| 25,000 kilog. pour 500,000 kilog.de betteraves, dont 18,000 kilog. à1 fr. 50 c. à cause de sa belle qualité.Et 7,000 kilog. à 1 fr. de secondjet.125,000 kilog. de pulpe consommée dans la propriété, évaluéeà 16 fr. les 1,000 kilog.Vente des mélasses et résidus | 27,000»7,000» |
| 2,000»1,800» | |
| 37,800» | |
| A déduire le montant des frais | 23,401» |
| On voit qu'il reste en bénéfice | 14,399» |
Lors même que l'on ne compterait le prix de tout le sucre qu'à 1 fr., le bénéfice serait encore de 5,000 fr.; et, en y ajoutant celui d'exploitations nécessaires, telles que la distillation des mélasses, la fabrication du cidre et l'extraction de la fécule de pommes de terre, comme l'a fait M. MAJAMBOST, il ne serait pas difficile d'en obtenir un surcroît de bénéfices montant à 3,500 fr., dans des circonstances assez peu favorables.
Si nous substituons aux données précédentes celles relatives aux départements du Nord, nous obtiendrons des résultats aussi avantageux; en effet, les betteraves reviennent là à 14 fr. (1), ce qui, pour 500,000 kilog., porte le prix à 7,000; en y ajoutant pour tous frais 15,400, la dépense totale s'élève à 22,400 fr.; déduisant les pulpe et mélasse portées à 3,800 fr., il reste 18,600, et si l'on obtient, à 5 p. 0/0, 25,000 kilog., qui coûtent 18,600 fr., on voit que 100 kilog. coûteront 74 fr. 40 c.; à 6 p. 0/0, 30,000 kilog., coûtent 18,600 fr., on voit que 100 kilog. coûteront 62 fr.; à 7 p. 0/0, 35,000 kilog. coûtent 18,600, il en résulte que 100 kilog. coûteront 53 fr.
D'après la commission du Havre, on arriverait encore à des conclusions à peu près égales en effet, admettant le prix de 14 fr. pour 1,000 kilog. de betteraves, et les frais 20 fr., tares et escomptes, 4 fr. total, 38 fr., si l'on suppose un rendement de 6 p. 0/0, on voit que 60 kilog. coûtant 38 fr., 100 kilog. coûteraient 63 fr. 34 c., ou, à 7 p. 0/0, 70 kilog. coutant 30 fr. 100 coûteraient 54 fr.
Mais les plus grands avantages que l'on doit recueillir, et sur lesquels on pourra compter à tout événement, en annexant la fabrication du sucre des betteraves à une grande exploitation agricole, sont :
1° De nettoyer, d'ameublir une étendue de terrain 4 ou 5 fois plus considérable que celle nécessaire à la production annuelle des betteraves, en réglant les assolemens de manière à bonifier ainsi périodiquement chacune des parties du domaine; 2° d'augmenter la proportion des engrais par les résidus des défécations et clarifications, mêlés à leur volume de terre sèche et semés sur le sol, ce qui constitue une deuxième cause de fertilité des terres; M. DARDANT a même très bien utilisé, sous ce rapport, les vinasses résidus de la distillation des mélasses, en les faisant servir à l'irrigation ou arrosage, et à l'engrais des terres emblavées; 3° de créer des industries productives et consommations nouvelles dans les contrées qui en étaient privées; 4° enfin de multiplier les bestiaux, en rendant à la fois profitables leur engraissement et leur travail, ce qui augmente les engrais dans la même proportion, et par suite la fertilité des terres. Tous ces avantages concourent en même temps à accroître de beaucoup la valeur des propriétés et à répandre l'aisance chez les travailleurs. Il est juste, toutefois, d'ajouter que les dispendieuses améliorations dans les appareils évaporatoires, macérateurs, presses et râpes, ont absorbé jusqu'ici la plus grande partie des bénéfices.
Déjà l'an dernier la fabrication du sucre de betterave en France a produit 20 millions de kilog. de sucre brut, c'est-à-dire plus du cinquième de la consommation; tout annonce que cette année on obtiendra, par l'intervention de 50 nouvelles usines, 30 millions de kilog., qu'enfin l'accroissement de la consommation, pour peu que les prix s'abaissent, assurera un vaste débouché aux fabriques nombreuses dont la création est encore en projet. Quant à la consommation générale, qui n'était en 1815 que de 17 millions de kilog., elle est aujourd'hui déjà de 94,680,000 kilog.
PAYEN.
CHAPITRE XVI. — DE LA PRÉPARATION DES PLANTES TEXTILES ET DE LEUR CONVERSION EN FILS ET EN TISSUS.
Nous sommes déjà entrés (liv. II, p. 16) dans des détails étendus sur la culture et la récolte des plantes textiles; nous allous nous occuper maintenant des préparations qu'on leur fait subir pour les transformer en filasse, et pour en faire des cordes, des fils de toute finesse et des tissus depuis la batiste la plus fine jusqu'à la toile d'emballage la plus grossière.
Plusieurs opérations sont nécessaires pour former avec la partie filamenteuse des plantes textiles de la filasse, des fils et des tissus. Ces opérations sont le rouissage, le broyage, le peignage, le filage et le tissage. Nous les décrirons successivement, en prenant pour exemple le lin et le chanvre, produits naturels de notre agriculture.
SECTION Ire. — De la préparation du lin.
§ Ier.— Du rouissage du lin.
Le rouissage du lin est une opération délicate, qui est encore exécutée presque partout d'une manière imparfaite et routinière; souvent un fort beau lin perd toute sa valeur par un
| (1) Loyer de un hectare. | 60 fr. |
| 2 labours, 2 herages. | 120 |
| Semence 10, ensemencement 6. | 16 |
| 5 sarclages et binages. | 36 |
| Arra barge et transports | 48 |
| Fumier, moitié pour céréale. | 100 |
| Bénélice de culture. | 45 |
| 50.000 kilog. coûtent. | 420 |
ou 1000 kilog. coûtent 14 fr.