Laitues à formes allongées ( laitues romaines).
verte hâtive, de printemps et d'été.
verte maraîchère, d'été.
grise maraîchère (la plus grosse connue).
rouge d'hiver, peu sensible au froid.
alphange, à feuilles épaisses.
blonde maraîchère.
blonde de Brunoy.
Toutes ces romaines sont bonnes et méritent d'être cultivées ; les plus avantageuses sont la romaine verte maraîchère d'été et la grise-maraîchère , qui est d'été et d'arrière - saison. Les Anglais cultivent plusieurs variétés de romaine, égales en bonté aux nôtres, mais peu connues en France ; la brune de Hambourg et la romaine de Kensington sont les deux meilleures.
Nous devons une mention spéciale à la romaine à feuille d'artichaut, vulgarisée par M. Mathieu de Dombasle; elle est tendre et fort bonne; elle devient fort grosse lorsqu'on a soin de la lier de bonne heure; elle résiste bien aux premières gelées blanches, de sorte qu'on peut en manger fort tard en automne, avantage que ne possèdent pas les autres romaines d'été. On la mange aussi, cuite.
B. — Semis et repiquages.
Les laitues, quelle qu'en soit l'espèce, se sèment en bonne terre de jardin, plutôt légère que forte; la graine doit être fort peu recouverte, surtout si la terre est tant soit peu argileuse. On sème à la volée, très clair, à moins que la laitue ne soit destinée à être coupée à sa quatrième feuille.
Les laitues à pomme ronde n'ont pas nécessairement besoin d'être repiquées; elles pomment très bien en place comme on le voit par celles qu'on laisse de distance en distance sur la planche où les laitues ont été semées en pépinière, et qui ne présentent aucune différence avec les laitues transplantées. Le plus souvent, les laitues ne se sèment point en pépinière; on se contente de mêler un peu de graine de laitue dans les semis d'ognon; quand le plant est bon à repiquer, on l'éclaircit en en laissant seulement ça et là quelques pieds qui pomment sans nuire beaucoup aux ognons, surtout quand on a soin de faire choix des espèces qui croissent vite et ne font pas de trop grosses pommes; elles sont enlevées de trop bonne heure pour gêner la végétation des ognons. Les laitues se plantent en quinconce, les plus grosses à 0m ,40, les moyennes à 0m ,30, et les plus petites à 0m ,20 les unes des autres. La principale précaution à prendre consiste à éviter de tasser trop fortement la terre; la racine pivotante de la laitue veut plonger facilement dans un sol pénétrable; moins elle trouve derésistance, plus la végétation de la plante est vigourcuse et rapide. C'est pour la même raison qu'on a soin de pailler les planches de laitue avec de la litière sèche ou du fumier long, pour empêcher l'eau des arrosages de rendre la terre trop compacte.
Les laitues de printemps se sèment en mars, pour être repiquées en avril; les laitues d'été se sèment depuis le 15 avril jusqu'à la fin de juillet, pour se succéder sans interruption et donner tout l'été du plant bon à repiquer, à mesure qu'on récolte les laitues pommées; les laitues d'hiver se sèment à trois ou quatre reprises entre le 15 août et le 15 septembre, pour être transplantées avant la Toussaint et passer l'hiver en place; on les recouvre de paillassons ou de litière pendant les grands froids qu'elles supportent bien, sous le climat de Paris, dans une position abritée; en général, les dernières semées et par conséquent les dernières repiquées, ont plus de chances pour résister que les laitues qui, mises en place trop tôt, sont surprises par le froid dans un état trop avancé de végétation.
La laitue à couper, qui ne se repique pas, se sème au mois de janvier, sur couche sous châssis. Quand l'hiver n'est pas rigoureux, on peut semer dès le mois de décembre, sur couche sourde, dans la bâche économique. Au printemps on recommence les semis en plein air sur plate-bande recouverte de terreau; on peut les continuer pendant tout l'été, de 15 en 15 jours.
C. — Détails de culture.
La laitue mise en place à l'arrière-saison n'a besoin que d'un peu d'abri durant les plus mauvais jours de l'hiver, et d'un peu d'eau pendant les premières sécheresses de printemps. La racine de laitue est, après la racine de fraisier, celle que les tures ou vers blancs (larves du hanneton) attaquent le plus volontiers. Le mal est sans remède pour les laitues d'hiver, parce qu'à l'époque de leur mise en place, les vers blancs se tiennent dans le sous-sol à une profondeur telle qu'on ne peut les y aller chercher. Mais quand on façonne le terrain au printemps pour recevoir du plant de laitues d'été, les vers blancs qui se tiennent à cette époque de l'année beaucoup plus près de la surface du sol deviennent très visibles, parce que leur couleur tranche sur le brun foncé de la terre de jardin ; on peut donc, avec un peu d'attention, en détruire au moins la plus grande partie. Plus tard, si l'on voit une laitue languir et se flétrir presque subitement, il ne faut pas hésiter à l'arracher; on trouve presque toujours le ver blanc occupé à ronger sa racine. Quelques arrosages, d'autant plus fréquents que les laitues sont plus avancées dans leur végétation, rendent les pommes plus blanches et plus tendres; les sarclages sont inutiles, que le terrain ait été ou non paillé au moment de la plantation; les laitues plantées aux distances que nous indiquons s'emparent du terrain assez promptement pour étouffer toute autre végétation.
1). — Culture maraîchère de la laitue romaine.
Les procédés usités par les maraîchers des environs de Paris pour la culture de la romaine, dont la capitale et ses faubourgs consomment des millions tous les ans, sont peu connus et