tion. . . . . . . . . . . . 15 femelles.

La quatrième année, qui est la troisième génération, la mère truie, devenue grand'mère, porte deux tois, faisant. . . . . . . . . . 2 ventrées.

Les trois filles de la première génération portent deux fois chacune, et font. 6 id.

Les quinze filles de la deuxième génération portent chacune une fois, ce qui fait. . . . . . . . . . . 15 id.

Total des ventrées.. . 23 ventrées.

Qui, à chacune trois femelles, font pour le total de la troisième génération. 69 femelles.

Continuant ce calcul, Vauban admet que la septième année la mère truie ne porte plus ;

La huitième année, il cesse d'admettre à la production les trois premières filles de la mère ;

La neuvième année, il retranche les quinze premières petites-filles;

La dixième année, il retranche encore du nombre des portières les soixante-neuf arrières petites-filles résultant de la troisième génération ;

La onzième année, qui est la dixième génération, les trois cent vingt-une trisaïeules ne se comptent plus; il n'en résulte pas moins une production de... 1,072,473 ventrees, qui, à chacune trois femelles, font pour le total de la dixième

génération• . . . . . 3,217,419 femelles.

Nota. 1° On n'a point compté les mâles dans ce calcul, bien qu'on en suppose autant que de femelles dans chaque ventrée;

2° Toutes les ventrées ne sont également estimées dans le calcul qu'a six cochons chacune, mâles et femelles compris; bien que pour l'ordinaire elles soient plus nombreuses;

3e Bien que les mères, grand'mères, etc., soient plusieurs fois répétées, elles ne sont comptées qu'une seule fois chacune.

La production d'une seule truie, après dix générations, nous donnera donc. . . . 6,434,838

Otons-en pour les maladies, les acci-

dens et la part des loups. . . . . . 434,838

Restera à faire état de. . . . . . 6,000,000 qui est autant qu'il y en peut avoir en France.

Si l'on continuait à pousser ce calcul seulement jusqu'à la seizième génération, il est certain qu'il y aurait de quoi en peupler la terre abondamment : cas merveilleux qui nous doit bien faire bénir la Providence, qui, ayant destiné cet animal pour la nourriture de tous les hommes, en a rendu l'espèce si féconde, que, pour peu qu'on veuille s'en donner de soin, il est aisé d'en fournir à tous, quelque consommation qu'on en puisse faire.

Vauban est loin d'avoir exagéré les avantages de la fécondité du cochon : les Anglais, qui accordent beaucoup plus d'importance que nous à cet animal, citent, entre autres preuves du rapport que l'on peut en tirer, l'exemple fort remarquable d'une truie du comté de Leicester : cette bête avait élevé trois cent cinquante-cinq petits qu'elle avait mis bas en vingt portées, et qui donnèrent en argent un produit de 150 livres sterling, soit environ 3,700 francs de notre monnaie.

Après cette énumération des qualités principales du porc, que l'on nous permette de dire quelques mots de son affinité avec quelques espèces d'animaux encore sauvages, dont la domestication serait aussi facile et aussi avantageuse que l'a été celle du cochon d'Europe.

§ III.—Cochon du Cap.

Cette espèce (fig. 282) est remarquable par la Fig. 282.

petitesse de sa taille, qui ne surpasse point celle de nos porcs ordinaires à l'âge d'un an. Elle jouit d'une grande disposition à s'engraisser; sa chair est fort délicate; son pelage est noir ou marron foncé; les oreilles sont droites; la queue est pendante et terminée par une mèche de soies un peu gaufrées. On la rencontre dans toutes les parties méridionales de l'Asie, dans toutes les îles de la mer du Sud, dans l'Australasie, l'Afrique méridionale et l'Amérique du Sud. Nous devons sa connaissance à M. le baron des Ecotais qui l'a ramenée du Cap de Bonne-Espérance. Il y a lieu de croire que les porcs chinois, les porcs de Siam, etc., descendent de la même souche que ceux du Cap, et qu'ils sont moins éloignés de leur origine que les porcs européens ne le sont de la leur.

Le croisement de ces espèces avec la nôtre a produit en Angleterre plusieurs variétés importantes.

§ IV. — Babiroussa.

Cet animal (fig. 283) paraît avoir été connu

Fig. 283.

des anciens, mais fort imparfaitement, et il n'est bien connu des naturalistes modernes que depuis le voyage de découvertes exécuté sur l'Astrolabe par M. Dumont d'Urville, qui ramena des babiroussas vivants. Dans sa jeunesse il est difficile de le distinguer des autres races de cochons; ce n'est que dans l'âge adulte que sa physionomie devient totalement distincte, surtout chez le mâle, dont les défenses supérieures percent la peau du museau et se recourbent au point de s'enfoncer quelquefois dans les chairs du front. Leur tête est petite; les oreilles pointues, droites et dirigées en