Arrivages de bestiaux sur les marchés en 1836.
| PROVINCES. | BOCITS. | VACHES. | VEAUX. | MOUTONS. |
| Anjou. | 1,2,1,4 | 2 | - | 1,7,9 |
| Artois. | - | - | 1,1 | -1,2 |
| Berry. | - | 2 | - | -3,5,7 |
| Bourbonnois. | 1,1 | 1,5 | 0 | 2,9,10 |
| Bourgogne. | 2 | 2,1,6 | - | 2,1,1,1 |
| Bretagne. | 1,3 | - | 1 | |
| Champagne. | 1,4 | - | 2 | - |
| Faudre. | - | 2 | - | 1 |
| Franche-Conité. | - | 1 | ||
| Guyenne. | - | 1 | ||
| He-de-France. | - | 1,3 | 1,1 | 2,10 |
| Limousin. | 1,7,1,1 | - | 1 | 1,1,3 |
| Lorraine. | 0 | - | - | - |
| Marue. | 2,0 | 0 | ||
| Marche. | 1,7,1,5 | - | - | - |
| Naynesse. | 1,2 | 1 | 2,99,6 | |
| Normandie. | 1,1 | 2,1 | 1,1,5 | 4,4,87 |
| Orléanais. | 1 | - | 1,1,5 | 2,7 |
| Icardie. | - | - | - | |
| Poitou. | 1,3,1,2 | 1,1 | 0 | 3,7,1,2 |
| Saintonge et Anzoumois. | 4,3,8,2 | 1,5 | - | -3,3 |
| Tourajne. | - | - | 0 | - |
| Pays Etrangers. | 0 | 1 | 0 | 1,9,1,0 |
| Totaux. | 124,254 | 19,287 | 110,368 | -78,1,0 |
Sur ce nombre, la boucherie de Paris a acquis :
| 72,330 bœufs,prix moyen de 346 f. | 55=25,065,961 f. | 50 |
| 17,442 vaches, id. | 199 | 78=3,484,562 |
| 77,583 veaux, id. | 90 | 33=5,456,412 |
| 78,476 moutons, id. | 26 | 80 10,143,156 |
| T. 545,831 bestiaux, Total 44,150,093 45 | |||||
| La boucherie de la banlieue de Paris a acquis : | |||||
| 19,522 bœufs, prix moyen de 303 f. 40= 5,923,068 f 77 | |||||
| 200 vaches | id. | 161 | 16= | 33,683 | 50 |
| 19,795 veaux, | id. | 63 | 15= | 1,250,191 | 50 |
| 116,785 moutons, | id. | 19 | 97= | 2,332,444 | 75 |
| T. 156,302 | Total | 9,539,288 | 52 | |
| La boucherie foraine a acquis: | ||||
| 32,682 bœufs, prix moyen de 281 f. 68= | 9,205,865 f. 76 | |||
| 4,645 vaches, | id. | 144 | 81= | 233,277 |
| 42,993 veaux, | id. | 66 | 42= | 962,995 |
| 483,324 moutons, | id. | 47 | 47= | 3,447,673 |
| T. 230,644 | Total | 43,549,814 | 35 | |
Ainsi la province reçoit :
| De Paris pour | 545,831 | bestiaux | 44,150,093 | f. 45 |
| De la banlieue pour | 156,302 | id. | 9,539,687 | 75 |
| Des forains pour | 230,644 | id. | 13,549,814 | 35 |
Total 932,777 bestiaux. Total 67,239,592 55
Elles sont conduites avec beaucoup de soin, par des bouviers spéciaux; leur journée d'étape n'est que de 6 à 7 lieues. La nourriture des bœufs est choisie en voyage parmi les fourrages les plus précieux, afin qu'ils s'amaigrissent le moins possible.
Depuis plusieurs années les bœufs étrangers n'arrivent plus sur les marchés de Paris, l'impôt de 55 fr. par tête, y compris le dixième de droit de guerre, qui se paie toujours depuis 23 ans que nous sommes en paix, a tout à fait annulé leur introduction. Cette concurrence était pourtant doublement utile, elle profitait au consommateur, en maintenant la modération des prix de la viande, et stimulait l'industrie des agriculteurs français vivement intéressés à perfectionner les races des bestiaux indigènes qui devaient rivaliser avec les bestiaux étrangers. Aujourd'hui que le commerce des bœufs est spécialement réservé aux regnicoles, il en résulte une sorte de monopole, fort divisé si l'on veut, mais qui n'en a pas moins pour résultat le maintien d'un prix trop élevé, pour que la classe pauvre puisse se nourrir de viande, ne fût-ce que deux fois par semaine.
