les cultivateurs de melons en plein champ en Normandie, pour élever le plant, et ils s'en trouvent très bien. Il ne faut pas oublier la

corde retenue par un crochet (A fig. 109); faute de cette précaution, le premier coup de vent un peu fort ne manquerait pas d'emporter le châssis.

\S \text {IV.} - \text {Cloches.}

Les plus solides de toutes les cloches à l'usage des jardiniers, se nomment verrines (fig. 110). Le fer et le plomb qui en forment la

charpente leur donnent une solidité bien supérieure à celle des cloches en verre d'une seule pièce (fig. 111); mais une cloche en verre coûte 1 fr.; on peut même, quand on en prend des centaines à la fois, obtenir une diminution de quelques centimes. La moindre verrine coûte 5 fr.; peu de maraîchers seraient assez riches pour remplacer par des verrines les milliers de cloches qui leur sont indispensables.

Dans les jardins d'agrément, où il ne faut qu'un petit nombre de cloches, les verrines sont préférables; elles résistent mieux à la grêle; elles peuvent aisément se réparer lorsqu'un de leurs carreaux de vitre vient à se briser; la cloche de verre, une fois cassée, ne vaut plus rien. Le Bon Jardinier indique, comme propre à raccommoder les cloches cassées, un mastic de blanc de céruse et d'huile de lin. Ce mastic prend en effet très bien sur le verre; toutefois, les cloches ainsi réparées sont très peu solides; leur maniement demanderait de la part des ouvriers des précautions qu'on ne peut raisonnablement en attendre; elles entraîneraient d'ailleurs une perte de temps bien plus coûteuse que l'achat de cloches neuves; une cloche cassée doit donc être considérée comme perdue pour le jardinier.

§ V. — Cloches économiques.

Pour la culture ordinaire des plantes potagères, et même pour celle des melons qui ne sont pas de grande primeur, les cloches en calicot gommé ou en papier huilé sont très économiques. On prépare à cet effet une charpente en osier et en fil de fer (fig. 112); on prend pour moule, soit un bloc de bois, soit un seau renversé, soit un panier de grandeur convenable; il faut laisser au sommet une boucle en fil de fer pour la facilité du service. La fig. 113 montre une de ces cloches terminée; les pieds servent à la retenir en s'enfonçant dans la terre, sa légèreté la rendant très susceptible d'être emportée par le vent.

Ces cloches recouvertes en calicot gommé peuvent s'établir à 25 cent., façon comprise ; recouvertes en papier, elles ne coûtent que 15 cent., et peuvent durer deux ans. La charpente dure nombre d'années lorsqu'on en a soin; on la recouvre en calicot gommé pour 15 cent., et en papier huilé pour 8 cent. environ.

Aux environs de Honfleur on remplace les cloches par un procédé encore plus simple et moins dispendieux, dont on pourrait tirer parti même sous le climat de Paris. On fixe tout simplement en terre deux baguettes d'osier, qu'on recourbe en arcades, se croisant au-dessus de la plante qu'on veut garantir (fig. 114). On jette

par-dessus une feuille de papier huilé ou un morceau de calicot gommé, qu'on assujettit avec des pierres (fig. 115). Lorsqu'on applique ce système d'abris à des planches entières de plantes cultivées en lignes, les arcades de baguettes forment une sorte de galerie continue (fig. 116).

On couvre ces arcades, soit en calicot gommé, soit avec des paillassons. La fig. 117 montre ces paillassons à demi déroulés derrière les plantes, de manière à leur former une sorte d'espalier très favorable à la concentration de la chaleur.

SECTION VIII. — Cueilloirs.

§ 1er.

Ces instruments sont destinés à cueillir, sans les endommager, et sans avoir recours aux échelles, les fruits placés hors de la portée de la main.