peaux qui, sous le nom de sauvagines, sont achetées dans les villes par les pelletiers fourreurs. Dans les environs de Nîmes les paysans recueillent en particulier les cloportes qu'ils font périr dans du vinaigre et qu'on expédie pour les pays où la pharmacie en fait encore quelque usage.
L'homme pauvre des champs peut encore trouver des profits à recueillir les plantes marines qui servent à l'engrais ou à la préparation de la soude; à fabriquer des ruches en paille ou en bois, à louer ses services à autrui pour faire des constructions en pisé, des clôtures diverses, des toits en chaume ou en bruyère, ou autres constructions rustiques, des composts et une foule de travaux ruraux qui exigeit de l'intelligence et quelque pratique. Dans les pays où se trouvent de vastes ateliers de teinture sur toiles de coton, les paysans peu fortunés rassemblent sur les routes les bouses de vaches qui servent dans ces ateliers à fixer les couleurs sur les étoffes. Dans les départements arrosés par la Garonne, quelques habitans des villages connus sous le nom d'or-pailleurs ramassent, après les débordemens de cette rivière, quelques paillettes d'or qu'on trouve dans ses sables; on recueille aussi des paillettes de ce métal dans le Gardon, la Cèze et la Gagnère, ainsi que dans le Rhône, dans l'Erieux et l'Ardèche, dans le département de ce nom. A Saint-Léger-de-Foucheret (Youne), les habitans vont chercher un sable micacé, jaunâtre, appelé poudre d'or qui est employé en grande quantité dans les bureaux pour sécher l'écriture. Dans le temps de l'année où les travaux de l'agriculture sont suspendus ou dans ceux où on ne trouve pas à employer les animaux domestiques, les habitans de l'ancienne Franche-Comté (Doubs, Haute-Saône et Jura), avec leurs petits chariots légers, construits dans les montagnes et attelés d'un seul cheval, font pour le commerce un transport considérable de marchandises de toute nature, et se livrent, dans une grande partie de la France, à un roulage étendu, etc.
Nous ne finirions pas si nous voulions passer en revue toutes les occupations qu'on pourrait ainsi se créer dans les moments qui ne sont pas employés aux travaux agricoles; mais, ainsi que dans toutes les entreprises, il faut, pour réussir, de l'activité et de la persévérance et obtenir des avantages marqués de travaux dans ce genre, et surtout de l'industrie pour savoir profiter habilement des produits que la nature libérale nous offre souvent à chaque pas, ou des objets qui seraient perdus, et pour trouver les moyens de leur donner une valeur vénale ou de leur ouvrir un debouché.
F. M.