Pendant la révolution, alors que l'agriculture était abandonnée, ou ne produisait guère que les céréales indispensables à la nourriture de la population ; l'engraissement des bestiaux avait entièrement cessé, dans les pays même où il s'opère avec le plus de facilité. Les agriculteurs et les herbagers avaient entièrement renoncé à l'approvisionnement des marchés de Sceaux et de Poissy, parce que là il n'y avait plus sécurité pour leur commerce. La caisse de Poissy avait été supprimée; la solvabilité des bouchers était douteuse, et quand elle ne l'était pas, le papier monnaie qu'ils offraient en échange des bœufs, effrayait les vendeurs par sa dépréciation quotidienne.
Le Comité de salut public, et plus tard le Directoire, voyant Paris sur le point de manquer de vivres-viandes, furent contraints, malgré leur toute-puissance, de se charger eux-mêmes de faire approvisionner les marchés. Ils traitèrent directement avec la Suisse, Bade et la Francome, afin d'assurer d'une manière régulière le service de la boucherie de Paris. C'était avec de l'or et non pas avec du papier monnaie que les bestiaux étaient payés, et ce paiement était effectué avant que les marchandises eussent passé la frontière. Les bestiaux étaient ensuite revendus à Sceaux et à Poissy, pour le compte du gouvernement.
§ III.— Formation des troupeaux, voyage et classement des bestiaux sur les marchés.
Les herbagers de la Normandie élèvent, nourris-
sent et engraissent leurs bestiaux pour les livrer
directement et sans intermédiaire à la boucherie
de Paris, qu'ils alimentent de juillet à décembre.
A l'époque du départ, chaque herbager envoie le nombre de bœufs qu'il juge propres à être vendus, soit 4, 6, 8, 10 etc., à Lizieux, lieu de rassemblement des bœufs normands. C'est là que les bandes sont formées avec des bœufs appartenant à divers, mais portant chacun la marque de leur propriétaire, et que, composées de 25 à 30 bestiaux, elles se mettent en route pour les marchés.
Il est payé aux bouviers un droit de 2 à 3 fr. par jour, en dehors de la dépense de nourriture des bestiaux qui s'élève en moyenne à 10 fr.
Les bouchers aiment à traiter avec les éleveurs normands. Ils trouvent toujours une plus grande facilité dans leurs transactions, alors qu'elles s'effectuent directement avec les propriétaires, que lorsqu'ils ont affaire à des intermédiaires, dont l'action est souvent arrêtée par la restriction de leur mandat.
Les autres provinces qui approvisionnent Paris ne suivent pas cet usage. Les bestiaux n'y sont point spécialement élevés pour pourvoir aux besoins de la boucherie; ils sont élevés pour aider de leurs forces aux travaux de l'agriculture, on s'occupe de les mettre à l'engrais lorsque l'âge les affaiblit.
La propriété de ces bestiaux, divisés entre une multitude de propriétaires, en rend le nombre très-limité pour chacun de ces propriétaires qui ne trouveraient pas de profit à conduire eux-mêmes les quelques bœufs qu'ils possèdent sur les marchés pour les vendre plus avantageusement, puisque les frais du voyage absorberaient quelquefois, avec la plus-value du prix, le capital même des bestiaux vendus. Aussi vendent-ils leurs bœufs dans les localités qu'ils habitent, ou dans les marchés ou foires voisins, à des marchands, qui font spécialement le commerce des bestiaux destinés à la boucherie.
Les bandes des marchands de bœufs se composent de 30 où 40 têtes.
Leurs étapes sont de 10 à 12 lieues et quelquefois de 15, lorsque les marchands savent que les bestiaux sont rares sur les marchés. Voici les époques de leurs départs pour Paris:
L'Anjou, la Bretagne et la Vendée font leurs envois de février à la fin d'avril, le Limousin, la Marche et le Berry, de novembre à juillet. La Bourgogne, le Charolais et le Morvan forment leurs bandes principales de juin à septembre, mais en envoient pendant toute l'année; le Bourbonnais et