dans des tonneaux ou dans des sacs placés en lieu sec; lorsqu'elles ont pris de l'humidité, elles contractent une mauvaise odeur et se gâtent; si elles sont trop sèches, elles se brisent.
Les oies, comme les poules, sont sujettes à la pé-pie, à la diarrhée, à la vermine et à la constipation ; on les en guérit par les mêmes moyens.
Elles sont fort sujettes à l'apoplexie : cette maladie se manifeste par un tournoiement continu sur elles-mêmes, et elles périraient bientôt si on ne les saignait, en leur ouvrant avec une forte aiguille, ou un canif, une veine assez apparente placée sous la membrane qui sépare les ongles.
La cigue, dont les oisons sont très-avides, et la jus-
quiame, sont pour eux des poisons violens : à peine
en ont-ils avalé une feuille, qu'ils tombent les ailes
étendues, et périssent dans les convulsions, si on ne
leur administre du lait frais avec de la rhubarbe.
Il faut choisir et éplucher avec soin les jeunes orties qu'on fait entrer dans la nourriture des oisons; car cette plante devient un poison violent pour l'animal lorsqu'elle est attaquée de la nielle ou des pucerons. On fait cesser les accidens qui en résultent en donnant de l'eau tiède dans laquelle on a fait dissoudre 4 à 5 grains de chaux.
SECTION IV. — Du canard.
Le canard (fig. 328) est le plus facile à élever detous
nos oiseaux de basse-cour, il est aussi le moins coûteux et le plus productif quand son éducation se fait dans des localités favorables.
Le canard commun d'Europe descend évidemment du canard sauvage; il en a conservé les habitudes et la constitution, il n'en diffère que par une plus grande variété de plumage. Le mâle s'appelle canard, la femelle canne, etle petit canneton.
Le mâle se distingue de sa femelle par deux ou trois petites plumes retroussées que l'on remarque à la naissance de la queue, quelquefois aussi par la teinte vert foncé de sa tête et de son cou.
On élève en France deux variétés de canards communs qui diffèrent d'une manière très-sensible par la dimension du corps, savoir : le canard barboteur ordinaire, et le canard de Normandie, qui est d'une grosseur sensiblement plus forte que le canard sauvage. Tout ce que nous avons dit concernant la nourriture, la ponte, l'incubation, l'élève, l'engraissement et les maladies des oies, peut s'appliquer au canard ; seulement nous devons faire remarquer que le canard exige de l'eau plus impérieusement que les oies, qu'il aime moins à parcourir les champs et les prairies, et que son parcours a moins d'inconvéniens.
Le canard musqué, ou de Barbarie, diffère de notre canard par ses formes et ses mœurs : il est plus gros et plus fort. L'eau ne lui est point nécessaire ; il se baigne très-rarement, aime à voler et à se percher sur des objets peu élevés. Le mâle ne porte point sur la queue la petite touffe de plumes retroussées qui dénote le canard commun ; c'est par la tête qu'il se distingue de sa femelle ; ses joues et la partie supérieure de son bee sont garnies de caroncules rouges très-larges, mais qui ne sont point extensibles ; son plumage est blanc ou noir cuivré, mais sans mélange des deux couleurs sur le même individu.
La femelle pond des œufs plus gros et teints d'une autre nuance que les œufs de la canne commune; elle aime à faire son nid dans des endroits retirés, et à les couver où elle les a pondus; elle est meilleure couveuse que la canne ordinaire, mais elle n'aime point à être renfermée pendant l'incubation : il faut la laisser à la place qu'elle a choisie, ne point la visiter trop souvent, et se contenter d'éloigner d'elle les animaux qui pourraient la troubler et menacer sa couvée.
Les jeunes, au moment de l'éclosion, recherchent l'eau beaucoup plus que dans l'âge adulte, mais il est prudent de les en éloigner, surtout lorsque la température n'est pas très-chaude, parce qu'ils succcombent facilement au moindre froid.
Le canard de Barbarie s'allie assez volontiers à notre canne commune, et produit avec elle des métis fort gros et fort bons, mais en général inféconds. On l'engraisse par le même procédé que les autres canards et sa chair est excellente, pourvu qu'aussitôt sa mort on lui tranche la tête qui communiquerait autre du corps une odeur musquée.
SECTION v.— Du pigeon.
On distingue deux variétés : 1° le pigeon de pignon ou pigeon colombin ; 2° le pigeon de volière. Le pigeon colombin (fig. 329) est moins fécond.
Il ne fait que trois pontes par an, mais il demande beaucoup moins de soins, parce qu'il sait aller au loin chercher sa nourriture ; aussi l'élève-t-on en plus grande quantité que le pigeon de volière.
Lorsque l'on veut peupler un colombier, on va acheter loin de chez soi une certaine quantité de jeunes pigeons d'un an, on les met dans le colombier dont on ferme toutes les fenêtres ; deux fois par jour on leur apporte à manger dans le colombier même, et l'on y tient toujours de l'eau fraîche. Quand les pigeons se sont accouplés et qu'ils commencent à couver, on peut commencer à ouvrir les fenêtres et à les appeler au dehors en sifflant pour leur donner leur nourriture; peu à peu l'on diminue la distribution, que l'on supprime complétement quelques jours après l'éclosion des premiers petits; dès ce moment l'on peut être sûr que les pigeons n'abandonneront plusleur demeure, pourvu qu'on ne la leur rende pas insupportable en les troublant par des visites trop fréquentes, ou en négligeant de l'approprier. Cette espèce de pigeons pourvoira à son entretien en allant ramasser sa nourriture dans les champs; mais si l'on veut en retirer quelques produits, il est indispensable de leur donner à manger pendant l'hiver, parce qu'à cette epoque la terre ne leur offre plus une nourriture sufisante. On emploie pour cet usage du sarrasin ou des vesces dont ces oiseaux sont très-friands; ce qui les attache complètement à leur demeure et contribue à rendre le pigeonnier beaucoup plus productif. C'est le seul soin que réclament les pigeons; toutefois, si l'on veut tirer pendant longtemps profit du colombier, il faut faire en sorte d'employer toujours pour la consommation une partie des anciens pigeons, et d'en laisser assez de jeunes pour que la multiplication puisse avoir lieu convenablement.
Le pigeon de volière a donné naissance à une foule de sous-variétés. Sa fécondité est très-grande quand il est bien nourri; il n'est pas rare de lui voir donner une couvée chaque mois, et s'il n'est pas prouvé que son éducation soit avantageuse, au moins est-il certain qu'elle ne met pas en perte et qu'elle procure l'agrément de pouvoir varier de temps à autre les repas du fermier; du reste, aucune volaille ne demande moins de soins, il est sujet à peu de maladies et se reproduit fort bien, sans que l'on ait besoin de surveiller son incubation.