des travaux préliminaires des semis et plantations.
Nous devons remarquer qu'une cessation absolue du travail préparatoire des semis et plantations dans le cours de ce mois serait souvent préférable à des ouvrages exécutés difficilement et avec des interruptions fréquentes; les ouvriers doivent employer ce temps à leurs occupations sédentaires, pour se livrer avec plus de suite aux travaux forestiers lorsque les jours deviennent plus longs et les intempéries plus supportables.
FÉVRIER.
Comme les froids sont, en moyenne, moins rigoureux dans le mois de février que dans le mois de janvier, le travail prend du développement ; les bûcherons travaillent sans relâche à l'abattage des taillis et des arbres lorsque le sol n'est pas couvert de neige.
On veille, comme on a dû le faire depuis la récolte, à la conservation des graines, en ayant principalement le soin de les préserver à la fois de la sécheresse et du contact de l'humidité.
On peut commencer les plantations qui n'ont pu être exécutées en automne.
Les labours dans les terres qui se gonflent ne doivent être faits qu'à la profondeur de 0m ,03 ou 0m ,04, parce que la radicule ayant une fois atteint le sol non remué, se consolide de manière que le dégel ne peut enlever le jeune plant.
Les travaux d'émondage, d'élagage se poursuivent.
On prépare l'écorcement du chêne dans certaines contrées en coupant les brins de taillis de manière à laisser une partie de l'écorce adhérente à la souche ; les avantages qui en résultent sont d'abréger la durée du travail de l'exploitation définitive et de disposer la souche à pousser des rejetons aussitôt que la sève se met en mouvement.
Lorsque le mois de février est pluvieux, le sol des forêts situées dans les plaines basses est ordinairement inondé. C'est à cette époque que les gardes doivent observer le cours des eaux et le marquer par des jalons, afin de tracer plus tard les fossés de desséchement dans la direction convenable pour procurer l'assainissement.
Les travaux préliminaires de la carbonisation commencent à la fin de février ; on scie le bois qui doit être mis en charbon, de manière à le réduire en bûches de 0m ,65 à 0m ,80 de longueur.
MARS.
C'est ordinairement l'époque du développement d'une grande activité dans les travaux.
Les gelées d'hiver n'étant plus à craindre, l'abattage se poursuit avec activité dans les coupes.
On donne les derniers labours aux terrains qui doivent être ensemencés.
Lorsque les semis forestiers se font avec un mélange d'orge ou d'avoine, l'opération s'exécute dans la dernière quinzaine de mars, après que le sol a été labouré plusieurs fois.
On passe ordinairement un rouleau sur le terrain après le semis et le hersage, surtout dans les terres qui se gonflent après les gelées ou les pluies.
La récolte des céréales viendra en déduction des frais de semis qui se réduisent souvent à très peu de chose, et qui sont même compensés quelquefois par le produit net de cette récolte.
On a soin de ne pas labourer à la charrue les terrains situés en coteaux ; on les divise en bandes alternées, larges d'environ 1 mètre, lesquelles sont disposées de manière que les eaux n'entraînent ni les graines ni les terres; l'une de ces bandes est cultivée à la pioche, tandis que le sol de la bande voisine reste inculte.
Les plantations sont, en général, préférables aux semis lorsque l'on peut se procurer du plant à bon marché. C'est par ce motif que l'établissement d'une pépinière doit être considéré comme indispensable lorsqu'on possède une forêt. On trouve toujours un espace convenable pour l'établir, dans la forêt même ou dans son voisinage immédiat. On épargne les frais et les inconvénients du transport des plants. Si le sol n'est pas d'assez bonne qualité, on l'amende par des mélanges de terres; cette opération ne peut devenir dispendieuse, car l'étendue d'une pépinière, considérée uniquement comme accessoire d'une forêt, est ordinaire-ment suffisante si elle est d'un millième de l'étendue de cette forêt.
La condition la plus importante du succès d'une plantation consiste à n'avoir que des plants garnis, autant que possible, des racines entières et de leur chevelu; on est dispensé d'ététer les tiges.
Les plantations de boutures de peupliers, de saules, de marsaulx s'exécutent dans ce mois; on doit préférer les boutures aux plançons par plusieurs raisons connues des planteurs.
On récèpe les plantations en observant de ménager la souche, de ne couper ni trop haut ni trop bas, et de repiquer du plant dans les places qui ne sont pas suffisamment garnies.
On fait ouvrir des fossés de dessèchement dans les endroits où ils sont nécessaires, si ce travail est praticable. Nous ferons observer à ce sujet que les travaux d'assainissement ne se faisant ordinairement que dans les coupes en exploitation, les eaux s'arrêtent dans les coupes voisines, et qu'il serait bien préférable d'établir dans la forêt entière un système complet d'écoulement des eaux qui serait mis à exécution dans le cours de deux ou trois années.
On achève la récolte des cônes de pins et de mêlèzes.
AVRIL.
C'est dans ce mois que doivent se terminer la plupart des grands travaux forestiers.