir sé-journé longtemps sur le sol, elle fond, non pas toute à la fois, mais par une suite de dégels et de gelées; il arrive alors que l'eau provenant de la neige fondue s'insinue entre toutes les feuilles des pommes de chou, à l'exception de