tation raisonnée à un pied sain, il faut qu'il en ait la tournure, qu'il lui soit bien ajusté, c'est-à-dire que sa face inférieure représente celle du sabot, et que sa face supérieure soit assez incurvée pour permettre l'affaissement de la sole; il faut enfin que les étampures soient disséminées de telle manière que les clous ne puissent gêner les mouvements des talons. La figure 205 représente un pied de devant, et la figure 206 un pied de derrière, garnis de leur fer et vus par leur face inférieure. Les figures 205 bis et 206 bis représentent ces pieds posés sur le sol.
Fig. 205.
Fig. 205 bis.
Fig. 206.
Fig. 206 bis.
SECTION III. — Du Manuel opératoire de la ferrure et de la préparation à faire subir au sabot pour le rendre propre à l'adaptation du fer.
Avant de parler du manuel opératoire de la ferrure, il est nécessaire de donner en quelques mots la description des instrumens qui servent à cette opération.
§ Ier. — Instrumens de ferrure.
Les instrumens que l'on emploie en France pour pratiquer la ferrure d'un pied sont : le brochoir, le boutoir, le rogne-pied, les tricoises, la rápe et le repoussoir.
Le brochoir (fig. 207) est le marteau dont on se sert pour implanter des clous qui doivent fixer le fer sous le sabot. On distingue dans un brochoir : 1° la bouche A, ou la surface légèrement convexe qui frappe sur la tête du clou; 2° la panne, ou cette partie amincie en biseau qui se trouve échancerée dans son milieu; 3° les joues C, ou les parties latérales renflées ; 4° l'œil, ou l'ouverture par laquelle le manche pénètre dans la tête; 5° enfin, le manche E, dont la réunion avec la tête est consolidée au moyen de deux clavettes F en fer ou en cuivre qui sont rivées sur le sommet de la tête et se prolongent sur le tiers supérieur du manche. Dans un brochoir bien emmanché, lorsque la bouche est tangente à un plan par son centre, l'extrémité du manche doit être tangente au même plan par sa partie renflée. On dit alors, en termes techniques, que le brochoir est bien bridé.
Fig. 209.
210.
Le boutoir (fig. 208) est l'instrument employé pour abattre l'excès de corne du sabot et parer sa face plantaire. On y distingue : 1° une lame G; 2° les bords relevés de la lame ou les cornes H H; 3° la queue I, ou prolongement de la tige de la lame parallèle au manche de l'instrument; 4° la portion recourbée de la tige, ou arc du boutoir; 5° enfin le manche du boutoir K.
Le rogne-pied (fig. 209), dont le nom indique assez les usages, est un fragment de sabre sans manche d'un pied à peu près de longueur, dont le tranchant est très-affilé à l'un de ses bouts L, et assez obtus au contraire à l'autre M. Le premier sert à rogner l'excédant du sabot, le second à dériver les clous.
Les tricoises (fig. 210) sont des tenailles à mors très-tranchans dont les maréchaux se servent pour couper les lames de leurs clous, arracher ceux qui sont implantés dans la corne, soulever le fer dont ils veulent dégarnir le pied, et enfin river les clous. On y distingue les mors N et les branches O O.
La rápe (fig. 211) est une espèce de lime à gros grains, aplatie sur ses deux faces, dont les maréchaux se servent pour arrondir le bord inférieur du sabot, et donner au fer quelques enjolivures. Le repoussoir (R fig. 212) est un petit poinçon que l'on emploie pour élargir les contreperçures et faire sortir les vieilles souches de clous qui sont restés dans la corne.
§ II. — Du manuel de la ferrure.
La première condition pour ferrer convenablement est d'avoir à sa disposition un aide habitué à lever les pieds des animaux. Cette condition remplie, et toutes les précautions étant prises pour que le cheval reste dans un repos aussi complet que possible, le maréchal fait lever le pied qu'il veut ferrer.
Si le sabot était déjà garni d'un vieux fer, il s'arme du brochoir et du rogne-pied, et redresse avec le tranchant obtus de ce dernier instrument les lames des clous que l'on avait fléchies sur la paroi pour les river; en