La cataracte, ou opacité complète du cristallin, entraîne toujours l'anéantissement de la vue dans l'œil qui en est atteint.

La 2e condition d'intégrité dans l'organe oculaire dépend de la liberté des mouvements de la pupille. Lorsqu'un cheval dont les yeux sont sains est exposé à une grande lumière, sa pupille se resserre ; lorsqu'au grand jour succède l'obscurité, elle se dilate. Sans l'existence de ces mouvements de resserrement et de dilatation, la vue ne saurait être bonne, et l'œil est un organe inutile.

Enfin, les dernières conditions de beauté à rechercher dans les yeux, sont la parfaite égalité de leur volume et l'absence complète, soit sur les paupières, soit sur le chanfrein, soit dans le fond de l'œil, de toutes les traces de maladies.

Dans les chevaux qui sont affectés de la fluxion périodique, maladie caractérisée, comme l'indique son nom, par des accès et des intermittences, l'un des deux yeux est ordinairement plus petit que l'autre, parce qu'il est rentré dans le fond de l'orbite; les paupières portent, comme nous l'avons indiqué, à leur angle nasal, une excoriation plus ou moins profonde, suivant l'ancienneté de la maladie; les parties transparentes de l'œil sont un peu obscurcies; enfin, au fond de l'organe, on observe une teinte feuille-morte, que l'on connait sous le nom de glaucôme. Tous ces signes, assez difficiles à saisir, sont les seuls qui, dans les périodes d'intermittence de la fluxion, peuvent en faire reconnaître la présence. On ne saurait apporter à l'examen des yeux d'un cheval une trop scrupuleuse attention, lorsqu'on a le moindre doute sur l'existence de cette maladie, car elle a pour conséquence inévitable d'entrainer la perte de l'œil qu'elle atteint.

g) Les joues, situées sur les parties latérales de la tête, sont sèches et recouvertes d'une peau fine dans les chevaux bien conformés et d'un bon tempérament. Quelquefois, sur certains chevaux, après chaque repas, elles présentent une tuméfaction longitudinale, due à l'accumulation des matières alimentaires dans l'intervalle qui existe entre leur face interne et l'arcade dentaire. On dit alors, suivant une vieille et triviale expression, que l'animal fait grenier ou magasin. C'est une grave défectuosité, indice certain de l'usure ou de la carie des dents. Les alimens, ainsi accumulés dans la bouche, excitent continuellement la sécrétion de la salive, absorbent en pure perte ce liquide si nécessaire aux digestions, surtout dans les herbivores; puis, plus tard, se décomposent au contact de l'air et exhalent une odeur infecte. Les chevaux sur lesquels s'opèrent une déperdition de salive aussi abondante, sont ordinairement maigres et décharnés.

h) Les naseaux, orifices extérieurs des cavités nasales, sont bordés par deux lèvres mobiles fixées l'une au-dessus de l'autre, dont les réunions sont nommées commissures. Ces lèvres ont pour base des cartilages qui les maintiennent écartées l'une de l'autre, et s'opposent à une obstruction complète de l'ouverture qu'elles bordent.

Les dimensions de ces orifices sont toujours en rapport avec celles des cavités qu'elles font communiquer au dehors. Dans une tête bien conformée, aux larges cavités nasales, les naseaux, aussi fendus et aussi dilatés que possible, sont revêtus d'une membrane rosée, humectée d'un fluide visqueux peu abondant, toujours clair et limpide, et donnent passage sans bruit à une égale quantité d'air. Dans les animaux dont la tête est étroite et busquée, les naseaux sont eux-mêmes rétrécis et peu ouverts.

Sous l'influence de différentes circonstances maladives, qu'il n'est pas de notre devoir d'indiquer ici, la couleur de la membrane nasale est susceptible de varier, et le liquide qu'elle sécrète peut changer de nature et de propriétés. On ne saurait trop apporter de défiance dans l'examen d'un cheval dont la membrane pituitaire, changée dans sa couleur, sécrète en plus grande quantité que dans l'état normal un mucus épaissi, qui, rejeté au dehors, adhère aux ailes du nez. Ce phénomène morbide, que l'on exprime en disant que l'animal jette, coexiste le plus souvent avec des maladies fort redoutables. La présence de plaies sur la membrane nasale doit être aussi considérée comme d'un funeste présage.

Les autres défectuosités dont cette région peut être le siège dépendent de la présence dans les cavités nasales de ces productions morbides que les maréchaux appelaient souris, et qui sont connues en pathologie sous le nom de polypes. En mettant obstacle par leur présence au passage de l'air, ces produits morbides rendent la respiration bruyante, ce que l'on exprime en extérieur, en disant que les animaux sont corneurs ou cornards, ou qu'ils ont le halley. Cette défectuosité, qui peut encore être causée par d'autres affections des voies respiratoires, est dans tous les cas très-redoutable par ses conséquences, car les animaux qui en sont atteints peuvent mourir suffoqués dans le travail.

i) La ganache a pour base la portion recourbée de l'os maxillaire; dans une tête bien conformée, elle est sèche, large sans excès, et légèrement en relief sur la parotide.

k) L'auge est une excavation de forme triangulaire, située à la face postérieure de la tête, entre les deux branches de l'os maxillaire. L'unique condition de beauté de cette région, c'est qu'elle soit parfaitement évidée, nette et profonde. L'engorgement de cette région, la tuméfaction des ganglions qu'elle renferme, sont le plus souvent d'un mauvais augure, parce qu'ils coïncident toujours avec l'existence de maladies fort graves, telles que la morve, par exemple. On doit donc toujours se défier d'un cheval quand il est glandé, c'est-à-dire qu'il présente cet engorgement des glandes de l'auge, bien que la membrane nasale ne paraisse pas malade, et qu'il ne se soit pas encore déclaré de flux par les naseaux.

§ II. — Des régions intermédiaires à l'encolure et à la tête.

I. La nuque, située en arrière du sommet de la tête, est moins importante à considérer sous le rapport de sa conformation, que sous celui des maladies dont elle est fréquemment le siège. Continuellement salie par la poussière