cultivé dans les marais des environs de Paris, parce qu'il occupe trop longtemps le terrain; il est d'une lenteur désespérante à former sa pomme qui, une fois formée, devient plus grosse, plus blanche et plus ferme que celle du choufleur demi-dur. Dans les jardins bourgeois, on plante toujours quelques chouleurs durs d'arrière-saison ; ils succèdent à tous les autres et résistent bien aux premiers froids, même en plein air.

B. — Semis.

La bouse de vaches, sans mélange de litière, est pour le choufleur, durant la première période de sa croissance, le plus favorable de tous les engrais. Les maraîchers des environs de Paris n'en font point usage parce que leurs autres cultures laissent toujours assez d'espace libre sur de vieilles couches épuisées qui font le même effet pour les semis de choufleurs. Il n'en est pas de même dans les départements, où bien des amateurs qui font la dépense de 2 ou 3 couches sont regardés par leurs voisins comme des prodigues en train de se ruiner.

Dans les pays où les bêtes à cornes sont en grand nombre, il est aisé de ramasser, soit dans les étables, soit sur les pâturages, quelques brouettées de bouse qu'il est bon de laisser sécher à l'air, afin de la pulvériser grossièrement avant de l'employer. Trois brouettées suffisent pour une planche de 4 mètres de long sur un mètre 50 de large, espace pour lequel 16 grammes de graine sont plus que suffisants. Les semis, quant à la distance des rayons et à la préparation du terrain, se font exactement comme les semis de choux en rayons, avec cette seule différence que la bouse y remplace le fumier, et que les rayons en doivent être remplis, de manière à ce qu'on en puisse recouvrir très légèrement la graine en rabattant la terre de la crête des sillons ; cette graine ne doit pas être foulée (voir Choux). Lorsqu'on sème sur couche sourde ou sur plate-bande garnie de 0m , 10 de bon terreau, il faut semer à la volée, le plus également possible ; la quantité de graine est la même que pour le semis en rayons sur bouse de vache. L'altise n'est pas moins avide des cotylédons du choufleur que de ceux de tous les autres choux ; nous avons dit, en traitant de la culture du chou, ce que nous pensons des moyens de détruire cet insecte qui multiplie avec une prodigieuse rapidité. Les semis en sont d'autant moins endommagés que la végétation du plant est plus rapide ; les semis en rayons sur bouse de vache équivalent, pour la promptitude de la végétation, à ceux qu'on fait sur les meilleures couches où l'on puisse semer la graine de choufleur.

On sème le choufleur à 3 époques principales. Les premiers semis ont lieu à la fin de février ou au commencement de mars; ce sont les plus avantageux, mais le plant, quoique abrité, est quelquefois détruit par les gelées tardives; les choufleurs de ce premier semis se cueillent en automne. Les seconds semis se font à la fin de mai, pour donner leur pomme à la fin de l'automne; ils ont contre eux les chaleurs précoces, qui pourtant ne leur sont pas funestes quand on se donne la peinede les arroser suffisamment. On sème une troisième fois du 15 au 25 du mois d'août pour se procurer le plant destiné à passer l'hiver ; les pommes provenant de ce dernier semis se récoltent les premières au commencement de l'été de l'année suivante.

C. — Repiquage.

Le plant de choufleur passe rarement de la plate-bande sur laquelle il est né, à la place qu'il doit occuper jusqu'à son entier développement, sans avoir été mis quelque temps en pépinière, opération qui contribue dans tous les cas au succès de sa culture. Le plant destiné à passer l'hiver en pleine terre se repique en plate-bande à l'exposition du midi; il lui faut plutôt du terreau que du fumier, afin qu'il ne soit pas surpris par le froid dans un état trop avancé de végétation, auquel cas il serait exposé à fondre et à périr. On plante ordinai- rement par groupes très rapprochés les chou- fleurs repiqués pour qu'ils puissent recevoir l'abri d'une cloche de verre; il vaut mieux ne les abriter qu'avec des paillassons et leur donner un peu plus d'espace. Le meilleur mode de conservation du plant consiste à le repiquer dans la bâche économique, en ayant soin de la découvrir la nuit comme le jour, tant qu'il ne gèle pas, car le plant est très sujet à s'étioler faute d'air (voir Bâche économique). Les autres repiquages ont lieu quand le plant a atteint la hauteur de 0m ,12 à 0m ,15 ; le plant qu'on se propose de repiquer ainsi au printemps doit recevoir très peu d'eau jusqu'au moment du repiquage, et être ensuite fréquem- ment arrosé tant qu'il reste en pépinière; il se repique, en lignes, à 0m ,10 en tout sens.

D. — Plantation.

La plupart des choufleurs qui se mangent à Paris sont mis en place sur couche; c'est le moyen le plus fréquent d'utiliser les couches après qu'elles ont donné une récolte de melons ou d'autres produits qui les laissent libres de bonne heure (voir Culture forcée). La terre qui convient aux choux convient également aux choufleurs plantés en pleine terre; ils se disposent en quinconce, à 0m ,50 dans les lignes espacées entre elles de 0m ,40. De quelque manière que le plant ait été élevé, il faut l'arracher de manière à ce qu'il emporte à sa racine le plus possible de fumier ou de terreau ; la rapidité de la plantation en assure le succès. A moins que le temps ne soit excessivement humide, on donne un léger arrosage pour attacher la racine du plant à la terre; puis on laisse le plant manquer d'eau pendant une quinzaine de jours. L'expérience a démontré qu'après avoir ainsi langui quelque temps, il donnait plus promptement des pommes de meilleure qualité, et qu'il était moins sujet à borgner