lieu de 7,800 ; mais la valeur de chaque botte est plus considérable et il n'y a pas de différence bien sensible.

Dans la culture telle qu'on la pratique aux environs de Nancy, le nombre des griffes étant le même, on ne peut en espérer plus de 8 à 10 iets par griffe, en moyenne 9; un hectare en produit donc 324,000; mais au lieu d'un quart en première grosseur, on en obtient tout au plus un sixième, soit 54,000, formant 720 bottes; les 270,000 asperges, petites ou moyennes, forment 2,700 bottes; mais comme les petites y sont en majorité, la valeur vénale n'en est jamais très élevée. M. Chaillon porte de 800 fr. à 1,000 fr. le produit brut d'un hectare, ce qui, pour 3,420 bottes, donne un prix moyen de 30 à 32 c.; quoique les prix de Nancy et ceux de Paris soient très différents, il est évident qu'une moyenne aussi basse suppose une proportion très faible de grosses asperges. En résumé, nous trouvons pour résultat de la culture des asperges les produits suivants, comme moyenne du rendement d'un hectare :

PARIS et MONTDIDIER.

par hectare.
Asperge violette....2,400
5,400
Asperge de Gand, grosses....4,200

NANCY.

Asperge violette....grosses....720
moyennes et petites..2,700

La valeur de ces produits en argent est difficile à établir avec précision. Les asperges précoces sont toujours à Paris d'un prix élevé; les grosses asperges ne descendent jamais au-dessous d'un fr.; les petites descendent très rarement au-dessous de 40 c. En considérant le nombre des grosses asperges proportionnellement aux petites et moyennes, un prix commun de 60 c. nous semble très rapproché de la vérité.

7,800 bottes à 60 c. forment une recette annuelle de 4,680 fr., pendant douze ans, soit 56,160 fr.

Les asperges cultivées près de Montdidier sont vendues à Amiens, à Abbeville, et dans les autres villes des environs; il n'en vient point à Paris. Des calculs établis comme ci-dessus nous portent à croire que le prix moyen obtenu du cultivateur doit être fort près de 40 c.

7,800 bottes à 40 c., forment une recette annuelle de 3,120 fr., pendant douze ans, soit 37,440 fr.

Le prix moyen de 30 c. la botte, obtenu à Nancy, donne pour 3,420 bottes, 1,026 fr. de recette annuelle, soit pour 12 ans 12,312 fr.

Mettant en regard les frais et les produits, on trouve que les capitaux avancés pour ces trois cultures ont donné les bénéfices indiqués dans le tableau ci-dessous :

CULTURE PRÈS PARIS.

Produits56,190f
Frais, intérêts compris.15,597 50
Bénéfice42,592 50

CULTURE PRÈS MONTDIDIER.

Produits.37,440f
Frais6,645 70
Bénéfice.50,796 50

CULTURE PRÈS NANCY.

Produits.12,512
Frais.4,400
Bénéfice.7,912

§ XVI. — Artichaut.

Ce légume est un de ceux qui, sous le climat de Paris et du centre de la France, exigent le plus de soins, de frais et de main-d'œuvre, tandis que sous le climat du midi, il croît pour ainsi dire tout seul : nous indiquerons les deux méthodes. L'artichaut est d'une digestion facile et d'un goût généralement recherché ; les deux variétés principales que distingue seulement la forme de leurs feuilles calicinales jouissent des mêmes propriétés; l'une et l'autre tiennent partout une grande place dans le jardin potager, et se prêtent à la grande culture en plein champ avec beaucoup de facilité.

A. — Multiplication.

L'artichaut se multiplie, soit de graine, soit de drageons que les jardiniers nomment œilletons. Le dernier mode de multiplication est le meilleur à tous égards, tant à cause de la plus forte végétation du plant provenant d'œilletons, qu'en raison du retard que les semis occasionnent dans la récolte; mais, dans les contrées sujettes à des hivers très longs, tour à tour froids et humides, l'artichaut est exposé à tant d'accidents qu'on est quelquefois heureux d'avoir recours aux semis.

1. Semis. — Les têtes d'artichaut dont on se propose de récolter la graine pour la semer doivent être choisies parmi les plus belles de chaque espèce; lorsque la fleur commence à s'ouvrir et que les fleurons du centre ont acquis une belle couleur violette, on tord la tige de manière à donner au calice une situation renversée qui met la graine à l'abri du bec des oiseaux, particulièrement des chardonnerets qui en sont fort avides. Les porte-graines ne doivent avoir qu'une seule tête; toutes les pousses latérales sont supprimées avec soin à mesure qu'elles se montrent. La graine d'artichaut se sème à la fin d'avril ou dans la première semaine de mai, selon l'état de la température, soit en place, soit en pépinière; les semis en place sont les meilleurs; il faut semer trois ou quatre graines, à 0m ,08 de distance, en triangle ou en carré; la meilleure distance est celle d'un mètre en tout sens entre le milieu de chaque semis particulier; si le sol est très favorable, et les engrais abondants, comme aux environs de Paris, on peut donner aux rangées de semis un mètre dans un sens et 0m ,50 dans l'autre.

Les semis en pépinière, soit en lignes, soit à