des alimens: telles seraient des distributions de feuilles affectées de la rouille. Cet embar- ras se transforme, en peu de jours, en un flux ventral qui amène promptement la mort. Dans tous les cas, l'observation des principes que nous avons posés dans ce chapitre, et l'attention de rejeter les feuilles qui sont tachées, mettent une magnanerie à l'abri des attaques de cette maladie.
7° Les vers-à-soie sont encore sujets à quelques autres affections, telles que la touffe, mal produit par une chaleur excessive qui suffoque les vers, unie à l'insalubrité des litières. Quelques éducateurs promènent autour des claires une pelle chaude sur laquelle ils répandent du vinaigre dont la vapeur réveille les insectes. Une bonne ventilation, des aspersions d'eau fraîche sur le pavé pendant les grandes chaleurs, le changement des litières, quelques moyens préservateurs contre la chaleur directe des rayons solaires, ont presque toujours du succès dans ce cas. — Les hémorrhoides surviennent lorsque le ver, en quittant sa tunique pendant la mue, ne peut se débarrasser, aux stigmates et à l'anus, des tuyaux d'ancienne peau qui les obstruent et causent des grosseurs ou varices qu'on peut comparer a des hémorrhoides. On a indiqué comme remède de donner un bain d'eau fraîche aux malades; le ver, se trouvant alors rafraïchi, expulse abondamment des matières fécales qui entraînent les tuyaux. Mais ce remède ne parait guère applicable en grand.—Les chutes, des violences extérieures, ou une pression trop forte entre les doigts quand on les saisit, occasionent souvent chez les vers des tumeurs, dans lesquelles s'extravase et se solidifie la matière soyeuse; c'est ce qu'on nomme perle soyeuse. Les vers qu'on touche trop souvent sont atteints de flaccidite, c'est-à-dire que leur corps est mou; ils perdent lentement la vie lorsque la pression a eie assez considérable pour meurtrir, léser ou déchirer leurs organes.
On voit, d'après ce tableau des maladies les plus communes chez les vers-à-soie, que la plupart sont incurables, et que c'est par des soins, de l'activité, de la vigilance, et plutôt par des moyens hygiéniques que thérapeutiques, qu'on peut les prévenir et les combattre avec succès des leur début. Ces moyens hygiéniques se composent de pratiques simples et faciles à observer, mais très-propres à bannir des ateliers ces redoutables affections pathologiques qui exercent tant de ravages chez les éleveurs négligens et ignorans, et leur font éprouver des pertes considérables. Nous les résumons dans les préceptes suivants :
Maintenir les papillons dans un local sec, à une température de 16° à 19° centig.; ne pas entasser les œufs, mais les étendre sur une surface suffisante, puis n'exposer ces œufs qu'à une température de 14° ou 15° qu'on élève ensuite peu-à-peu jusqu'à ce que l'éclosion soit accomplie. — Maintenir les vers naissans à la température de 19° environ ; les préserver du froid et des vents insalubres, froids et secs; les distribuer sur un espace proportionné à leur nombre, et suffisant pour qu'ils puissent vivre et respirer en liberté. — Renouveler fréquemment l'air des ateliers, ou entretenir des courans qui l'agitent, l'entrainent doucement et avec lenteur; le purifier par les moyens que nous avons indiqués p. 133, lorsqu'il a acquis des qualités délétères. — Entretenir une température égale dans l'atelier; allumer de la flamme à propos, quand l'air est humide, ou l'arroser pendant les grandes chaleurs ou les temps secs et orageux. Admettre autant que possible la lumière solaire à l'intérieur, quand elle n'élève pas trop la température. —Préserver l'intérieur de la magnanerie des variations brusques de température, et généralement de toutes les secousses ou phénomènes atmosphériques accidentels. — Ne distribuer que des alimens sains, non humides, de bonne nature, et conformes en qualité et en quantité à l'âge de l'insecte, et les donner avec une parfaite régularité. — Entretenir la plus grande propreté et enlever avec soin et ponctualité les litières avant qu'elles entrent en fermentation. — Séparer généralement les vers malades de ceux qui sont sains, et exercer une surveillance active et continuelle. — Enfin, redoubler d'attention à l'époque des mues et à celle de la montée sur les rameaux.
Il n'y a jamais de maladies, dit DANDOLO, lorsque l'œuf a été bien fécondé, bien conservé, et qu'on a observé rigoureusement les préceptes exposés par les plus habiles éducateurs.
F. M.
SECTION VI. — Préparations de la soie.
Nous avons déjà vu (p. 121) quels sont les organes dont le ver-à-soie fait usage pour transformer en un fil continu le liquide visqueux qui est contenu dans un appareil qui le sécrête en particulier. Nous sommes entrés aussi dans les détails nécessaires pour faire connaître la manière dont on amène cet insecte à former ce fil et à en faire une sorte de peloton qu'on nomme cocon. Dans cet état, ce fil précieux ne saurait être d'un usage bien étendu dans les arts, et il est nécessaire, au moyen de pratiques particulières, de dévider ce peloton en un fil continu, de le doubler et le tordre pour le rendre propre à la fabrication des tissus de toute espèce. Les travaux qu'on exécute pour cet objet prennent le nom général de moulinage des soies. Ces travaux sont d'une très-grande importance, puisque, indépendamment de la nature et de la qualité du fil en cocon, ils contribuent beaucoup par leur bonne exécution à élever la valeur de la soie, et à donner aux étoffes cette force, ce moelleux et cet éclat qui les font rechercher.
Le moulinage des soies se partage en 2 opérations principales : l'une appelée tirage de la soie, qui peut être exécutée facilement dans les campagnes par ceux qui élèvent des vers-à-soie ; l'autre, le moulinage proprement dit, qui exige généralement de grandes machines, et est plutôt du ressort des fabriques. Nous nous étendrons peu sur celle-ci, mais nous entrerons, relativement à l'autre, dans des détails plus étendus ; notre intention, toutefois, n'étant pas ici d'enseigner un art qui, comme bien d'autres, exige une étude et une longue pratique, mais de