rêts (fig. 280). Les vieux mâles passent leur vie
Fig. 280.
cachés au fond de leur bauge, c'est-à-dire dans la retraite qu'ils se sont choisie au milieu de la partie la plus retirée, et des taillis les plus épais; ils n'en sortent que pressés par leurs besoins dominants, la faim et l'amour. C'est à la chute du jour ou durant la nuit qu'ils vont chercher leur nourriture, consistant en fruits sauvages, en racines et même en matière animale. Ces animaux, quoique très-voraces, paissent aussi, en choisissant de préférence les plantes succulentes et les graines farineuses. Les femelles, différentes des vieux mâles, vont ordinairement de compagnie avec leurs petits de 2 et même de 3 ans; et quelquefois plusieurs troupes se réunissent; les plus forts défendent les plus faibles et opposent aux attaques une résistance redoutable.
Les laies portent 4 mois; près de mettre bas, elles s'isolent et fuient les mâles qui pourraient dévorer leurs petits. Suivant leur âge, elles mettent au monde de 4 à 10 narcissins qu'elles allaitent 3 ou 4 mois, et sur lesquels elles veillent avec la plus grande sol- litude. Leur accroissement dure 5 à 6 ans, et leur vie s'étend à 25 ou 30 ; mais dès la première année on les voit déjà manifester les besoins de l'amour; et dès la seconde ils sont en état d'engendrer.
C'est surtout par le sens de l'odorat que les sangliers se conduisent; l'ouie est, après l'odorat, leur sens le plus actif. Ils paraissent attentifs au moindre bruit comme à la moindre odeur. Les facultés intellectuelles de ces animaux ne sont point aussi bornées qu'on serait disposé à le penser par la considération de leur apparence extérieure, de la grossièreté de leurs formes, de la disgrâce de leurs monvements, et du peu d'étendue de leurs sens. Quand ils tombent jeunes entre les mains de l'homme, ils se soumettent très-facilement à la domesticité et se plient sans peineau nouveau genre de vie qu'on leur impose: on en a vu d'assez bien apprivoisés pour suivre à la chasse au milieu des bois le maître qui les avait élevés, et attaquer les grosses bêtes d'accord avec la mente de chiens. Que ne pourrait-on pas faire d'un animal qui est si disposé par la nature à profiter des soins qu'on lui accorde?
§ II. — Du porc ou cochon domestique.
Du sanglier sont sorties des races plus ou moins éloignées du type sauvage.
Parmentier, qui s'est beaucoup occupé de l'éducation des cochons, en distinguait trois races principales pour la France.
La première, celle de la vallée d'Auge, se rencontre en Normandie dans toutes sa pureté; elle a pour caractères extérieurs une tête petite et très-pointue, des oreilles étroites, un corps long et épais, un poil blanc et peu abondant, les pattes minces, les os petits. Elle prend rapidement la graisse et parvient au poids de 600 livres.
La deuxième, connue sous le nom de cochon blanc du Poitou, a une tête longue et grosse, le front saillant et coupé droit, l'oreille large et pendante, le corps allongé, le poil rude, les pattes larges et fortes, le corps long et de gros os ; son poids n'excède jamais 500 livres.
La troisième race est celle du Périgord : elle a le poil noir et rude, le cou gros et court, le corps large et ramassé.
Du mélange de ces races sont nées des variétés sans nombre dont l'étude ne présente-rait aucun intérêt. Nous ne parlerons que de la plus commune.
Le cochon (fig. 281) est un animal du genre
Fig. 281.
des mammifères et de l'ordre des pachydermes. Sa dentition est fort différente de celle des autres animaux domestiques du même ordre. Sa tête, que l'on appelle hure, est grosse et allougée; la partie postérieure du crâne est fort élevée; le museau que l'on nomme groin, se prolonge et s'amincit sensiblement : il est tronqué à son extrémité, et terminé, au devant de la mâchoire supérieure, par un cartilage plat, arrondi, nu, marqué de petits points et débordant la peau de la mâchoire: c'est le boutoir; il est percé par les deux ouvertures petites et rondes des narines, entre lesquelles est renfermé, dans le milieu du boutoir, un petit os qui sert de base et de point d'appui à cette partie.
La lèvre inférieure est plus courte et plus pointue que la supérieure ; les mâchoires sont munies de 44 dents, dont 4 canines, qui s'allongent d'une manière remarquable, et sortent de la bouche de l'animal en se recourbant par le haut en portion de cercle. C'est ce que l'on appelle les défenses du sanglier ou les crochets du porc domestique; arme terrible dont l'animal use d'une manière redoutable contre ses ennemis. Ses yeux sont très petits : le corps est couvert de poils roides et rares nommés soies ; la queue est courte, grêle, très-mobile, se contournant souvent en spirale. Les pieds ont 4 doigts, dont 2 seulement appuient sur le sol ; le nombre des ma, melles est souvent de plus de dix. Les modifications de sa voix, qui sont au nombre de trois