sant; dans une terre fertile elle est très productive.
4. Fève à fleurs rouges. Elle se recommande par sa précocité; sa saveur particulière, très prononcée, n'est pas du goût de tout le monde ; les Anglais, qui pourtant font grand cas de cette fève, l'ont surnommée avec raison early asper, âpre et précoce.
5. Fève de Windsor. Elle est connue en France sous le nom de fève à longues cosses. Dans la culture en grand, elle mérite une préférence exclusive, parce qu'elle est aussi bonne et d'un tiers plus productive que la fève de marais, qu'on lui préfère sans autre motif que l'habitude.
6. Fève en éventail. C'est la plus petite de toutes les fèves et l'une des meilleures. Elle ne dépasse jamais la hauteur de 0m,15 à 0m,20 ; elle pousse du pied des tiges latérales qui atteignent presque la hauteur de la tige principale, et donnent à l'ensemble de la plante la forme à laquelle elle doit son nom. Cette fève n'est point assez productive pour le jardinier de profession ; le jardinier amateur ne peut en choisir une plus agréable au goût et plus curieuse par son aspect bizarre ; elle est la plus avantageuse à forcer sans châssis comme grande primeur.
B. — Détails de culture.
La fève, quelle qu'en soit l'espèce, a besoin de beaucoup d'espace; si elle est semée trop serrée, et que l'air ne circule pas librement autour de chaque plante, elle s'allonge outre mesure, elle fleurit très peu, et ses fleurs netiennent pas, de sorte qu'on n'obtient qu'une récolte de fourrage. Dans la culture jardinière, on sème par touffes à 0m ,25 de distance dans un sens et 0m ,50 dans l'autre; les espèces naines précoces ont besoin, pour être productives,de presque autant d'espace que les plus grandes. On sème en novembre les fèves précoces, au pied d'un espalier au plein midi; il suffit de les abriter sous des paillassons pendant les fortes gelées. Si l'on ne sème qu'un rang ou deux très près du mur, il suffit pour les abriter d'un seul rang de paillassons appuyés contre le mur, comme le montre la fig. 305 b.; si dans la crainte de nuire aux ar-
Fig. 305 bis.
bres en espalier, on sème les fèves plus près du bord de la plate-bande, on les couvre pendant les gelées sous deux rangs de paillassons, disposes comme le représente la fig. 306. Ce
Fig. 306.
genre d'abri est le plus facile de tous à placer et à déplacer au besoin ; à défaut de paillassons, on peut employer des rames à pois sur lesquelles on jette de la litière sèche pendant les froids rigoureux.
Les sommités des fèves doivent être pincées au moment de la floraison pour empêcher la fleur de couler; l'impossibilité de pratiquer cette opération dans la grande culture explique la différence énorme du produit des fèves traitées en plein champ, comme toute autre récolte agricole, et des fèves cultivées dans les jardins.
En Angleterre, on fait souvent marcher de front la culture des fèves et celle des pommes de terre jardinières sur le même terrain; dans ce cas on donne aux lignes de pommes de terre un mètre de distance; les lignes de fèves s'établissent au milieu de cet intervalle, non par semis, mais par repiquage; les jardiniers anglais considèrent la fève comme aussi facile à transplanter que le chou. En France, les petits cultivateurs, dans leurs cultures de pommes de terre en plein champ intercalent souvent aussi des fèves semées en général dans le même trou et en même temps que les tubercules.
Pour les vrais amateurs, les fèves tardives ont autant de prix que les précoces; on les rend aussi tardives que possible en coupant au niveau du sol toute la plante au moment où elle commence à fleurir. Si l'on a soin ensuite de l'arroser largement pendant les chaleurs, la plante reforme promptement des tiges qui fructifient à l'arrière-saison; ce traitement peut s'appliquer avec succès à toutes les espèces de fèves pourvu que la suppression des premières tiges soit faite assez tôt pour laisser aux secondes le temps de porter fruit. La plupart des variétés précoces peuvent n'être retranchées qu'après avoir donné en vert une première récolte; si l'automne se prolonge, on peut espérer en novembre une seconde récolte égale à la première.
§ VI. — Haricot.
La culture de ce légume, introduit depuis la plus haute antiquité, de l'Inde son pays natal, dans le midi de l'Europe, est une des plus productives de toutes celles que peut pratiquer un jardinier. Aux portes d'une grande ville, les siliques à demi formées, si connues sous le nom de haricots verts, obtenues presque toute l'année par la culture artificielle, sont pour l'horticulteur-marchand la plus avantageuse et la moins aventureuse des primeurs; dans les lieux éloignés des grands centres de consommation, le grain récolté, sec est d'une conservation facile; il se transporte aisément et trouve partout des acheteurs. Peu de plantes légumineuses ont été plus diversement modifiées par la culture; chaque grande division de notre sol possède sa variété de prédilection qui dégénère plus ou moins en se déplaçant. Nous indiquerons les principales, en groupant séparément les haricots dont on recherche particulièrement le grain, soit frais, soit sec, ceux qui se mangent seulement en vert, et ceux dont la cosse restant verte et tendre jusqu'au moment où le grain