nids de chenilles placés hors de la portée de la main, et de les enlever avec le bout de branche qui les porte, sans courir le risque, en les laissant tomber, de disperser les chenilles dans le feuillage de l'arbre; telle est la destination spéciale de l'arrêt en cuivre fixé à la partie inférieure de la douille (fig. 87).

La fig. 88 représente un autre échenilloir que sa construction rend plus facile à employer dans les arbres à feuillage très touffu, là où celui que représente la fig. 87 serait trop difficile à manœuvrer.

§ II. — Binette pour détruire les vers blancs.

L'inventeur de cet instrument, représenté de face fig. 89 et de profil fig. 90, lui a donné très improprement le nom de binette, quoiqu'il n'ait aucune analogie avec la binette ordinaire; c'est d'ailleurs un outil fort utile, joignant à l'avantage de remplir très bien son but, celui de donner en outre au sol une excellente préparation.

§ III. — Pince à prendre les taupes.

Rien n'est plus usité que cette pince représentée fig. 91. Les pièges indiqués fig. 92 et 93, sont aussi très recommandables, quoique les

Fig. 89,

taupiers préfèrent l'usage de la pince, qui est plus facile à manœuvrer et remplit son but peut-être plus sûrement.

La fig. 92 ne montre que la moitié du cylindre en bois blanc, renfermant le piège; on y attache l'autre demi-cylindre avec un lien solide, avant de le placer en terre, sur le passage présumé de la taupe.

Les fig. 95 et 97 représentent dans deux positions différentes un autre genre de piège dont l'inspection suffit pour faire comprendre le mécanisme. Il en est de même du trébuchet commun ou 4 de chiffre, fig. 96; il peut, en variant ses proportions, servir à prendre des rats, des loirs, des belettes et d'autres animaux nuisibles au jardinage.

Loudon, dans son Encyclopédie du jardinage, indique, entre autres instruments indispensables dans un jardin, deux pièges à prendre des hommes (man-trap). Le premier tue raide; c'est, dit Loudon, un objet de première nécessité (absolutely necessary) dans les jardins placés près des grandes villes; le second nommé piège charitable par les Anglais, comparativement avec l'autre, ne fait que casser la jambe : tous deux sont fort en usage aux environs de Londres. En Belgique, on se contente de placer en évidence des écriteaux pour avertir de se métier des pièges à loups qui n'existent pas. Nous ne connaissons que l'Angleterre qui possède et emploie pour la conservation des produits du jardinage un genre de piège exclusivement destiné à détruire des hommes. Celui qui donne inévitablement la mort à ceux qui s'y laissent prendre est le plus fréquemment usité; les Anglais le nomment common man-trap; celui qui estropie seulement est regardé comme philanthropique; il donne aux propriétaires, qui s'en contentent, une réputation d'humanité; on le nomme human man-trap.

Nous nous abstenons de donner à nos lecteurs la description de ces inventions vraiment anglaises, qui ne nous semblent pas, comme à M. Loudon, d'absolue nécessité dans un jardin bien tenu. Afin de n'être pas soupçonnés d'exagération, nous renvoyons nos lecteurs au texte anglais, pag. 555, paragraphes 2321, 2322 et 2323.

SECTION VII. — Abris.

§ Ier. — Paillassons.

Les ustensiles compris sous ce titre forment la partie la plus dispendieuse, mais aussi la plus utile du mobilier du jardinier ; sans eux, aucune culture forcée n'est possible. Le plus simple de tous les abris est le paillasson du maraîcher. La fig. 98 représentant son cadre, la fig. 99 la corde vue séparément, et la fig. 100 la navette, montrent comment il se fabrique. On pourrait donner aux paillassons une longueur indéterminée; mais, pour l'usage, il est plus commode de ne pas excéder deux à trois mètres. Les services