au pied de chaque touffe un peu de cendre ou de bon terreau sec, qu'on recouvrira par un léger buttage. Cette opération doit être faite avec grand soin, car, une fois les rames mises en place, il est difficile de la renouveler.

Dans les pays exposés aux vents violents, on incline les rames, au lieu de les planter verticalement, et l'on ajoute à leur solidité en les croisant et les liant deux à deux près de leur sommet, comme le représente la fig. 306 bis. Il

est bon de charbonner les rames par l'extrémité qui doit séjourner en terre, afin d'en prolonger la durée. Les perches de chêne et de hêtre sont les meilleures pour les haricots de grandes dimensions; elles ne doivent pas avoir moins de 2 mètres à 2m,50 hors de terre.

Les haricots nains veulent être binés au moins deux fois, et trois ou quatre fois quand la sécheresse se prolonge et qu'il est impossible de les arroser. Nous ne pouvons trop insister sur ce fait trop peu apprécié des horticulteurs, que les binages réitérés suppléent jusqu'à un certain point au défaut d'eau. On ne peut nier qu'une terre absolument desséchée ne soit impropre à toute espèce de végétation ; mais c'est un prejugé de croire qu'en remuant fréquemment sa surface on augmente les effets pernicieux de la sécheresse. L'expérience prouve au contraire que les racines des plantes, surtout celles qui, comme les racines du haricot, ne pénètrent pas très avant dans le sol, souffrent moins de la privation d'eau, lorsqu'on ne permet pas à la surface du sol de se durcir et qu'on donne accès aux influences atmosphériques toujours si puissantes sur toute espèce de végétation. Ainsi, dans un sol sec et qui n'a pas été biné, les racines sont comme étranglées à leur collet; la plante devient malade; les feuilles qui devraient lui puiser sa principale nourriture dans l'atmosphère, sont troublées dans leurs fonctions par l'état maladif des racines; il en résulte trop souvent la mort du végétal, détruit bien moins par la sécheresse en elle-même que par le défaut des soins de culture, destinés à en combattre et à en atténuer les fâcheux effets.

La fleur du haricot est fort peu adhérente ; elle se détache aisément, surtout quand la plante a souffert de la sécheresse. Il importe donc beaucoup de ne pas lui imprimer de trop fortes secousses pendant la récolte du haricot vert, récolte qu'on commence quand la plante est encore chargée de fleurs. Les femmes chargées de ce soin aux environs de Paris laissent croître pour cet usage l'ongle de leur pouce, en sorte qu'elles coupent net le support du haricot vert, sans ébranler la plante. Ces détails ne doivent point sembler minutieux, car les produits peuvent être diminués de plus de moitié, à frais égaux, faute de précautions suffisantes dans la manière de les récolter.

Dans nos départements méridionaux où les haricots font constamment partie de la nourriture des habitants des campagnes, des essais suivis d'un plein succès ont démontré la possibilité de cultiver très en grand les haricots d'Espagne, de Lima et du Cap, dont les racines sont vivacès. Il suffit de les butter après la récolte, et de les préserver de la gelée avec de la litière ou des feuilles sèches ; les rejetons qu'elles produisent au printemps sont aussi productifs que les haricots semés chaque année ; il y a économie de main-d'œuvre, et l'on épargne la semence. Pour répéter cette expérience sous le climat de Paris, il faut arracher à l'arrière-saison les racines des haricots vivaces après avoir retranché les tiges desséchées, les conserver à la cave dans du sable frais, les replanter à la fin d'avril, et leur donner du reste les mêmes soins qu'exigent les haricots annuels.

\mathrm{G.} - \text {Frais}.

Ils sont peu considérables lorsqu'on traite le haricot en grande culture, et qu'on laisse au ciel le soin de l'arroser, mais aussi, les produits sont réduits dans une proportion équivalente.

1. Haricots nains non arrosés. Nous les supposons assez près d'une ville pour pouvoir être vendus en partie en vert, en partie en grain frais écossé et le surplus en sec, ainsi que cela se pratique dans les villages à quelque distance de la capitale ; voici par approximation les frais pour 33 ares ( un arpent de Paris, ancienne mesure) :

Location du terrain, à raison de 500 fr. l'hect.100
Deux labours, dont un à la bèche40
Fumier et cendres120
Semence, un hectolitre40
Semis et binages40
Récolte60

1011, . . . . .4(1)

2. Haricots nains arrosés. Ce mode de culture n'est avantageux qu'aux portes d'une grande ville; la presque totalité des produits se vend en vert; rarement on en rencontre plus de 8 ou 10 ares traités de cette manière dans un seul jardin.