CHAPITRE VII. — ÉDUCATION DES VERS-A-SOIE.
SECTION Ire. — Histoire naturelle du ver-à-soie.
§ 1er. — Description du papillon, de la chenille et de la chrysalide du ver-à-soie.
Le papillon que produit le ver-à-soie appartient à une famille très-nombreuse, désignée, par les entomologistes, sous les noms de Bombycites ou Bombyciens. Il fait partie du genre Bombyx proprement dit, et il a été distingué sous le nom de Bombyx mori, Bombyx à soie. L'insecte parfait ou le papillon dont la fig.111 A représente le mâle et la fig.112 B la femelle, est reconnaissable aux caractères suivans : antennes pectinées, moins dans lesfemelles que dans les mâles, d'un brun plus ou moins clair ; ailes blanches avec quelques lignes transversales brunes, les supérieures débordées par les inférieures dans le repos, et recourbées en faucille, surtout dans le mâle.
Fig. 111 A, 112 B et 113.
La chenille (fig. 113) que l'on nomme vulgairement ver-à-soie, est pourvue de poils et d'une couleur noirâtre en sortant de l'œuf; mais elle devient successivement lisse et de plus en plus blanchâtre à mesure qu'elle subit les changements de peau et qu'elle se rapproche du moment où elle devra filer sa coque pour se métamorphoser. C'est dans cet état qu'elle est représentée de profil dans notre figure.
La chrysalide n'offre rien de remarquable, elle retrace les formes des principales parties extérieures du papillon. D'abord d'un jaune pâle, elle se colore de plus en plus en jaune brunâtre lorsqu'arrive l'époque de la sortie ou de l'éclosion du papillon. Au reste, les caractères exterieurs du Bombyx mori à ses divers états de chenille, de chrysalide et d'insecte parfait, sont trop généralement connus pour qu'il soit nécessaire d'insister sur leur description. Peut-être trouvera-t-on plus convenable que nous nous étendions davantage sur les particularités que présente son organisation intérieure. C'est, au reste, un point qui a été négligé par les nombreux auteurs qui ont écrit sur l'éducation des vers-à-soie.
§ II. —Anatomie du ver-à-soie.
L'anatomie du Bombyx à soie, tant à son état de larve qu'a celui d'insecte parfait, est assez bien connue, grâce aux travaux de quelques naturalistes anciens, parmi lesquels on doit surtout distinguer MALPIGM, à cause de l'exactitude et de la délicatesse de ses dissections. Nous tâcherons de faire connaître cette structure, en lui empruntant les principaux détails que nous allons donner.
Occupons-nous d'abord de l'organisation intérieure de la chenille, nous passerons ensuite à l'étude de quelques organes spécialement propres au papillon.
Quand où ouvre une chenille de Bombyx mori, et ces dissections doivent toujours être faites dans l'eau, de telle sorte que ce liquide recouvre entièrement l'objet dont on poursuit l'étude; quand on ouvre, disons-nous, une chenille de Bombyx mori, on voit que sa peau, composée de plusieurs couches, est tapissée intérieurement de divers muscles qui, les uns droits, les autres obliques en sens inverses, sont destinés à imprimer aux anneaux du corps les mouvements variés qu'ils exécutent. Des petits muscles spéciaux se fixent aux pattes proprement dites, et à ces autres pattes en couronne pourvues de petits crochets, à l'aide desquels la chenille s'accroche et se tient fixée sur les feuilles dont elle se nourrit, ou sur tout autre corps étranger
Son canal intestinal (fig. 114) est un tube
Fig. 114. Fig. 115.
droit qui débute par un œsophage court a; vient ensuite le ventricule chylifique b, dont les parois sont garnies antérieurement de fibres musculaires transversales très-nombreuses, parmi lesquelles on en remarque deux longitudinales cc, qui semblent brider les autres. Il reçoit de nombreuses trachées dont quelques-unes sont indiquées en d; pos-